«Le journalisme civique vise à fournir aux gens des possibilités d'intervention afin de les amener à agir, et encourager l'interactivité entre les journalistes et les citoyens. Il cherche à créer un dialogue avec les lecteurs, au lieu de se borner à transmettre les informations en sens unique et à inonder le public de données, comme cela se passe si souvent dans le journalisme traditionnel.»


— Jan Schaffer, directeur du Pew Center For Civic Journalism

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01 novembre 2007

Entre l’inconséquence et la désobéissance

Une amie, col bleu de son métier et horticultrice passionnée, m'a demandé d'utiliser cette tribune pour relater un événement qu'une de ses collègues a vécu dans l'exercice de ses fonctions pour une importante ville.

Au travail, il arrive dans la vie des moments où l’on remet en question le bien-fondé d’une requête de son patron. Dois-je abattre des arbres sains dans un parc renommé parce que quelques citoyens sont temporairement incommodés chaque été par les «moumousses» de peupliers? Hon! Encore un exemple d’intolérance envers la nature pourtant convoitée.

- «Je veux voir vert, mais je ne veux pas que ça vive!»

- «Je veux voir des arbres, mais je ne veux surtout pas des fruits de leurs entrailles!»

- «Je veux vivre devant un parc, mais je me «câlisse» de faire disparaître une source de nourriture pour les oiseaux et les petits mammifères… Et je serai en «crisse» lorsqu’ils s’amèneront dans ma cour pour voler mes beaux tournesols!»

- «Que nos abeilles n’aient jamais autant eu besoin de la résine des peupliers (propolis) pour protéger leurs ruches des maladies ne me concerne pas!»

- «Et de savoir que je pourrais bénéficier de l’usage de leurs bourgeons pour me soigner m’importe peu, tout comme d’entendre le chant de leurs feuilles.»

Ce que je veux, moi l’humain, c’est d’avoir un terrain PROPRE, tout en jouissant de la vue du parc! ÇA me coûte assez cher de taxes…

Oui, ma consœur aurait «pu plier» devant l’insistance du patron, qui lui-même subit l’insistance des résidants qui ONT TOUT DE MêME CHOISI DE VIVRE EN FACE DU PARC! A-t-elle raison de prendre parti pour le respect de la vie, même et malgré l’abondance des «moumousses» pendant quinze jours en juin? On a préféré entacher son dossier d’une réprimande écrite pour avoir refusé d’abattre de gros arbres sains. Quant aux «moumousses», elles ont toujours été prétextes à éduquer et sensibiliser les citadins. Ainsi, il n’y a pas que les petits pissenlits, les asclépiades et les épilobes qui entourent leurs semences de poils légers et gracieux. Il y a des arbres aussi qui font ça! On appelle ça l’anémochorie; joli mot pour décrire la dissémination des semences au gré des vents. De la pure poésie sexuelle! Dommage que ces voisins ne soient pas «anémochoriques»; on pourrait alors leur dire de s’envoler légèrement vivre ailleurs… Quant aux peupliers en question, ils seront certainement tombés au moment où vous lirez ces lignes… il y en a de plus dociles qui auront su couper «les chanteurs de l’arboretum.»

Col bleu mortifié

07 septembre 2007

OuacH2O

Article publié dans l'Accès, édition du 7 septembre 2007

Les infrastructures sanitaires de bon nombre de villes de la région des Laurentides sont inadéquates et incapables de répondre efficacement à la demande. Les pressions exercées sur les réseaux d’égouts, notamment par l’accélération du développement immobilier, posent un problème de taille aux municipalités dont les infrastructures sont désuètes, insuffisantes ou carrément mal entretenues. Plusieurs stations de pompage doivent de ce fait déverser leur «surplus» directement dans l’environnement, engendrant ainsi une foule de problèmes environnementaux et représentant un risque certain pour la santé publique. C’est le cas du tristement célèbre tuyau de la Rivière-du-Nord, situé au niveau du parc d’affaires La Rolland à Sainte-Adèle. Bien que le problème ne soit pas unique à cette ville, le site en question illustre bien le laxisme condamnable qui caractérise cette forme de pollution tant à Sainte-Adèle que dans les municipalités situées en aval et en amont de la rivière.

