La Ville de Sainte-Adèle et ses procureurs — la firme Deveau, Bourgeois, Gagné, Hébert et associés — viennent de remporter une première victoire dans les séries judiciaires les opposant au citoyen Marc Lupien et à la Société en commandite Sommet Bleu. L’honorable Michel Delorme, juge à la Cour suprême, dans un jugement rendu le 16 avril dernier, rejette la requête introductive d’instance des demandeurs Marc Lupien et de la Société en commandite Sommet Bleu dans le dossier relatif à des travaux entrepris sur la voie publique par les demandeurs, et ce, sans autorisation.
À la suite de travaux entrepris sans autorisation sur la voie publique par Marc Lupien, la Ville avait demandé une injonction. Par la suite, Marc Lupien a exercé un recours contre les conseillers, la succession de Guy Naud et la Municipalité de Sainte-Adèle. La requête introduite affirmait, entre autres, que «ledit recours était abusif, inutile et malicieux, et le mandat qui fut donné par les défendeurs aux procureurs de la municipalité d’intenter ledit recours a été donné par les défendeurs de mauvaise foi, par malice et dans l’intention de nuire aux demandeurs.» Plus loin, les demandeurs soutiennent que «le recours était tout à fait inutile» puisque la Ville requérait l’autorisation d’effectuer des travaux sur la voie publique — propriété de la Ville —, alors que les travaux étaient déjà terminés. La requête mentionne également que le juge Journet avait affirmé à plusieurs reprises que «le recours de la municipalité était inutile et constituait une mauvaise utilisation des fonds publics.» Pour ces raisons: «les demandeurs requièrent que les défendeurs — soit Jean-Paul Cardinal, les conseillers, la succession du conseiller Guy Naud et la municipalité de Sainte-Adèle — soient condamnés à remboursés solidairement à la municipalité de Sainte-Adèle ainsi qu’aux demandeurs une somme totale de 200,000 $»
Dans son analyse, le juge Delorme écrit:«Il est acquis que personne ne peut, sans autorisation, exécuter des travaux sur la voie publique municipale et que l’injonction est un recours approprié contre celui qui exécute de tels travaux.» Résumant le déroulement des échanges entre les parties concernant le volet «inutilité des démarches», le juge conclut qu’elles n’étaient pas inutiles, mais le sont devenus:«En aucun cas, le juge Journet n’a-t-il déclaré que les procédures intentées par la municipalité étaient inutiles ab initio (initialement).
Les demandeurs reprochent aux conseillers d’avoir adopté une résolution (no 2006-006) à la demande de Jean-Paul Cardinal et qui mandate les procureurs de la Ville d’entreprendre des recours jugés abusifs, inutiles et malicieux par Marc Lupien. Selon le juge, la chronologie des événements rend «invraisemblable que les défendeurs aient, dans le but de nuire aux demandeurs, adoptés le 16 janvier 2006 autorisant l’institution contre eux de procédures judiciaires, en raison de travaux qui seront exécutés, de l’aveu de M. Lupien, quelque neuf mois plus tard.» Il observe également que Jean-Paul Cardinal s’est abstenu de voter lors de l’adoption de la résolution:«S’il n’a pas voté […], on ne peut conclure qu’il a demandé d’instituer des procédures contre les demandeurs, comme ces derniers le soutiennent.».
Concernant les accusations de mauvaise foi, le juge estime qu’il y a «absence d’allégations de faits soutenant la qualification de mauvaise foi.» En conclusion, le juge Delorme statue que «sur le tout, le tribunal est d’avis que le recours intenté par les demandeurs contre les défendeurs est manifestement mal fondé. Il y a donc lieu d’y mettre un terme immédiatement.» Pour ces motifs le tribunal rejette la requête et l’action des demandeurs.
Rappelons que ce jugement de la Cour supérieure ne concerne que l’une des causes opposant la Ville, Marc Lupien et la Société en commandite Sommet Bleu et ne concerne pas celle de la servitude. Puisqu’il s’agit du rejet d’une requête, le dossier n’a donc pas été entendu sur le fond et le juge n’a pas statué sur la preuve ni sur les témoignages qui n’ont pas été entendus.
Pour ces raisons, Marc Lupien confirme qu’il ira en appel de cette décision dans les prochains jours : «Le document est déjà prêt. Mes procureurs sont persuadés que la décision sera facilement cassée en appel, puisque le juge n’a pas rendu sa décision sur le fond.»
Publié dans l'Accès, éd. 18 avril 2008 p. 10
«Le journalisme civique vise à fournir aux gens des possibilités d'intervention afin de les amener à agir, et encourager l'interactivité entre les journalistes et les citoyens. Il cherche à créer un dialogue avec les lecteurs, au lieu de se borner à transmettre les informations en sens unique et à inonder le public de données, comme cela se passe si souvent dans le journalisme traditionnel.»
— Jan Schaffer, directeur du Pew Center For Civic Journalism
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19 avril 2008
Séries adéloises: Ville de Sainte-Adèle 1, Marc Lupien 0
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16 avril 2008
Effondrement à La Rolland
Le week-end dernier, une partie du toit d’un des bâtiments heureusement inoccupés du parc d’affaires La Rolland à Sainte-Adèle s’est effondré. Selon nos sources, des experts avaient déjà averti les gestionnaires du parc que la toiture qui menaçait de s’effondrer risquait de ne pas passer l’hiver. Les chutes de neige abondantes que nous avons connues cette année auront eu raison de la fragilité de ce bâtiment, qui pour plusieurs représente une grande valeur patrimoniale et est le témoin de l’histoire de l’ancienne papetière et de toute une région.Joint au téléphone, Frank Bosco, directeur général de la Corporation d’affaires La Rolland – l’organisme à but non lucratif qui s’occupe de la gestion du parc –, confirmait qu’il a constaté les dégâts causés par l’effondrement. Il souligne cependant qu’il est encore trop tôt pour se prononcer sur les mesures qui seront prises à la suite de l’incident. Le directeur général souligne que le bâtiment en question date de 1902 et est la plus vieille bâtisse du parc :« À partir de maintenant, nous allons tenter d’accélérer le processus visant à faire reconnaitre la bâtisse comme élément du patrimoine, ce qui rendra sa restauration plus facile.» Le temps risque de jouer contre le projet, car une fois les murs de briques intérieurs exposés aux intempéries, la détérioration du bâtiment s’accélérera en raison du phénomène de gel et de dégel qui fera éclater les vieilles briques qui se gorgeront d’eau.
Les multiples problèmes du parc d’affaires adélois, qui a récemment reçu l’appui par résolution du conseil municipal pour obtenir de la Caisse populaire Desjardins un congé de remboursement de capital pour l’année 2008, soulèvent des doutes quant à l’avenir réservé au bâtiment sinistré. Selon les gestionnaires, ce congé de paiement permettra la mise en application d’un plan d’action visant à attirer de nouveaux locataires et favoriser le remboursement de la dette. Rappelons qu’en septembre 2006, Jean-Paul Cardinal alors maire de Sainte-Adèle, annonçait le dépôt imminent d’un plan d’action dans le cadre d’un dossier sur le parc d’affaires La Rolland publié dans l’Accès. Plan qui de toute évidence, est encore attendu.
Plusieurs locataires du parc estiment que ce bâtiment avec ses fenêtres placardées, ses arbres qui poussent sur les murs et son état général de délabrement confère à l’endroit une ambiance de zone sinistrée après une quelconque catastrophe. Cet effondrement s’ajoute aux misères que connait le parc d’affaires adélois qui vient tout récemment de perdre l’entreprise Infosilem – et ses emplois –, qui s’est installée dans la ville de Boisbriand dans des locaux où le coût au pied carré est nettement plus compétitif et plus près de la réalité du marché que celui exigé par les gestionnaires du parc d’affaires adélois.
Texte publié dans l'Accès édition Web du mercredi 16 avril et édition papier du 18 avril 2008
Photos : André Bérard
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24 janvier 2008
03 décembre 2007
Propos exclusifs: une conseillère parle
J'ai publié ce texte dans l'Accès du 30 novembre 2007.
Josée Barbeau, conseillère municipale du district numéro 1 à Sainte-Adèle, annonçait lundi dernier sa démission au greffier de la Ville. À sa demande, Accès a rencontré l’ex-conseillère qui souhaite expliquer à la population adéloise les raisons de son départ et partager ses inquiétudes concernant certains dossiers importants pour l’avenir de la ville. Propos intègres et matière à débat, à l’image de la conseillère.
Josée Barbeau, la citoyenne, est visiblement bouleversée par sa décision de quitter ses fonctions de conseillère. D’une grande franchise, elle admet s’être lancée dans l’arène de la politique municipale sans vraiment connaître les «coulisses du pouvoir» et encore moins les jeux qui s’y déroulent. Son intention première était de faire avancer les dossiers environnementaux et de plein air. Bien que satisfaite du travail qu’elle a réalisée dans plusieurs dossiers reliés à son mandat, l’ex-conseillère juge toutefois sévèrement le trop grand intérêt accordé au développement immobilier, et ce, au détriment des dossiers environnementaux: «malheureusement, les dossiers environnementaux sont, à tort, perçus comme un frein au développement, et par le fait même, relégués au dernier rang des priorités.» Elle ajoute: «L’environnement est perçu comme économiquement non rentable, la cinquième roue du carrosse. Mes positions sur le développement du territoire ont toujours été claires au sein du conseil. Mes idées ne sont pas meilleures que celles des autres, j’aurais simplement souhaité qu’on y accorde plus d’attention. L’environnement n’est pas qu’un filon de capital politique à exploiter. Au-delà des annonces médiatiques, il y a des gestes concrets à poser, rapidement, afin de ne pas hypothéquer le patrimoine naturel et économique que nous léguerons aux générations qui suivront.»Selon Josée Barbeau, la défection en bloc des conseillers n’a rien changé à l’Hôtel de Ville: «Au contraire, c’est même pire, lance-t-elle avec regret. J’endosse totalement les propos de Pierre-Antoine Guinard lorsqu’il parle de petite politique, d’agendas cachés et de décisions prises à l’avance et en petit groupe. C’est exactement ça. Lorsque j’ai choisi de siéger à titre d’indépendante, je croyais sincèrement aux termes de la lettre qui annonçait la décision des membres du conseil de siéger à titre d’indépendants. L’imputabilité, les intérêts supérieurs de la Ville, etc. J’ai rapidement constaté qu’il serait impossible d’y arriver dans la dynamique actuelle. Je doute fortement que la chose soit possible à court terme.»
