Les récentes prises de position de la chambre de commerce de Sainte-Adèle me laissent — une fois de plus — perplexe. Récemment, la directrice de l’organisme payait une publicité dans le journal des Pays-d’en-Haut dans laquelle elle félicitait, au nom de l’organisme, le maire Descoteaux pour avoir rallumé la croix de Sainte-Adèle. Même si l’intention est louable, est-il pertinent que la CCSA s’exprime officiellement sur un dossier qui n’a strictement rien à voir avec son mandat?
Lors de la réunion du conseil de la CCSA du 8 juillet dernier, on adoptait la résolution suivante:«Entendu que la relocalisation de la bibliothèque municipale au coin chemin Pierre Péladeau et la rue Sigouin serait bénéfique pour les commerçants et les adélois, que les nouvelles infrastructures suggérées se marieraient convenablement au caractère culturel de la Ville, les membres du c.a. appuient majoritairement et sans réserve le conseil de Ville dans ce projet.»
Dans une autre lettre officielle adressée à la Ville de Sainte-Adèle et signée cette fois de la main de Me Denyse Langelier, présidente du comité de développement des affaires de la CCSA, on peut lire au cinquième paragraphe: «L’implantation de la bibliothèque municipale dans cet Îlot en plus des logements résidentiels, n’aura aucun effet d’attirance sur le tourisme bien nécessaire pour tous les gens d’affaires de notre ville.»
Outre les positions manifestement divergentes au sein même de l’organisme et le fait que l’argumentaire manque de substance, je constate avec étonnement qu’aucune mention n’est faite du commerce qui occupe actuellement l’emplacement de la future bibliothèque : les Moulées du Nord. La propriétaire, qui a récemment fait une sortie publique dans les pages d’Accès, me confirme que la chambre de commerce n’a jamais communiqué avec elle suite à la publication de l’article. La CCSA ne manque-t-elle pas ici une belle occasion de prendre position en faveur d’un de ses membres à qui elle a remis en 2004 un trophée pour le meilleur service à la clientèle?
Plusieurs observateurs ne s’expliquent pas la prise de position de la chambre de commerce en faveur de la construction d’une nouvelle bibliothèque et encore moins son mutisme concernant la menace qui plane sur les Moulées du Nord. Je suis de ceux-là.
L’étrange appétit de la Ville pour le terrain occupé par le commerce à succès soulève également beaucoup de questions. Si un de mes informateurs souhaite me communiquer le nom des promoteurs retenus pour le projet de l’Îlot Grignon, je promets une enquête journalistique en règle sur ce dossier. Les informateurs bénéficieront bien sûr du sceau de la confidentialité.
«Le journalisme civique vise à fournir aux gens des possibilités d'intervention afin de les amener à agir, et encourager l'interactivité entre les journalistes et les citoyens. Il cherche à créer un dialogue avec les lecteurs, au lieu de se borner à transmettre les informations en sens unique et à inonder le public de données, comme cela se passe si souvent dans le journalisme traditionnel.»
— Jan Schaffer, directeur du Pew Center For Civic Journalism
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06 août 2008
12 mai 2008
Musique de chambre ou berceuse pour enfant terrible?
«Pas de boycottage organisé contre le journal Accès». C’est ce qu’affirme la chambre de commerce de Sainte-Adèle dans un communiqué — publié dans le dernier Accès — qui se veut une réponse à l’article «sur le prétendu boycottage par les commerçants de Sainte-Adèle.»Le hic, c’est qu’il n’est pas «prétendu» ce boycottage. Il est même documenté par de solides témoignages au-dessus de tout soupçon. Mais la CCSA a fait sa propre enquête: « Après avoir recueilli les commentaires de plusieurs commerçants, il n'y a pas de ''boycott'' d’organisé contre le Journal L’Accès Laurentides.» Voilà, c’est donc réglé. Ça revient à demander aux enfants qui jouent au baseball sous votre fenêtre lequel d’entre eux a frappé la balle qui a fracassé votre vitre. Pourquoi les principaux intéressés n’ont-ils pas élargi la portée de leur «enquête» en appelant simplement au journal pour connaitre certains faits? Vous agissez de la sorte quand la vérité ne vous intéresse pas ou lorsque vous la connaissez, mais que vous préférez l’occulter, ce qui est beaucoup plus inquiétant.