Fait troublant: pour des raisons qui demeurent obscures, le tuyau en question a été volontairement brisé, afin que son contenu se déverse directement dans la Rivière-du-Nord. Un bouillon répugnant composé, entre autres, de papier hygiénique, de condoms souillés, de serviettes hygiéniques, de sachets de drogue et de substances chimiques blanchâtres. Interrogés sur cette situation, les responsables adélois se sont contentés de faire une annonce promettant une solution temporaire qui consiste à installer un système de grille destiné à contenir les matières solides. Deux mois plus tard, aucune mesure n’a encore été appliquée. Notons que le déversement se produit à quelques mètres à peine en amont de la mise à l’eau de l’entreprise les excursions de la Rivière-du-Nord. Plusieurs randonneurs ainsi que des familles viennent se balader à proximité du déversement sans qu’aucune enseigne les avertisse du danger. À plusieurs reprises, des locataires du parc d’affaires ont dû signaler aux promeneurs que leur chien s’abreuvait directement dans de l’eau souillée.

Selon nos sources, il existerait à Sainte-Adèle entre cinq et dix sites où les égouts se déversent directement et de façon régulière dans l’environnement. Les raisons évoquées parlent de l’état des infrastructures, mais également du mauvais fonctionnement de pompes et surtout du laxisme de certains responsables. Le principe en jeu: loin des yeux, loin du cœur. Les déversements se produisent en effet le plus souvent dans des endroits boisés et dans de petits ruisseaux peu fréquentés. Actuellement, deux stations de Sainte-Adèle déverseraient le contenu des égouts directement dans l’environnement. Il s’agit de la station du Paysan et de la station Dumouchel, située près du cimetière de Sainte-Adèle. L’odeur caractéristique qui se dégage du ruisseau qui court derrière la dernière demeure des Adélois ne laisse planer aucun doute.

Alors que les enjeux reliés à l’eau sont mondialement reconnus comme prioritaires, il est étonnant de constater la lenteur avec laquelle les autorités traitent ce type de pollution. Des solutions existent pourtant et peuvent être appliquées rapidement afin de réduire considérablement les déversements d’é gouts sanitaires. Parions que si ces mêmes déversements se produisaient sur les terrains des hôtels de Ville, les solutions seraient nombreuses, efficaces et durables.

Lire aussi Nathalie Deraspe sur le dossier de l'eau à Sainte-Adèle

18 mai 2007

Et pourtant, il coule !

Au lendemain de l’entente «historique» concernant la protection de la Rivière du Nord et à la veille de la journée de L’environnement de Sainte-Adèle, voici un aperçu de la soupe que crachait aujourd'hui le «fameux» tuyau d’égouts directement dans la rivière. Vu la couleur, il ne s’agit manifestement pas de numéro 1 ni de numéro 2 (si vous voyez ce que je veux dire).



Devinez où ce bouillon chimique a terminé son périple? Dans la rivière!



Bon week-end !

Photos : Éric Veilleux

09 mai 2007

Euh… coli?

L’histoire du tuyau qui déverse le surplus des égouts sanitaires de la Ville directement dans la rivière du Nord, a fait écho dans le carnet Photomax. Ceux qui sont au fait de l’histoire savent déjà que moi et M. Veilleux avons alerté M. Benoit Gravel de l’agence Abrinord. Un commentaire laissé par une lectrice de Photomax devrait vous intéresser :

«Bon ok… en tant que biologiste il m’est impossible de voir cela et de rien faire. Je travaille pour un conseil de bassin versant et si ça se passait dans le bassin versant de la rivière Bonaventure j’aimerais être au courant.