Le projet de revitalisation du centre-ville
L’ex-conseillère dit être très préoccupée par l’avenir du centre-ville: «Le projet de l’Îlot Grignon m’inquiète beaucoup. Je n’ai rien contre l’idée de revitaliser le centre-ville de Sainte-Adèle. Bien au contraire. Mais le projet qui est actuellement sur la table est pour moi inacceptable et surtout incomplet. Le nombre de cases de stationnement projeté est à mon sens exagéré si on le compare à celui d’autres villes similaires. Le tracé de l’aire réservée au parc n’est pas définitivement fixé et semble être la portion flottante du projet. À mon sens, c’est l’étape du parc que l’on devrait amorcer en premier et non la repousser à la fin, car on sait ce qui arrive normalement aux dernières phases de tels projets...»
La vocation même du projet de revitalisation du centre-ville soulève des questions chez l’ex-conseillère: «Est-il vraiment souhaitable de créer un mini power center dans le centre-ville de Sainte-Adèle? Quel sera l’impact sur les autres commerçants?» Selon Josée Barbeau, beaucoup trop de questions restent sans réponse: «En ma qualité de conseillère, il m’était impossible d’avoir des informations claires et précises sur ce projet ni de réponses simples à des questions simples. Comment peut-on prendre des décisions éclairées quand on manque d’informations d’une façon aussi frappante? Je sens un empressement à aller de l’avant avec ce projet. Ça m’inquiète. Quels sont les véritables enjeux qui se cachent derrière le projet du centre-ville? J’estime que les Adélois ne sont pas suffisamment consultés sur un projet qui risque de changer à jamais le visage de notre ville. Une chose est certaine pour moi, l’Îlot Grignon doit rester la propriété des Adélois. Il ne doit pas servir à satisfaire l’appétit des promoteurs. Les Adélois doivent se réapproprier cet espace qui leur appartient, mais pour combien de temps encore?»
Problème d’identité
Une autre inquiétude soulevée par Josée Barbeau est celle concernant l’identité adéloise qui selon elle est bien définie et rend inutile cet acharnement à en inventer de nouvelles: «J’ai l’impression que l’on cherche à donner à Sainte-Adèle une identité qui n’est pas la sienne. Inutile de chercher, l’identité de notre ville c’est ses paysages, ses montagnes et ses citoyens. Pourquoi tenter de lui imposer une nouvelle identité ou de travestir celle qui existe déjà?»
La suite
Triste de quitter les dossiers dans lesquels elle a investi beaucoup de temps et d’énergie, l’ex-conseillère s’impliquera désormais dans sa communauté à titre de citoyenne.
Ébranlée par la crise politique dans laquelle est plongée la Ville de Sainte-Adèle depuis le début de l’été 2007, elle s’accordera un temps de repos et de réflexion: «Je crois beaucoup à l’impact de l’action citoyenne et aussi à la démocratie participative.»
Les Adélois doivent prendre conscience que c’est aussi à eux de tenir le gouvernail de leur ville. Pour ma part, c’est de ma position de citoyenne: j’entends m’impliquer dans ma communauté», conclut-elle.
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30 novembre 2007
Crise à Sainte-Adèle: réactions de Claude Cousineau, député de Bertrand
[J'ai réalisé cette entrevue avec Claude Cousineau mercredi dernier. L'article est publié dans l'Accès du 30 novembre en page 10]
Claude Cousineau, député de Bertrand, a récemment offert son soutien à l’administration adéloise dans les dossiers de poursuites — totalisant près de 6,8 millions de dollars — intentées par des citoyens contre la municipalité. Accès a joint le député afin de recueillir ses commentaires à la suite de l’annonce de la démission de la conseillère Josée Barbeau.
Bien que l’on persiste à affirmer du côté de l’Hôtel de Ville de Sainte-Adèle que tout va pour le mieux, qu’il n’existe aucune crise au sein du conseil et que la «machine est solide», plusieurs intervenants posent un regard plus «détaché» et critique sur cette machine dont le ramage ressemble de moins en moins au plumage.
Le député de Bertrand se défend bien de faire le procès du conseil municipal de Sainte-Adèle. Il ne fait qu’exprimer son point de vue sur la situation politique de la Ville.
De l’avis du député: «les raisons évoquées par les conseillers pour justifier leurs démissions nous permettent de lire entre les lignes. Même si l’on persiste à dire que tout va bien, qu’on est bien en selle, certains conseillers sont manifestement mal à l’aise à travailler dans cette ambiance.»
Claude Cousineau nous rappelle : «Il existe de l’aide pour les conseils municipaux qui souhaitent recevoir un coup de main ponctuel dans certains dossiers. Le ministère est habilité à rentrer en relation d’aide avec un conseil qui est en difficulté ou qui vit une situation qui peut parfois le dépasser. La mairesse Houle assure l’intérim, quand on se retrouve dans une situation où la soupe est chaude, il faut tenter de mettre toutes les chances de son côté. Si la mairesse m’appelle et me demande de la mettre en contact avec le ministère des Affaires municipales, je vais le faire. C’est mon travail. J’ai déjà offert mon aide, s’ils n’ont pas besoins de moi, je respecte leur choix. Pour le moment, il y a quorum au conseil municipal de Sainte-Adèle. Élus démocratiquement, les conseillers ont le droit d’affirmer qu’ils ont le contrôle de la situation.»
La division laurentienne du ministère des Affaires municipales et des Régions (MAMR) affirme n’avoir reçu aucune demande de cette nature émanant de la Ville de Sainte-Adèle.
Au-delà de la question «mathématique» du quorum au conseil municipal, plusieurs observateurs estiment que dans le contexte actuel il serait prudent de remettre à plus tard les prises de décisions importantes sur les grands projets de la Ville, notamment celui du financement de la chambre de commerce de Sainte-Adèle et de la revitalisation du centre-ville. Claude Cousineau commente dans le même sens : « avant de continuer à développer, ce qui en soi est très louable, il faut avant faire un peu de ménage sur la table et s’assurer que l’assise est solide avant d’aller de l’avant dans les dossiers importants.»
Photo : site Internet de l'Assemblée nationale
Claude Cousineau, député de Bertrand, a récemment offert son soutien à l’administration adéloise dans les dossiers de poursuites — totalisant près de 6,8 millions de dollars — intentées par des citoyens contre la municipalité. Accès a joint le député afin de recueillir ses commentaires à la suite de l’annonce de la démission de la conseillère Josée Barbeau.Bien que l’on persiste à affirmer du côté de l’Hôtel de Ville de Sainte-Adèle que tout va pour le mieux, qu’il n’existe aucune crise au sein du conseil et que la «machine est solide», plusieurs intervenants posent un regard plus «détaché» et critique sur cette machine dont le ramage ressemble de moins en moins au plumage.
Le député de Bertrand se défend bien de faire le procès du conseil municipal de Sainte-Adèle. Il ne fait qu’exprimer son point de vue sur la situation politique de la Ville.
De l’avis du député: «les raisons évoquées par les conseillers pour justifier leurs démissions nous permettent de lire entre les lignes. Même si l’on persiste à dire que tout va bien, qu’on est bien en selle, certains conseillers sont manifestement mal à l’aise à travailler dans cette ambiance.»
Claude Cousineau nous rappelle : «Il existe de l’aide pour les conseils municipaux qui souhaitent recevoir un coup de main ponctuel dans certains dossiers. Le ministère est habilité à rentrer en relation d’aide avec un conseil qui est en difficulté ou qui vit une situation qui peut parfois le dépasser. La mairesse Houle assure l’intérim, quand on se retrouve dans une situation où la soupe est chaude, il faut tenter de mettre toutes les chances de son côté. Si la mairesse m’appelle et me demande de la mettre en contact avec le ministère des Affaires municipales, je vais le faire. C’est mon travail. J’ai déjà offert mon aide, s’ils n’ont pas besoins de moi, je respecte leur choix. Pour le moment, il y a quorum au conseil municipal de Sainte-Adèle. Élus démocratiquement, les conseillers ont le droit d’affirmer qu’ils ont le contrôle de la situation.»
La division laurentienne du ministère des Affaires municipales et des Régions (MAMR) affirme n’avoir reçu aucune demande de cette nature émanant de la Ville de Sainte-Adèle.
Au-delà de la question «mathématique» du quorum au conseil municipal, plusieurs observateurs estiment que dans le contexte actuel il serait prudent de remettre à plus tard les prises de décisions importantes sur les grands projets de la Ville, notamment celui du financement de la chambre de commerce de Sainte-Adèle et de la revitalisation du centre-ville. Claude Cousineau commente dans le même sens : « avant de continuer à développer, ce qui en soi est très louable, il faut avant faire un peu de ménage sur la table et s’assurer que l’assise est solide avant d’aller de l’avant dans les dossiers importants.»
Photo : site Internet de l'Assemblée nationale
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27 octobre 2007
C’est pour un «changement d’huile» ou de zonage?
Texte publié dans Accès, édition du 26 octobre 2007
Politique municipale et région : administrer n’est pas gouverner.
Un conseiller municipal qui est également celui qui entretient votre voiture; un autre qui est aussi la personne qui vous sert le repas du midi… Comme le soulignait un humoriste: « vous savez que vous êtes dans une petite ville, quand c’est le maire qui livre votre bois de chauffage. »
La politique municipale en région se pratique dans un cadre qui se veut convivial où élus et citoyens sont amenés à se côtoyer quotidiennement.
Cet «espace de proximité» permet, en théorie, aux citoyens des municipalités à faible densité de population, comme les villages ou les municipalités rurales, de se réapproprier leur cadre de vie et d’agir concrètement au sein de leur communauté.