Nous SAVONS et AVONS les preuves que le boycottage existe. Que la CCSA persiste à le nier n’a rien de vraiment étonnant. Les «boycotteux» ont mis la main dans un engrenage. Le reste va bientôt y passer. Ils se sont fait prendre comme des écoliers qui, mis devant les faits, persistent à nier leur méfait. Précisons qu’il ne s’agit que d’un petit groupe de commerçants qui ternit l’image de l’ensemble des membres de la CCSA.
Je sais que je n’ai pas la cote auprès des têtes dirigeantes de l’organisme. Vous savez quoi? Ça me réjouit presque. Parce que, honnêtement, c’est pas fort ce qui se passe présentement dans les coulisses de notre chambre de commerce, récemment montrée du doigt par son homologue Saint-Sauveroise. J’ai invité récemment Marcelle Bergeron, directrice de l'organisme, à participer à une entrevue. Pas de controverse, pas de débat, juste des questions pertinentes sur sa vision de l’avenir économique de Sainte-Adèle. Une page ou deux avec la CCSA en vedette dans l’Accès. J’ai levé le drapeau blanc, proposé une trêve, histoire de parlementer et de brasser des idées, bonnes ou mauvaises, en toute bonne foi. Quel directeur raterait une telle occasion de mettre son organisme de l’avant dans un média?
Pas de réponse de la directrice.
Lors d’un échange de courriels, j’ai également invité Christian Jasmin, l’ancien président de l’organisme, à s’asseoir avec moi afin qu’il constate par lui-même que je ne suis pas «l’acharné» décrit par certains, encore moins un «Gilles Proulx adélois». À ce stade, ce n’est plus une perche qui est tendue, c’est un pont qui est lancé.
Toujours ce silence radio.
Lorsque l’on a peur des questions, c’est qu’on n’a pas confiance en ses réponses ou plus simplement, que l’on dédaigne les éprouver sur la place publique.
La conclusion du communiqué de la CCSA scelle la preuve que l’organisme n’a aucune idée de ce qu’est un véritable journal et encore moins du rôle qu’il doit jouer:« Votre journal est aussi un commerce et nous croyons que dans cette optique nous avons intérêt, l'un comme l'autre, à conjuguer nos efforts pour faire la promotion de notre belle région et ainsi favoriser son développement économique.»
Le rôle d’un journal n’est pas de faire la promotion d’une région ni de favoriser son développement économique. Le rôle d’un journal — prenez des notes, messieurs-dames de la CCSA — est d’informer. Un concept qui de toute évidence déplait à certains membres de l’organisme ainsi qu’à plusieurs acteurs de la scène adéloise.
Notons que depuis la publication de cette affaire de boycottage dans les pages d’Accès et dans ce blogue, les exemplaires du journal se trouvent beaucoup plus facilement à Sainte-Adèle.
En conclusion, toute cette histoire de «boycotteux» se résume par ce commentaire laissé un jour par une lectrice du Blogue-Notes dans le cadre d’un autre dossier:«ils me font penser à mon chat qui se croit bien caché sous une table en verre avec la queue qui dépasse».
[En passant, il est préférable d’écrire boycottage et non boycott. Boycottage est un éponyme, c’est à dire un mot formé à partir d’un nom propre. Boycottage vient de Charles Boycott, un intendant irlandais auquel des tenanciers auraient refusé de payer leur loyer à cause de sa sévérité. L’utilisation de boycott est donc à éviter, car il s’agit d’un anglicisme qui est toutefois toléré ailleurs dans la francophonie.]
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