Alors, j’ai envoyé tes photos à mon collègue du bassin versant de la rivière du Nord, Benoît Gravel. Voici leur site : www.abrinord.qc.ca

Je vous invite à leur faire part de vos inquiétudes, c’est un organisme voué uniquement à l’eau de ce bassin versant.

Je le vois cette semaine, je lui en reparlerai. 
En espérant que des actions seront prises!»


Voici ma réponse à ce commentaire:

«Si vous croisez M. Gravel, rappelez-lui que moi et M. Éric Veilleux l'avons avisé de la situation il y aura bientôt deux semaines et qu'il devait communiquer avec nous, ce qu'il n'a pas encore fait. Sachez que la Ville de Sainte-Adèle (celle qui laisse le tuyau déverser son contenu dans la rivière) est aussi membre d'Abrinord. Ce qui, à mon avis, place M. Gravel «entre deux chaises». Un des membres de son organisme est paradoxalement un des principaux pollueurs de la rivière qu'il est censé protéger.

La politique ne pollue pas seulement notre existence, mais aussi nos plans d'eau!»

Un nouveau message a été laissé à M. Gravel hier après-midi. Nous souhaitons connaître sa position concernant cette situation et les solutions qu’il propose pour y remédier.

Un dossier que nous suivrons pour vous.

27 avril 2007

En réponse à Pierrot

M. St-Germain (le fameux Pierrot) me demandait de réagir à son commentaire sur le billet intitulé «merde!» concernant les débordements des égouts sanitaires de Sainte-Adèle dans la Rivière du Nord. Je tiens à souligner que je suis conscient que le problème n’est pas unique à Sainte-Adèle. Beaucoup d’autres villes, en aval et en amont, déversent également leurs «surplus». Combien y a-t-il de ces tuyaux qui crachent directement dans la rivière coliformes, serviettes hygiéniques, papier hygiénique et condoms souillés sur le territoire de Sainte-Adèle, je n’en sais rien. Je vais tenter d’éclaircir ce point dans les prochaines semaines. M. Gravel d'Abrinord, l’agence de bassin versant de la Rivière du Nord, semble estimer que Sainte-Adèle rejette beaucoup: «l’usine de Sainte-Adèle rejette beaucoup, ça devient un cas de santé publique», pouvait-on lire dans un article traitant du sujet dans l’édition du 17 août 2006 du Journal de Prévost. Je vous invite à lire attentivement cet article très instructif, où l’on nous parle aussi des coûts associés à la sédimentation des rivières.

Il y a aussi l’impact sur la faune et la flore du cours d’eau. Les matières fécales drainent une grande quantité d’oxygène lors de leur dégradation, privant ainsi la faune et la flore d’une quantité importante de cet élément essentiel à l’écologie des cours d’eau. Les déchets, comme les condoms et les serviettes hygiéniques, sont confondus avec de la nourriture par de nombreux oiseaux aquatiques qui périssent lentement, victimes d’occlusions intestinales.

Il existe des moyens permettant d’éviter le déversement des déchets solides. Ce serait déjà un pas de fait dans la bonne direction. Abrinord vient de s’associer avec la municipalité de Sainte-Adèle afin de mieux protéger l’environnement de la Rivière du Nord. Souhaitons que cette association n’émousse pas les dents de l’agence.

24 avril 2007

Merde!

Nous apprenions récemment que la Ville de Sainte-Adèle s’associait à Abrinord, l’Agence du bassin versant de la rivière du Nord. Sur le site de la municipalité on peut lire que : «Abrinord secondera et fournira son expertise à la Ville dans le cadre de la protection de l’environnement et plus particulièrement de la rivière du Nord.»

Moi et M. Veilleux, du carnet Rollandgate, venons d’aviser l’agence Abrinord d’un déversement d’égouts sanitaire dans la Rivière du Nord à la hauteur du parc d’affaires La Rolland. Le responsable a affirmé ne pas être au courant de ce déversement. C’est maintenant chose faite.