En théorie, car l’actualité nous présente davantage une réalité où les villes sont laissées entre les mains des élites locales, de spéculateurs fonciers et de réseaux d’influences, qui souvent, agissent en fonction de leurs propres intérêts. Les petites municipalités des Laurentides vacillent entre ce passé politique — pas si lointain — où seuls les propriétaires avaient droit de vote et un avenir prometteur où les enjeux sont d’ordre collectif et doivent s’affranchir des jeux de coulisses.
Cette approche de la politique municipale s’est insidieusement fixée dans notre langage, lorsque nous parlons d’«administration municipale» plutôt que de «gouvernement municipal». Un vocable qui a pour effet de «dépolitiser» les fonctions municipales. Cette conception purement administrative de la politique municipale laisse peu de place aux idées et aux grandes orientations politiques et confine les élus dans des rôles de simples gestionnaires. Lorsque le développement économique est laissé entre les mains d’intérêts privés, les villes prennent des allures de simples marchandises à brader que s’arrachent les plus offrants. Les consultations populaires se limitent légalement à des avis publics rédigés dans un langage hermétique et inaccessible au commun des mortels. Le désengagement des citoyens de la politique municipale est une conséquence inévitable de cette vision purement administrative et comptable de la municipalité où la Loi fait loi et qui laisse peu ou pas de place à l’épanouissement d’une véritable démocratie participative.
Dans ce contexte, imposture, tractation, manipulation des informations et désinformation représentent l’ordinaire des municipalités. Les médias régionaux, plus que tout autres, doivent faire preuve de solidarité. Ils doivent surtout se préserver de toute influence qui nuirait à leur liberté de presse. Seule la liberté d’expression permettra d’atteindre cet «espace de proximité», où il sera possible d’agir concrètement pour les intérêts supérieurs de la communauté. C’est pourquoi le journalisme civique doit occuper la ligne de front, car comme le souligne Jan Schaffer du Pew Center for Civic Journalism : « le journalisme civique permet aux citoyens de surmonter leur sentiment d'impuissance et d'aliénation et les incite à passer à l'action, à s'engager et à considérer les problèmes de la collectivité comme leurs problèmes.»
Politique municipale et région : administrer n’est pas gouverner.
Un conseiller municipal qui est également celui qui entretient votre voiture; un autre qui est aussi la personne qui vous sert le repas du midi… Comme le soulignait un humoriste: « vous savez que vous êtes dans une petite ville, quand c’est le maire qui livre votre bois de chauffage. »
La politique municipale en région se pratique dans un cadre qui se veut convivial où élus et citoyens sont amenés à se côtoyer quotidiennement.
Cet «espace de proximité» permet, en théorie, aux citoyens des municipalités à faible densité de population, comme les villages ou les municipalités rurales, de se réapproprier leur cadre de vie et d’agir concrètement au sein de leur communauté.
En théorie, car l’actualité nous présente davantage une réalité où les villes sont laissées entre les mains des élites locales, de spéculateurs fonciers et de réseaux d’influences, qui souvent, agissent en fonction de leurs propres intérêts. Les petites municipalités des Laurentides vacillent entre ce passé politique — pas si lointain — où seuls les propriétaires avaient droit de vote et un avenir prometteur où les enjeux sont d’ordre collectif et doivent s’affranchir des jeux de coulisses.
Cette approche de la politique municipale s’est insidieusement fixée dans notre langage, lorsque nous parlons d’«administration municipale» plutôt que de «gouvernement municipal». Un vocable qui a pour effet de «dépolitiser» les fonctions municipales. Cette conception purement administrative de la politique municipale laisse peu de place aux idées et aux grandes orientations politiques et confine les élus dans des rôles de simples gestionnaires. Lorsque le développement économique est laissé entre les mains d’intérêts privés, les villes prennent des allures de simples marchandises à brader que s’arrachent les plus offrants. Les consultations populaires se limitent légalement à des avis publics rédigés dans un langage hermétique et inaccessible au commun des mortels. Le désengagement des citoyens de la politique municipale est une conséquence inévitable de cette vision purement administrative et comptable de la municipalité où la Loi fait loi et qui laisse peu ou pas de place à l’épanouissement d’une véritable démocratie participative.
Dans ce contexte, imposture, tractation, manipulation des informations et désinformation représentent l’ordinaire des municipalités. Les médias régionaux, plus que tout autres, doivent faire preuve de solidarité. Ils doivent surtout se préserver de toute influence qui nuirait à leur liberté de presse. Seule la liberté d’expression permettra d’atteindre cet «espace de proximité», où il sera possible d’agir concrètement pour les intérêts supérieurs de la communauté. C’est pourquoi le journalisme civique doit occuper la ligne de front, car comme le souligne Jan Schaffer du Pew Center for Civic Journalism : « le journalisme civique permet aux citoyens de surmonter leur sentiment d'impuissance et d'aliénation et les incite à passer à l'action, à s'engager et à considérer les problèmes de la collectivité comme leurs problèmes.»
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Éditorial
19 octobre 2007
Démocratie 101
Les mauvais plis semblent résister au lavage à Sainte-Adèle.
[J'ai publié ce texte dans l'édition du 19 octobre 2007 du journal Accès. C'est une réaction épidermique au boycottage en règle pratiqué par l'Administration de la Ville de Sainte-Adèle dont le journal et moi-même sommes les cibles. Un texte d'opinion. ]
Récemment, la fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) publiait un communiqué qui condamnait certaines pratiques des élus adélois relativement à leur conception inusitée de la transparence avec les médias : « La FPJQ demande aux élus d’être équitables et transparents dans leurs relations avec les médias d’information. Dans les derniers mois, à Sainte-Adèle, un média n’a pas été invité à une conférence de presse et n’a pu obtenir le communiqué de presse qui en est ressorti. Dans un autre cas, un communiqué a fait l’objet d’une distribution « sélective » quelques jours avant d’être envoyé aux autres médias. La FPJQ Laurentides tient à rappeler aux élus Adellois que de telles pratiques ne sont pas souhaitables dans un contexte démocratique.»
La FPJQ Laurentides omet de mentionner que le média exclu par l’Administration adéloise est le journal Accès. Cette semaine, la mairesse remplaçante, Marlène Houle, rechute en distribuant «sélectivement» un communiqué qui annonce que la sécurisation du sommet bleu est complétée. Encore une fois, l’Accès ne figurait pas sur la liste d’envoi. Qu’avons-nous donc fait? Nous n’avons pas levé la main avant de parler? Nous n’avons pas donné la bonne réponse? Nous sommes donc en punition? L’odeur de vendetta est prenante et donne la nausée. Récemment, j’ai tenté de communiquer avec la mairesse afin de recueillir ses commentaires sur un dossier important pour la Ville. Elle ne m’a jamais rappelé. Une semaine plus tôt, c’est le greffier, Michel Rousseau, qui m’a promis un document par courriel. L’homme, qui pourtant n’est pas réputé pour être un inénarrable boutentrain, s’est tout de même permis une petite flèche, lorsque je lui épelais mon adresse courriel :«Bérard avec un petit b ou un grand b?» m’a-t-il demandé. Devant ma réaction, il s’est justifié : «désolé, je ne suis pas familier avec l’informatique.» Rousseau, ça prend un petit ou un grand «air»? Un mois plus tard, pas de nouvelle du document. Un problème d’adresse avec l’informatique? Soyons indulgents, c’était probablement le premier envoi de courriel de sa carrière.
La transparence annoncée par le «nouveau conseil indépendant» semble manquer d’un ingrédient essentiel : la transparence. Ce n’est pas en pratiquant cette petite politique revancharde, et avouons-le un peu pubertaire, que ce conseil s’affranchira des «anciennes pratiques qui ne doivent plus avoir cours», comme le soulignait avec conviction l’un des conseillers lors de la première séance du conseil marquant l’ère postcardinale.
Lorsque vous boycottez l’Accès, vous ne faites qu’aiguiser la mine du crayon qui servira à souligner en gras votre hostilité antidémocratique. Vous offensez plus de 50 000 lecteurs, dont bon nombre sont des Adélois. Un certain Mongeau a un jour dit : «le pouvoir, c’est le contrôle de l’information.» Est-ce à ce principe que vous portez allégeance? Croyez-vous sincèrement exercer un empire sur l’information en isolant l’Accès? Membres du conseil, apprenez que tout se sait. Le communiqué que vous tentez de nous dissimuler atterrit invariablement sur nos bureaux pas plus d’une heure après sa diffusion.
Vous souhaitez aller de l’avant en effaçant le passé comme s’il s’agissait d’un tableau magique qu’il suffit de secouer pour retrouver une page vierge. Comme le soulignait avec tellement d’à propos une lectrice de mon blogue : «C'est bien beau "d'aller de l'avant”, Madame la Mairesse, mais... c'est exactement ce qu'un chauffard complètement ivre se dit lorsqu'il heurte un piéton... Aller de l'avant c'est apporter de l'aide, réparer les dégâts, respecter les victimes et assumer courageusement ses responsabilités. À Sainte-Adèle on engage des avocats pour poursuivre le piéton et on fait un chèque au responsable de l'accident...» Elle ajoute : «les vrais responsables du chaos actuel ne sont pas ceux qui le dénoncent.» Tenter de faire taire celui qui pose des questions, c’est lui donner raison.
Les élus doivent accorder des entrevues, divulguer des informations et livrer leurs communiqués à TOUS les médias. C’est l’ABC de la démocratie 101. Lorsque vous comprendrez que les médias ne sont pas des agences de relations publiques, vous commencerez alors à aller de l’avant.
Alors, on y va?
[Dernière heure La Ville de Sainte-Adèle assure que le communiqué a bien été expédié par courriel à Accès ce lundi. Malheureusement, nous n'avons aucune trace du document. De plus, la Ville n'a pas télécopié le communiqué, comme elle le fait habituellement. Ça n'explique pas le fait que la mairesse n'ait jamais répondu à mon appel et que le greffier n'a pas donné suite à ma demande. Des explications peu convaincantes, qui arrivent trop tard.]
[J'ai publié ce texte dans l'édition du 19 octobre 2007 du journal Accès. C'est une réaction épidermique au boycottage en règle pratiqué par l'Administration de la Ville de Sainte-Adèle dont le journal et moi-même sommes les cibles. Un texte d'opinion. ]
Récemment, la fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) publiait un communiqué qui condamnait certaines pratiques des élus adélois relativement à leur conception inusitée de la transparence avec les médias : « La FPJQ demande aux élus d’être équitables et transparents dans leurs relations avec les médias d’information. Dans les derniers mois, à Sainte-Adèle, un média n’a pas été invité à une conférence de presse et n’a pu obtenir le communiqué de presse qui en est ressorti. Dans un autre cas, un communiqué a fait l’objet d’une distribution « sélective » quelques jours avant d’être envoyé aux autres médias. La FPJQ Laurentides tient à rappeler aux élus Adellois que de telles pratiques ne sont pas souhaitables dans un contexte démocratique.»La FPJQ Laurentides omet de mentionner que le média exclu par l’Administration adéloise est le journal Accès. Cette semaine, la mairesse remplaçante, Marlène Houle, rechute en distribuant «sélectivement» un communiqué qui annonce que la sécurisation du sommet bleu est complétée. Encore une fois, l’Accès ne figurait pas sur la liste d’envoi. Qu’avons-nous donc fait? Nous n’avons pas levé la main avant de parler? Nous n’avons pas donné la bonne réponse? Nous sommes donc en punition? L’odeur de vendetta est prenante et donne la nausée. Récemment, j’ai tenté de communiquer avec la mairesse afin de recueillir ses commentaires sur un dossier important pour la Ville. Elle ne m’a jamais rappelé. Une semaine plus tôt, c’est le greffier, Michel Rousseau, qui m’a promis un document par courriel. L’homme, qui pourtant n’est pas réputé pour être un inénarrable boutentrain, s’est tout de même permis une petite flèche, lorsque je lui épelais mon adresse courriel :«Bérard avec un petit b ou un grand b?» m’a-t-il demandé. Devant ma réaction, il s’est justifié : «désolé, je ne suis pas familier avec l’informatique.» Rousseau, ça prend un petit ou un grand «air»? Un mois plus tard, pas de nouvelle du document. Un problème d’adresse avec l’informatique? Soyons indulgents, c’était probablement le premier envoi de courriel de sa carrière.
La transparence annoncée par le «nouveau conseil indépendant» semble manquer d’un ingrédient essentiel : la transparence. Ce n’est pas en pratiquant cette petite politique revancharde, et avouons-le un peu pubertaire, que ce conseil s’affranchira des «anciennes pratiques qui ne doivent plus avoir cours», comme le soulignait avec conviction l’un des conseillers lors de la première séance du conseil marquant l’ère postcardinale.
Lorsque vous boycottez l’Accès, vous ne faites qu’aiguiser la mine du crayon qui servira à souligner en gras votre hostilité antidémocratique. Vous offensez plus de 50 000 lecteurs, dont bon nombre sont des Adélois. Un certain Mongeau a un jour dit : «le pouvoir, c’est le contrôle de l’information.» Est-ce à ce principe que vous portez allégeance? Croyez-vous sincèrement exercer un empire sur l’information en isolant l’Accès? Membres du conseil, apprenez que tout se sait. Le communiqué que vous tentez de nous dissimuler atterrit invariablement sur nos bureaux pas plus d’une heure après sa diffusion.
Vous souhaitez aller de l’avant en effaçant le passé comme s’il s’agissait d’un tableau magique qu’il suffit de secouer pour retrouver une page vierge. Comme le soulignait avec tellement d’à propos une lectrice de mon blogue : «C'est bien beau "d'aller de l'avant”, Madame la Mairesse, mais... c'est exactement ce qu'un chauffard complètement ivre se dit lorsqu'il heurte un piéton... Aller de l'avant c'est apporter de l'aide, réparer les dégâts, respecter les victimes et assumer courageusement ses responsabilités. À Sainte-Adèle on engage des avocats pour poursuivre le piéton et on fait un chèque au responsable de l'accident...» Elle ajoute : «les vrais responsables du chaos actuel ne sont pas ceux qui le dénoncent.» Tenter de faire taire celui qui pose des questions, c’est lui donner raison.
Les élus doivent accorder des entrevues, divulguer des informations et livrer leurs communiqués à TOUS les médias. C’est l’ABC de la démocratie 101. Lorsque vous comprendrez que les médias ne sont pas des agences de relations publiques, vous commencerez alors à aller de l’avant.
Alors, on y va?
[Dernière heure La Ville de Sainte-Adèle assure que le communiqué a bien été expédié par courriel à Accès ce lundi. Malheureusement, nous n'avons aucune trace du document. De plus, la Ville n'a pas télécopié le communiqué, comme elle le fait habituellement. Ça n'explique pas le fait que la mairesse n'ait jamais répondu à mon appel et que le greffier n'a pas donné suite à ma demande. Des explications peu convaincantes, qui arrivent trop tard.]
Libellés :
Opinion,
Publié dans Accès,
Éditorial
07 septembre 2007
OuacH2O
Article publié dans l'Accès, édition du 7 septembre 2007
Les infrastructures sanitaires de bon nombre de villes de la région des Laurentides sont inadéquates et incapables de répondre efficacement à la demande. Les pressions exercées sur les réseaux d’égouts, notamment par l’accélération du développement immobilier, posent un problème de taille aux municipalités dont les infrastructures sont désuètes, insuffisantes ou carrément mal entretenues. Plusieurs stations de pompage doivent de ce fait déverser leur «surplus» directement dans l’environnement, engendrant ainsi une foule de problèmes environnementaux et représentant un risque certain pour la santé publique. C’est le cas du tristement célèbre tuyau de la Rivière-du-Nord, situé au niveau du parc d’affaires La Rolland à Sainte-Adèle. Bien que le problème ne soit pas unique à cette ville, le site en question illustre bien le laxisme condamnable qui caractérise cette forme de pollution tant à Sainte-Adèle que dans les municipalités situées en aval et en amont de la rivière.
Fait troublant: pour des raisons qui demeurent obscures, le tuyau en question a été volontairement brisé, afin que son contenu se déverse directement dans la Rivière-du-Nord. Un bouillon répugnant composé, entre autres, de papier hygiénique, de condoms souillés, de serviettes hygiéniques, de sachets de drogue et de substances chimiques blanchâtres. Interrogés sur cette situation, les responsables adélois se sont contentés de faire une annonce promettant une solution temporaire qui consiste à installer un système de grille destiné à contenir les matières solides. Deux mois plus tard, aucune mesure n’a encore été appliquée. Notons que le déversement se produit à quelques mètres à peine en amont de la mise à l’eau de l’entreprise les excursions de la Rivière-du-Nord. Plusieurs randonneurs ainsi que des familles viennent se balader à proximité du déversement sans qu’aucune enseigne les avertisse du danger. À plusieurs reprises, des locataires du parc d’affaires ont dû signaler aux promeneurs que leur chien s’abreuvait directement dans de l’eau souillée.
Selon nos sources, il existerait à Sainte-Adèle entre cinq et dix sites où les égouts se déversent directement et de façon régulière dans l’environnement. Les raisons évoquées parlent de l’état des infrastructures, mais également du mauvais fonctionnement de pompes et surtout du laxisme de certains responsables. Le principe en jeu: loin des yeux, loin du cœur. Les déversements se produisent en effet le plus souvent dans des endroits boisés et dans de petits ruisseaux peu fréquentés. Actuellement, deux stations de Sainte-Adèle déverseraient le contenu des égouts directement dans l’environnement. Il s’agit de la station du Paysan et de la station Dumouchel, située près du cimetière de Sainte-Adèle. L’odeur caractéristique qui se dégage du ruisseau qui court derrière la dernière demeure des Adélois ne laisse planer aucun doute.
Alors que les enjeux reliés à l’eau sont mondialement reconnus comme prioritaires, il est étonnant de constater la lenteur avec laquelle les autorités traitent ce type de pollution. Des solutions existent pourtant et peuvent être appliquées rapidement afin de réduire considérablement les déversements d’é gouts sanitaires. Parions que si ces mêmes déversements se produisaient sur les terrains des hôtels de Ville, les solutions seraient nombreuses, efficaces et durables.
Lire aussi Nathalie Deraspe sur le dossier de l'eau à Sainte-Adèle
Les infrastructures sanitaires de bon nombre de villes de la région des Laurentides sont inadéquates et incapables de répondre efficacement à la demande. Les pressions exercées sur les réseaux d’égouts, notamment par l’accélération du développement immobilier, posent un problème de taille aux municipalités dont les infrastructures sont désuètes, insuffisantes ou carrément mal entretenues. Plusieurs stations de pompage doivent de ce fait déverser leur «surplus» directement dans l’environnement, engendrant ainsi une foule de problèmes environnementaux et représentant un risque certain pour la santé publique. C’est le cas du tristement célèbre tuyau de la Rivière-du-Nord, situé au niveau du parc d’affaires La Rolland à Sainte-Adèle. Bien que le problème ne soit pas unique à cette ville, le site en question illustre bien le laxisme condamnable qui caractérise cette forme de pollution tant à Sainte-Adèle que dans les municipalités situées en aval et en amont de la rivière.