Nos sources nous ont confirmé qu’il s’agissait bel et bien d’un débordement d’égouts sanitaire, qui bien que toléré, reste une situation illégale. Le développement immobilier qui s’annonce à Sainte-Adèle et dans les autres villes des Laurentides ne fera qu’empirer le problème. Selon les mêmes sources, le système d’égout adélois ne suffit pas à la demande. Ce genre de situation risque donc de se multiplier dans les prochaines années.

Nous avons également appris que seulement deux tuyaux de 8 pouces de diamètre acheminent les eaux usées de la ville vers l’usine d’épuration, ce qui est nettement insuffisant pour répondre aux «besoins» d’une ville de la taille de Sainte-Adèle.

L’eau est une richesse. Je ne conçois pas qu’en 2007, nous assistions encore à ce spectacle désolant d’un égout sanitaire se déversant directement dans une rivière. De plus, aucune affiche n’indique que nous sommes à proximité du tuyau qui déverse quantité de coliformes. Ainsi, le week-end dernier, j’ai vu des enfants, pieds nus dans l’eau à moins de 20 mètres du déversement.

Que font les responsables ?

Ces deux photos ne laissent planer aucun doute quant à la nature des eaux crachées par le tuyau : préservatifs et papier hygiénique



Cette photo panoramique nous montre clairement que le déversement se fait directement dans la rivière.



Adélois, méfiez-vous des déclarations officielles de la Ville. Lorsque vous longerez la Rivière du Nord et que vous sentirez des relents de merde, c’est probablement parce qu’il y en a à proximité.

Un dossier que nous suivrons pour vous.

Bonne baignade !

22 avril 2007

Jour de la Terre

Pour être franc, je suis un peu allergique à tous ces jours de ci et ces jours de ça. Je sais, vous allez me dire que c’est l’occasion d’amorcer une réflexion sur un problème donné. Concernant notre planète, nous avons largement dépassé l’étape de l’amorce d’une réflexion. Nous devrions être, depuis longtemps, à l’étape des actions. Pour la plupart d’entre nous, le Jour de la Terre se terminera vers minuit. Demain, nous retournerons tous à nos petites routines, dans notre intouchable «qualité de vie», source même des problèmes de la planète. Demain, les velléités de changement auront déserté les préoccupations quotidiennes de la masse. L’être humain est ainsi fait qu’il réagit trop souvent quand il est trop tard. Il attend d’être atteint d’un cancer du poumon pour cesser de fumer. Il attend de se faire retirer trois pieds d’intestins avant d’arrêter d’engloutir chips, gâteaux et Big Mac. Nous aurons bien le temps de nous occuper de tout ça durant le Jour de l’Alimentation.

Mon souhait pour ce Jour de la Terre, c’est qu’il disparaisse. Ça signifiera que la planète sera enfin hors de danger.

Nous pourrons alors choisir de faire du Jour de la Terre une vraie fête!

Je suis négatif, me direz-vous. Peut-être. Mais la quantité de bouteilles, de canettes et de détritus de toutes sortes qui ont balisé ma balade d’hier dans la nature, me fait réaliser tout le travail qui reste à faire. Avant de prétendre à des actions collectives, nous devrons, à l’échelle de l’individu, nous imposer une discipline. Car toutes ces cochonneries lancées négligemment par la fenêtre de la voiture, lors d’une randonnée à pied ou à vélo, sont autant de gestes qui nous éloignent d’une conscience environnementale collective.

Aujourd’hui, ramassez au moins un déchet lancé par quelqu’un d’autre. Ce sera déjà ça de fait!

Comme je me plais à le dire, pour l’environnement, nous devons non seulement faire notre part, mais aussi celle des autres.

Ça s’appelle l’effet d’entraînement.

Bonne Journée de la Terre!