Fait troublant: pour des raisons qui demeurent obscures, le tuyau en question a été volontairement brisé, afin que son contenu se déverse directement dans la Rivière-du-Nord. Un bouillon répugnant composé, entre autres, de papier hygiénique, de condoms souillés, de serviettes hygiéniques, de sachets de drogue et de substances chimiques blanchâtres. Interrogés sur cette situation, les responsables adélois se sont contentés de faire une annonce promettant une solution temporaire qui consiste à installer un système de grille destiné à contenir les matières solides. Deux mois plus tard, aucune mesure n’a encore été appliquée. Notons que le déversement se produit à quelques mètres à peine en amont de la mise à l’eau de l’entreprise les excursions de la Rivière-du-Nord. Plusieurs randonneurs ainsi que des familles viennent se balader à proximité du déversement sans qu’aucune enseigne les avertisse du danger. À plusieurs reprises, des locataires du parc d’affaires ont dû signaler aux promeneurs que leur chien s’abreuvait directement dans de l’eau souillée.Selon nos sources, il existerait à Sainte-Adèle entre cinq et dix sites où les égouts se déversent directement et de façon régulière dans l’environnement. Les raisons évoquées parlent de l’état des infrastructures, mais également du mauvais fonctionnement de pompes et surtout du laxisme de certains responsables. Le principe en jeu: loin des yeux, loin du cœur. Les déversements se produisent en effet le plus souvent dans des endroits boisés et dans de petits ruisseaux peu fréquentés. Actuellement, deux stations de Sainte-Adèle déverseraient le contenu des égouts directement dans l’environnement. Il s’agit de la station du Paysan et de la station Dumouchel, située près du cimetière de Sainte-Adèle. L’odeur caractéristique qui se dégage du ruisseau qui court derrière la dernière demeure des Adélois ne laisse planer aucun doute.
Alors que les enjeux reliés à l’eau sont mondialement reconnus comme prioritaires, il est étonnant de constater la lenteur avec laquelle les autorités traitent ce type de pollution. Des solutions existent pourtant et peuvent être appliquées rapidement afin de réduire considérablement les déversements d’é gouts sanitaires. Parions que si ces mêmes déversements se produisaient sur les terrains des hôtels de Ville, les solutions seraient nombreuses, efficaces et durables.
Lire aussi Nathalie Deraspe sur le dossier de l'eau à Sainte-Adèle
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Billets verts,
Publié dans Accès
09 août 2007
Stéphane Lalande, directeur du CLD des Pays-d’en-Haut, au centre d’une affaire troublante
Stéphane Lalande, directeur général du CLD des Pays-d’en-Haut, est au centre d’une affaire troublante, suggérant qu’il a tenté de soutirer, sous de faux prétextes, un montant d’argent à une entrepreneure de la région.
Assigné comme témoin par voie de subpoena dans une cause opposant Josée Duval, une entrepreneure de la region, à un de ses fournisseurs, Stéphane Lalande aurait par la suite exigé des dédommagements financiers pour sa présence en cour, et ce, au nom de son comité exécutif. Or, le maire de Sainte-Adèle Jean-Paul Cardinal, également président du conseil d’administration du Centre local de développement des Pays-d’en-Haut est formel: «Le conseil exécutif n’a jamais donné le mandat à Stéphane Lalande d’exiger des remboursements à Mme Duval.»
C’est à l’occasion d’un échange de courriel avec l’entrepreneure que le directeur du CLD a formulé sa singulière demande: «Compte tenu que j'ai dû passer une journée complète en cour, mon conseil exécutif s'attend à un dédommagement pour le temps passé à l'extérieur de mes fonctions. Je t'invite à nous faire une proposition que je soumettrai à mes membres.»
Charles Garnier, préfet de la MRC des Pays-d’en-Haut, également membre du conseil d’administration, est lui aussi catégorique: «Il n’a jamais été question d’exiger des remboursements à Mme Duval.» Avec une colère à peine voilée, il ajoute: «Ce qui m’irrite le plus, c’est que M. Lalande affirme que son conseil exécutif s’attend à un dédommagement alors que c’est totalement faux!»
Outrée, l’entrepreneure s’exprime: «J’étais consternée par la demande de Lalande. J’avais peine à croire ce que je lisais. Lorsqu’un employé reçoit un subpoena, l’employeur doit le libérer afin qu’il exerce son devoir de citoyen.» De plus, la demande du directeur est formulée en des termes vagues, invitant l’entrepreneure à «faire une proposition», alors que l’évaluation des coûts reliés à sa présence en cour peut s’établir de manière simple. Notons que M. Lalande a touché son plein salaire durant cette journée.
Dans sa réponse au directeur, Mme Duval exprime clairement sa position: «Tu as reçu un subpoena, qui selon la loi, exige de ton employeur que tu sois payé comme d'habitude pour aller faire ton devoir de bon citoyen. Et en plus, tu viens me quêter de l'argent. Le CLD est un organisme qui est censé aider les jeunes entrepreneurs et ceci en faisait partie. Je suis très déçue, voire même outrée, de ta réponse.»
Dans le dernier courriel d’une série de quatre, Stéphane Lalande dit ne pas comprendre l’attitude de l’entrepreneure ni son refus d’accepter de payer le dédommagement exigé. Il mentionne également qu’il a agi à titre d’expert, information contredite par Josée Duval qui confirme que M. Lalande a agi comme simple témoin, information validée auprès d’autres intervenants dans ce dossier. Le courriel du directeur se termine ainsi: «Je mentionnerai votre réponse à notre conseil exécutif et nous prendrons les décisions qui s'imposent.»
«Encore des menaces», lance Mme Duval. En effet, à la lumière des déclarations des membres du conseil d’administration, l’allusion à des «prises de décisions qui s’imposent», soulève des questions, puisque nous savons que Stéphane Lalande n’a jamais, comme il le prétend, reçu le mandat d’exiger des dédommagements à Josée Duval.
Informé de la position des membres de son conseil d’administration, le directeur du CLD est resté muet à la question: «Est-ce exact que vous avez, de votre propre initiative et au nom de votre conseil exécutif, exigé des dédommagements à Josée Duval?» La question lui a été posée à quatre reprises durant l’entrevue téléphonique…
Mis au courant de la démarche de Mme Duval auprès d’Accès, le directeur s’est empressé de communiquer par téléphone avec cette dernière afin de la prévenir qu’elle commettait une faute en divulguant le contenu de son courriel. Selon Mme Duval, le directeur du CLD aurait même fait allusion à de possibles sanctions si elle en dévoilait le contenu.
Mme Duval souhaite rendre l’affaire publique, car elle dit en avoir assez des jeux de coulisses. Elle souhaite que sa démarche incite d’autres personnes qui sont peut-être, comme elle, victimes de ce qu’elle qualifie de «tentative d’extorsion», à dénoncer ce genre d’abus. Elle souhaite également que les membres du conseil d’administration du CLD prennent leurs responsabilités et imposent des sanctions au directeur du CLD: «Il doit être sanctionné en fonction de la sévérité de ses gestes, afin que d’autres, plus vulnérables que moi, ne vivent pas la même expérience.»
Pour sa part, le préfet Garnier ne nourrit aucun doute quant à la signification du geste du directeur du CLD et affirme qu’il livrera sa position officielle lors du prochain conseil d’administration.
Les commentaires du maire Cardinal sont eux aussi sans équivoque: «M. Lalande a pris une malheureuse initiative. Son geste va faire une tache à son dossier et sera pris en compte lors de sa prochaine évaluation annuelle. Il devra de plus s’expliquer devant le conseil, mais aussi auprès de Mme Duval.»
La prochaine réunion du conseil est prévue pour le début du mois de septembre prochain.
Texte : André Bérard
Publié dans l'Accès édition du 10 août 2007
Assigné comme témoin par voie de subpoena dans une cause opposant Josée Duval, une entrepreneure de la region, à un de ses fournisseurs, Stéphane Lalande aurait par la suite exigé des dédommagements financiers pour sa présence en cour, et ce, au nom de son comité exécutif. Or, le maire de Sainte-Adèle Jean-Paul Cardinal, également président du conseil d’administration du Centre local de développement des Pays-d’en-Haut est formel: «Le conseil exécutif n’a jamais donné le mandat à Stéphane Lalande d’exiger des remboursements à Mme Duval.» C’est à l’occasion d’un échange de courriel avec l’entrepreneure que le directeur du CLD a formulé sa singulière demande: «Compte tenu que j'ai dû passer une journée complète en cour, mon conseil exécutif s'attend à un dédommagement pour le temps passé à l'extérieur de mes fonctions. Je t'invite à nous faire une proposition que je soumettrai à mes membres.»
Charles Garnier, préfet de la MRC des Pays-d’en-Haut, également membre du conseil d’administration, est lui aussi catégorique: «Il n’a jamais été question d’exiger des remboursements à Mme Duval.» Avec une colère à peine voilée, il ajoute: «Ce qui m’irrite le plus, c’est que M. Lalande affirme que son conseil exécutif s’attend à un dédommagement alors que c’est totalement faux!»
Outrée, l’entrepreneure s’exprime: «J’étais consternée par la demande de Lalande. J’avais peine à croire ce que je lisais. Lorsqu’un employé reçoit un subpoena, l’employeur doit le libérer afin qu’il exerce son devoir de citoyen.» De plus, la demande du directeur est formulée en des termes vagues, invitant l’entrepreneure à «faire une proposition», alors que l’évaluation des coûts reliés à sa présence en cour peut s’établir de manière simple. Notons que M. Lalande a touché son plein salaire durant cette journée.
Dans sa réponse au directeur, Mme Duval exprime clairement sa position: «Tu as reçu un subpoena, qui selon la loi, exige de ton employeur que tu sois payé comme d'habitude pour aller faire ton devoir de bon citoyen. Et en plus, tu viens me quêter de l'argent. Le CLD est un organisme qui est censé aider les jeunes entrepreneurs et ceci en faisait partie. Je suis très déçue, voire même outrée, de ta réponse.»
Dans le dernier courriel d’une série de quatre, Stéphane Lalande dit ne pas comprendre l’attitude de l’entrepreneure ni son refus d’accepter de payer le dédommagement exigé. Il mentionne également qu’il a agi à titre d’expert, information contredite par Josée Duval qui confirme que M. Lalande a agi comme simple témoin, information validée auprès d’autres intervenants dans ce dossier. Le courriel du directeur se termine ainsi: «Je mentionnerai votre réponse à notre conseil exécutif et nous prendrons les décisions qui s'imposent.»
«Encore des menaces», lance Mme Duval. En effet, à la lumière des déclarations des membres du conseil d’administration, l’allusion à des «prises de décisions qui s’imposent», soulève des questions, puisque nous savons que Stéphane Lalande n’a jamais, comme il le prétend, reçu le mandat d’exiger des dédommagements à Josée Duval.
Informé de la position des membres de son conseil d’administration, le directeur du CLD est resté muet à la question: «Est-ce exact que vous avez, de votre propre initiative et au nom de votre conseil exécutif, exigé des dédommagements à Josée Duval?» La question lui a été posée à quatre reprises durant l’entrevue téléphonique…
Mis au courant de la démarche de Mme Duval auprès d’Accès, le directeur s’est empressé de communiquer par téléphone avec cette dernière afin de la prévenir qu’elle commettait une faute en divulguant le contenu de son courriel. Selon Mme Duval, le directeur du CLD aurait même fait allusion à de possibles sanctions si elle en dévoilait le contenu.
Mme Duval souhaite rendre l’affaire publique, car elle dit en avoir assez des jeux de coulisses. Elle souhaite que sa démarche incite d’autres personnes qui sont peut-être, comme elle, victimes de ce qu’elle qualifie de «tentative d’extorsion», à dénoncer ce genre d’abus. Elle souhaite également que les membres du conseil d’administration du CLD prennent leurs responsabilités et imposent des sanctions au directeur du CLD: «Il doit être sanctionné en fonction de la sévérité de ses gestes, afin que d’autres, plus vulnérables que moi, ne vivent pas la même expérience.»
Pour sa part, le préfet Garnier ne nourrit aucun doute quant à la signification du geste du directeur du CLD et affirme qu’il livrera sa position officielle lors du prochain conseil d’administration.
Les commentaires du maire Cardinal sont eux aussi sans équivoque: «M. Lalande a pris une malheureuse initiative. Son geste va faire une tache à son dossier et sera pris en compte lors de sa prochaine évaluation annuelle. Il devra de plus s’expliquer devant le conseil, mais aussi auprès de Mme Duval.»
La prochaine réunion du conseil est prévue pour le début du mois de septembre prochain.
Texte : André Bérard
Publié dans l'Accès édition du 10 août 2007
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Affaires municipales,
Publié dans Accès
03 août 2007
Crise à l'Hôtel de Ville de Sainte-Adèle
Selon la conseillère Barbeau : «André Mongeau doit partir!»
La crise politique qui secoue actuellement l’Hôtel de Ville de Sainte-Adèle connait un revirement important avec la prise de position publique de la conseillère Barbeau sur les agissements du directeur général André Mongeau.
Josée Barbeau, conseillère municipale du district no 1, est catégorique : « le directeur général doit quitter ses fonctions immédiatement ». Consciente des vagues que soulèvera sa sortie publique dans les couloirs de l’Hôtel de Ville, la conseillère dit néanmoins être prête, car elle en a assez de cette situation : « le conseil est divisé, le climat est tendu. Pour moi, il est clair que M. Mongeau doit quitter son poste. Il est le premier cadre de la Ville, sa fonction lui interdit tout comportement qui pourrait porter atteinte à l’intégrité de l’administration municipale, même s’il ne s’agit que d’apparence de conflits d’intérêts. Un directeur général doit donner l’exemple et être au-dessus de tout soupçon.» Elle ajoute sur le même ton déterminé : « Je crois qu’il est temps que la population connaisse la position des conseillers.»
Selon la conseillère, l’affaire Mongeau marquera à la fois le paysage politique de Sainte-Adèle et le conseil municipal : « Cette crise ébranle le conseil. Elle modifiera la dynamique qui existe entre ses membres. Nous sommes à un point de non-retour, nous parlerons désormais d’un avant et d’un après Mongeau. Cette histoire a causé des dégâts, certains seront irréparables. »
Tenant à préciser qu’elle parle en son propre nom, la conseillère Barbeau dit toutefois partager sa position avec le conseiller Pierre-Antoine Guinard du district no 2.
Questionnée sur les raisons qui l’ont poussé à faire connaître publiquement sa position alors que les autres membres du conseil observent un silence embarrassé, la conseillère répond : « Par respect pour les citoyens et aussi parce que c’est mon devoir de le faire. J’aurais souhaité l’exprimer plus tôt, mais je n’avais pas la possibilité de le faire. J’ai donc choisi de le faire maintenant, à travers cette démarche. » Elle poursuit du même souffle : « J’ai les pieds solidement ancrés dans mes convictions. Je suis en paix avec ma position et prête à en assumer la portée. Pour moi, l’essentiel, c’est d’être conséquente avec mes valeurs. » Mme Barbeau se dit de plus très sensible au sentiment d’impatience exprimé par les citoyens et croit que les conseillers tardent trop à réagir : « L’attente, c’est assez. C’est le droit des citoyens de savoir ce qui se passe. C’est eux qui nous ont élus. C’est une simple question de respect. »
Nous savons qu’une enquête interne sur les agissements de M. Mongeau sera menée par le cabinet d’avocats Prévost, Fortin, D’Aoust, une firme associée à la Ville de Sainte-Adèle. La conseillère Barbeau refuse de commenter cette enquête, mais soutient toutefois que ses conclusions ne changeront rien à sa position : « Que les résultats soient favorables ou non à M. Mongeau ne changera rien à ma décision. Il doit partir. »
La conseillère Josée Barbeau est présidente de la commission Plein air et environnement, de la Société du parc régional (SOPRÉ) et membre du comité aviseur en environnement. Fervente partisane de la démocratie participative, elle croit en une approche plus ouverte de la politique municipale où le citoyen serait au centre des préoccupations. Plusieurs de ses positions divergent de celles du conseil municipal, notamment en ce qui a trait au développement immobilier : « Nous sommes arrivés à un point où il faut se repositionner, revoir certaines approches, par exemple, celle du développement immobilier. Nous devons réfléchir aux moyens qui permettront un développement plus harmonieux pour ceux et celles qui vivent à Sainte-Adèle. »
La sortie publique de la conseillère Barbeau aura-t-elle un effet d’entraînement sur les autres membres du conseil? Seul l’avenir nous le dira. Une chose est certaine : l’administration Cardinal vit une période charnière de son histoire et la prise de position publique de la conseillère Barbeau en ouvre un nouveau chapitre.
Bref rappel des événements
Le 22 juin dernier, Accès rendait publics des documents reçus à ses bureaux, qui pourraient démontrer qu’André Mongeau, directeur général de la Ville de Sainte-Adèle, avait l’utilisation d’une voiture enregistrée au nom d’Attitude Nord, un promoteur bien connu à Sainte-Adèle.
L’employé municipal affirmait alors qu’il existait une entente écrite de sous-location entre lui et le promoteur et qu’il effectuait des paiements mensuels en comptant. Document qui figurait dans l’article publié dans l’Accès.
Le maire Cardinal annonce dans les hebdos locaux la démission volontaire du fonctionnaire. Quelques jours plus tard, M. Mongeau publiait, de son propre chef, un communiqué signé de sa main et affichant les couleurs de la Ville qui contredisait l’annonce de son départ.
Troisième retournement : par voix de communiqué, le maire Cardinal maintient sa version des faits et réaffirme que le directeur général avait bel et bien annoncé sa démission volontaire. Il déclare également que l’avenir de M. Mongeau est désormais entre les mains du conseil.
La firme d’avocats Prévost, Fortin, D’Aoust a été mandatée pour mener une enquête interne sur les agissements du directeur général de la Ville.
Article publié dans le journal Accès, édition du 3 août 2007
Texte et photo : André Bérard
La crise politique qui secoue actuellement l’Hôtel de Ville de Sainte-Adèle connait un revirement important avec la prise de position publique de la conseillère Barbeau sur les agissements du directeur général André Mongeau.
Josée Barbeau, conseillère municipale du district no 1, est catégorique : « le directeur général doit quitter ses fonctions immédiatement ». Consciente des vagues que soulèvera sa sortie publique dans les couloirs de l’Hôtel de Ville, la conseillère dit néanmoins être prête, car elle en a assez de cette situation : « le conseil est divisé, le climat est tendu. Pour moi, il est clair que M. Mongeau doit quitter son poste. Il est le premier cadre de la Ville, sa fonction lui interdit tout comportement qui pourrait porter atteinte à l’intégrité de l’administration municipale, même s’il ne s’agit que d’apparence de conflits d’intérêts. Un directeur général doit donner l’exemple et être au-dessus de tout soupçon.» Elle ajoute sur le même ton déterminé : « Je crois qu’il est temps que la population connaisse la position des conseillers.»Selon la conseillère, l’affaire Mongeau marquera à la fois le paysage politique de Sainte-Adèle et le conseil municipal : « Cette crise ébranle le conseil. Elle modifiera la dynamique qui existe entre ses membres. Nous sommes à un point de non-retour, nous parlerons désormais d’un avant et d’un après Mongeau. Cette histoire a causé des dégâts, certains seront irréparables. »
Tenant à préciser qu’elle parle en son propre nom, la conseillère Barbeau dit toutefois partager sa position avec le conseiller Pierre-Antoine Guinard du district no 2.
Questionnée sur les raisons qui l’ont poussé à faire connaître publiquement sa position alors que les autres membres du conseil observent un silence embarrassé, la conseillère répond : « Par respect pour les citoyens et aussi parce que c’est mon devoir de le faire. J’aurais souhaité l’exprimer plus tôt, mais je n’avais pas la possibilité de le faire. J’ai donc choisi de le faire maintenant, à travers cette démarche. » Elle poursuit du même souffle : « J’ai les pieds solidement ancrés dans mes convictions. Je suis en paix avec ma position et prête à en assumer la portée. Pour moi, l’essentiel, c’est d’être conséquente avec mes valeurs. » Mme Barbeau se dit de plus très sensible au sentiment d’impatience exprimé par les citoyens et croit que les conseillers tardent trop à réagir : « L’attente, c’est assez. C’est le droit des citoyens de savoir ce qui se passe. C’est eux qui nous ont élus. C’est une simple question de respect. »
Nous savons qu’une enquête interne sur les agissements de M. Mongeau sera menée par le cabinet d’avocats Prévost, Fortin, D’Aoust, une firme associée à la Ville de Sainte-Adèle. La conseillère Barbeau refuse de commenter cette enquête, mais soutient toutefois que ses conclusions ne changeront rien à sa position : « Que les résultats soient favorables ou non à M. Mongeau ne changera rien à ma décision. Il doit partir. »
La conseillère Josée Barbeau est présidente de la commission Plein air et environnement, de la Société du parc régional (SOPRÉ) et membre du comité aviseur en environnement. Fervente partisane de la démocratie participative, elle croit en une approche plus ouverte de la politique municipale où le citoyen serait au centre des préoccupations. Plusieurs de ses positions divergent de celles du conseil municipal, notamment en ce qui a trait au développement immobilier : « Nous sommes arrivés à un point où il faut se repositionner, revoir certaines approches, par exemple, celle du développement immobilier. Nous devons réfléchir aux moyens qui permettront un développement plus harmonieux pour ceux et celles qui vivent à Sainte-Adèle. »
La sortie publique de la conseillère Barbeau aura-t-elle un effet d’entraînement sur les autres membres du conseil? Seul l’avenir nous le dira. Une chose est certaine : l’administration Cardinal vit une période charnière de son histoire et la prise de position publique de la conseillère Barbeau en ouvre un nouveau chapitre.
Bref rappel des événements
Le 22 juin dernier, Accès rendait publics des documents reçus à ses bureaux, qui pourraient démontrer qu’André Mongeau, directeur général de la Ville de Sainte-Adèle, avait l’utilisation d’une voiture enregistrée au nom d’Attitude Nord, un promoteur bien connu à Sainte-Adèle.
L’employé municipal affirmait alors qu’il existait une entente écrite de sous-location entre lui et le promoteur et qu’il effectuait des paiements mensuels en comptant. Document qui figurait dans l’article publié dans l’Accès.
Le maire Cardinal annonce dans les hebdos locaux la démission volontaire du fonctionnaire. Quelques jours plus tard, M. Mongeau publiait, de son propre chef, un communiqué signé de sa main et affichant les couleurs de la Ville qui contredisait l’annonce de son départ.
Troisième retournement : par voix de communiqué, le maire Cardinal maintient sa version des faits et réaffirme que le directeur général avait bel et bien annoncé sa démission volontaire. Il déclare également que l’avenir de M. Mongeau est désormais entre les mains du conseil.
La firme d’avocats Prévost, Fortin, D’Aoust a été mandatée pour mener une enquête interne sur les agissements du directeur général de la Ville.
Article publié dans le journal Accès, édition du 3 août 2007
Texte et photo : André Bérard
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Affaires municipales,
Publié dans Accès
12 avril 2007
Paradoxe d’Abilène: Tout le monde est d’accord, personne n’est satisfait
C’est lors de discussions entre blogueurs adélois que M. Veilleux, entrepreneur du parc d’affaires La Rolland, et moi avons pour la première fois évoqué le paradoxe d’Abilène afin d’expliquer comment bon nombre de décideurs adélois qui, en coulisse, nous exprimaient leur opposition à certaines positions de la Ville ou de la Chambre de commerce, pouvaient ensuite se contredire publiquement en défendant ces mêmes positions. Le paradoxe d’Abilène tire son nom d’une petite ville du Texas, Abilène, qui a servi de théâtre au sociologue Jerry Harvey pour l’élaboration d’une parabole illustrant comment un groupe d’individus arrive à prendre une décision qui semble satisfaire le groupe, mais qui finalement se révèle décevante pour chacun des membres (voir la parabole).
La parabole
Par une journée de chaleur accablante, quatre personnes de la petite ville de Coleman au Texas, situé à environ 85 kilomètres d’Abilène, se prélassent sur une véranda. Sous la faible brise d’un ventilateur paresseux, ils jouent aux dominos et sirotent de la limonade. Une des personnes propose alors qu’ils se rendent tous à Abilène prendre un repas dans une caféteria de la ville. Chacun trouvant que c’est une mauvaise idée accepte pourtant la proposition croyant que l’idée plaît aux autres membres du groupe. Le trajet s’avère épouvantable. La vieille Buick qui les transporte n’est pas climatisée. La poussière s’engouffre par les fenêtres ouvertes et colle à leur visage en sueur. Une fois à destination, ils prennent un repas exécrable et s’embarquent ensuite pour le chemin du retour et avalent pour la seconde fois de la journée poussière et kilomètres dans une voiture transformée en étuve. Ce n’est qu’une fois de retour à Coleman que tous ont finalement avoué qu’ils n’avaient pas envie d’aller à Abilène. Ils y sont allés simplement parce que chacun croyait que les autres membres du groupe souhaitaient vraiment prendre ce repas à Abilène. Évidemment, ils s’accusaient mutuellement pour ce manque de communication.
Le paradoxe d’Abilène est le dénominateur commun aux dynamiques que nous observons chez les décideurs adélois. Il nous permet de relier les points entre eux et de mieux comprendre certaines situations qui nous apparaissent trop souvent contradictoires.
Au plan individuel, la bonne volonté est manifeste chez la plupart des décideurs adélois. C’est au niveau des groupes qu’il y a, selon nous, achoppement. Observer un phénomène est une chose. Le comprendre et l’expliquer en est une autre. Ne dit-on pas qu’il est plus facile de combattre ce qui est nommé? Le paradoxe d’Abilène nous permet de passer du mode pourquoi au mode comment. Il nous permet surtout de poser un regard plus éclairé sur les contradictions que nous observons chez les intervenants sociaux économiques adélois.
Bien qu’il y soit très présent, le paradoxe d’Abilène n’est pas le propre de la Ville de Sainte-Adèle. On le rencontre également à des échelles plus réduites, celle de la famille, d’un groupe de travail ou d’amis. Nous avons tous, sans être en mesure de le nommer, été aux prises avec le paradoxe d’Abilène. Dès que l’on est contraint d’agir en groupe à l’encontre de nos valeurs ou de nos convictions personnelles, nous avons en main notre billet pour Abilène. Dilemme, inconfort et frustration seront du voyage.
Dans son cahier de recherche Autopsie d’un fiasco organisationnel : les applications du paradoxe d’Abilène à une entreprise familiale, Gérard Ouimet, des HEC de Montréal, nous explique comment le paradoxe prend naissance : « Un membre du groupe lance une proposition que vous cautionnez publiquement en dépit de sérieuses réserves envahissant votre for intérieur. Animé par la peur d’être rejeté par les membres du groupe ou par l’envie de leur faire plaisir, vous vous joignez à eux dans la poursuite d’un projet vous apparaissant, personnellement, saugrenu, voire carrément insensé ». Il ajoute plus loin : « Le paradoxe d’Abilène met en exergue le fait que des personnes raisonnables et sensées puissent, au contact des membres d’un groupe, commettre de leur propre gré, des actions insensées et contraignantes. En somme, les victimes du paradoxe d’Abilène font carrément le contraire de ce qu’ils veulent faire ».
Progressivement, les victimes du paradoxe d’Abilène se détachent des décisions prises par le groupe et s’enferment dans un rôle d’exécutant. Évoluant dans un contexte où leurs points de vue et leurs compétences peuvent difficilement peser dans la balance, ils sont en proie à l’insatisfaction, la frustration, la colère et voient se multiplier les conflits interpersonnels. L’asphyxie des projets collectifs, l’improductivité des décideurs et le désengagement des citoyens sont autant de fardeaux lourds à porter pour une communauté aux prises avec le paradoxe.
Dans son cahier de recherche, Ouimet nous met également en garde contre les impacts négatifs d’une prise de décision altéré par le paradoxe d’Abilène. Les projets qui obtiennent un consensus rapide, sans opposition, sont voués à l’échec à plus ou moins brève échéance: « Lorsque confrontés à l’obtention facile et rapide d’une adhésion générale, les gestionnaires avisés éviteront de l’entériner illico. Le consensus si spontanément obtenu n’est peut-être qu’un écran de fumée dissimulant de profondes réticences et divergences d’idées dont certaines peuvent se révéler bien fondées ».
Certains facteurs, comme l’homogénéité, l’hermétisme et le manque de diversité au sein d’une collectivité accélèrent l’apparition du paradoxe et favorisent l’adoption de positions rigides et réductionnistes. Le dossier du parc d’affaires La Rolland et celui de la commercialisation de l’Îlot Grignon, ne sont que deux exemples où nous observons depuis plus d’un an les effets pervers du paradoxe d’Abilène. Dans ces dossiers, les discours du groupe de décideurs et celui des individus qui le composent se contredisent à un point tel qu’ils nous plongent dans un état de consternation. Nous ne comptons plus les occasions où une personne qui nous livrait des informations importantes concernant ces dossiers concluait en nous demandant de ne jamais la citer ni même de mentionner qu’elle nous avait parlé, de peur d’être ostracisée par le groupe. Pourtant, les points soulevés lors de ces discussions étaient d’une importance capitale pour la communauté. À l’évidence, il s’agit ici d’un cas avéré de paradoxe d’Abilène.
En partageant le fruit de nos réflexions, nous souhaitons amener les décideurs qui vivent en plein paradoxe à prendre conscience du phénomène afin de l’endiguer et de contrer ses effets négatifs. Le paradoxe d’Abilène nous invite à une remise en question sanitaire. Nous devons impérativement nous libérer de l’illusion de l’unanimité. La critique constructive doit occuper plus de place au sein de la communauté adéloise ou la contestation semble être perçue comme un outrage à magistrat. Le choc des idées est de loin préférable à une paix artificielle.
Le consensus à tout prix, à n’importe quel prix, c’est le consensus mou, obstacle à tout progrès économique et social. Dans son ouvrage Les décisions absurdes, Christian Morel va jusqu’à parler de mauvaise gouvernance : « La pensée molle mène à une mauvaise gouvernance. Les adeptes du consensus mou donnent leur accord à tout prix parce qu'il faut un consensus à tout prix. Le problème ne se règle qu'en surface. Les adeptes du consensus mou n'acceptent pas les conflits ouverts. Le consensus mou ne mène nulle part, sauf à une paix sociale temporaire.
Afin de mettre en échec le consensus mou, il faut combattre deux erreurs : la pensée évasive sur les objectifs et le manque d'évaluation intelligente et continue. La mauvaise gouvernance découle de ces deux erreurs ».
Nous souhaitons que la ville de Sainte-Adèle émerge du nuage de morosité qui l’enveloppe. Nous souhaitons jouer un rôle actif dans son développement socio-économique. Les décideurs adélois doivent s’affranchir du paradoxe d’Abilène et s’exprimer enfin librement et sans crainte pour le plus grand bien de la communauté.
Quittons Abilène et reprenons la route pour Sainte-Adèle. Même si le chemin du retour s’annonce sinueux, la destination en vaut la peine.
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Publié dans Accès
16 mars 2007
Quincaillerie Théoret
Cet article a été rédigé pour le journal Accès. Il est publié dans l'édition du vendredi 16 mars 2007. Ce fut un grand plaisir pour moi d'écrire ce texte sur M. Théoret, un quincaillier comme il ne s'en fait plus, à mon avis.
Une bonne nouvelle en attire une autre
Menacé d’être vendue pour des raisons de santé, la quincaillerie Théoret, véritable institution à Sainte-Adèle, annonce aujourd’hui un agrandissement dès le printemps 2007.
Ouverte en 1955, la quincaillerie Théoret est de l’avis de la plupart des Adélois, un incontournable à Sainte-Adèle. Plus qu’une simple quincaillerie, elle évoque la belle époque du magasin général où se rencontraient les villageois pour discuter des affaires du village.
En 2006, M. Théoret apprenait qu’il était atteint d’une grave maladie. Période sombre pour lui, sa famille et les employés de l’entreprise. La menace de la possibilité de la vente de la quincaillerie planait au-dessus du 1365 boulevard Sainte-Adèle. Menace qui heureusement s’est dissipée, car l’homme est arrivé à museler la bête qui le rongeait. Comme les malheurs, les bonnes nouvelles n’arrivent jamais seules. M. Théoret annonce aujourd’hui qu’il ajoutera 1 152 pieds carrés à la surface de sa quincaillerie. De plus, l’entreprise restera la propriété de la famille puisque sa fille et son petit-fils prendront progressivement la relève ce qui, manifestement, remplit l’homme de fierté. Travailleur acharné, M. Théoret a consacré sa vie à son commerce et la perspective de devoir passer le témoin à des inconnus lui répugnait.
Le Quincaillier érudit
Non content d’être un authentique quincaillier de l’ancienne école, M. Théoret est également un érudit, et surtout, un inconditionnel du terme juste. Patentes, trucs et machins ne font pas partie de son lexique. Si vous ne savez pas ce que vous cherchez, lui il le sait. Il connaît même le terme exact de votre bidule « en français, en anglais et même en espagnol », ajoute-t-il.
L’érudition du quincaillier étonne et déborde largement la sphère des vis, perceuses et forets. Ainsi, lors d’une visite, un client apprenait qu’un monadnock est un relief résiduel d’une pénéplaine, lui qui cherchait simplement une patente à machin pour sa chasse d’eau.
Inénarrable pince-sans-rire, son humour est un outil dangereusement efficace qu’il utilise toujours à point nommé. Un jour, un client lui demande quel était son meilleur prix : « mon meilleur prix, c’est le prix le plus élevé ». Chaque visite à la quincaillerie permet de savourer le sens de l’humour et la répartie de cet inimitable quincaillier.
La fidélité de la clientèle est sans faille. Un client m’a affirmé que selon lui : « la quincaillerie Théoret, c’est le benchmark du service à la clientèle ». Il ajoute : « Quand je pense à Sainte-Adèle, je pense au lac Rond, au pain fesse de la boulangerie et à la quincaillerie Théoret. Ma fin de semaine n’est pas complète si je ne vais pas faire un tour chez M. Théoret. Chaque visite à son commerce renforce le sens de la communauté ».
À une époque où le visage de Sainte-Adèle change à la vitesse grand V, la quincaillerie Théoret témoigne de l’attachement des Adélois à ses symboles, à ses valeurs ainsi qu’à son patrimoine commercial. L’agrandissement de la quincaillerie Théoret est une bonne nouvelle, car elle confirme qu’il est possible de développer en respectant l’essence et l’âme d’une communauté.
Photo: André Bérard
Une bonne nouvelle en attire une autreMenacé d’être vendue pour des raisons de santé, la quincaillerie Théoret, véritable institution à Sainte-Adèle, annonce aujourd’hui un agrandissement dès le printemps 2007.
Ouverte en 1955, la quincaillerie Théoret est de l’avis de la plupart des Adélois, un incontournable à Sainte-Adèle. Plus qu’une simple quincaillerie, elle évoque la belle époque du magasin général où se rencontraient les villageois pour discuter des affaires du village.
En 2006, M. Théoret apprenait qu’il était atteint d’une grave maladie. Période sombre pour lui, sa famille et les employés de l’entreprise. La menace de la possibilité de la vente de la quincaillerie planait au-dessus du 1365 boulevard Sainte-Adèle. Menace qui heureusement s’est dissipée, car l’homme est arrivé à museler la bête qui le rongeait. Comme les malheurs, les bonnes nouvelles n’arrivent jamais seules. M. Théoret annonce aujourd’hui qu’il ajoutera 1 152 pieds carrés à la surface de sa quincaillerie. De plus, l’entreprise restera la propriété de la famille puisque sa fille et son petit-fils prendront progressivement la relève ce qui, manifestement, remplit l’homme de fierté. Travailleur acharné, M. Théoret a consacré sa vie à son commerce et la perspective de devoir passer le témoin à des inconnus lui répugnait.
Le Quincaillier érudit
Non content d’être un authentique quincaillier de l’ancienne école, M. Théoret est également un érudit, et surtout, un inconditionnel du terme juste. Patentes, trucs et machins ne font pas partie de son lexique. Si vous ne savez pas ce que vous cherchez, lui il le sait. Il connaît même le terme exact de votre bidule « en français, en anglais et même en espagnol », ajoute-t-il.
L’érudition du quincaillier étonne et déborde largement la sphère des vis, perceuses et forets. Ainsi, lors d’une visite, un client apprenait qu’un monadnock est un relief résiduel d’une pénéplaine, lui qui cherchait simplement une patente à machin pour sa chasse d’eau.
Inénarrable pince-sans-rire, son humour est un outil dangereusement efficace qu’il utilise toujours à point nommé. Un jour, un client lui demande quel était son meilleur prix : « mon meilleur prix, c’est le prix le plus élevé ». Chaque visite à la quincaillerie permet de savourer le sens de l’humour et la répartie de cet inimitable quincaillier.
La fidélité de la clientèle est sans faille. Un client m’a affirmé que selon lui : « la quincaillerie Théoret, c’est le benchmark du service à la clientèle ». Il ajoute : « Quand je pense à Sainte-Adèle, je pense au lac Rond, au pain fesse de la boulangerie et à la quincaillerie Théoret. Ma fin de semaine n’est pas complète si je ne vais pas faire un tour chez M. Théoret. Chaque visite à son commerce renforce le sens de la communauté ».
À une époque où le visage de Sainte-Adèle change à la vitesse grand V, la quincaillerie Théoret témoigne de l’attachement des Adélois à ses symboles, à ses valeurs ainsi qu’à son patrimoine commercial. L’agrandissement de la quincaillerie Théoret est une bonne nouvelle, car elle confirme qu’il est possible de développer en respectant l’essence et l’âme d’une communauté.
Photo: André Bérard
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Publié dans Accès
23 février 2007
La Boréale, une bière plus verte
MISE À JOUR DANS LES COMMENTAIRES
Article publié dans le journal Accès, édition du 23 février 2007, page 14
Au départ, j’avais l’intention d’intituler cet article : la femme qui aimait les arbres. Lors de la visite de la brasserie en compagnie de la présidente, Mme Urtnowski, j’ai été fortement impressionné par l’amour que cette femme porte aux arbres et à l’environnement.
Bonne lecture.
Fabriquée avec du houblon et de la bonne volonté
Trop souvent, les entreprises accordent très peu de budget et d’énergie aux considérations environnementales dans leurs plans de développement. Généralement, c’est l’argument économique qui l’emporte. Les brasseurs du Nord, cette microbrasserie de Blainville, s’inscrit en faux contre cette logique purement économique. Laura Urtnowski, présidente de l’entreprise explique : « Nous brassons des bières de qualité supérieure, faites d’ingrédients entièrement naturels. Il va donc de soi que la poursuite de notre croissance se fasse sous le signe du respect de la nature et de l’environnement. »
La microbrasserie a investit 5 M$ dans l’ajout de 25 000 pieds carrés d’espace d’entreposage et de production et dans la mise à niveau éconergétique des ses installations. Le plan directeur du projet prévoyait des mesures spéciales visant à minimiser l’impact environnemental des travaux d’agrandissement. Ainsi, la présidente a ait appel aux services d’un ingénieur forestier afin de baliser le va-et-vient de la machinerie lourde et ainsi réduire l’impact des travaux sur le boisé avoisinant le nouveau bâtiment. Près d’une quarantaine d’arbres ont été transplantés pour permettre la coulée des fondations. Une pruche centenaire ne pouvant être déplacée, on a modifié les plans initiaux afin de la contourner.
Une autre série de mesures ont été mises de l’avant, cette fois concernant l’efficacité énergétique du bâtiment. Plusieurs technologies d’avant-garde ont été utilisées par les concepteurs, dont un mur solaire, la géothermie et la récupération de chaleur provenant du système de refroidissement des cuves.
Trinquer c’est voter
Acheter un produit Boréale, c’est voter. Voter pour de bonnes pratiques commerciales, pour des procédés de fabrication qui respectent le plus possible l’environnement. Les Brasseurs du Nord s’inscrivent dans ce courant émergeant d’entreprises qui intègrent les valeurs du commerce équitable et responsable dans leurs activités commerciales. La microbrasserie fournit chaque année quelque 1,2 million de verres fait de plastique recyclable. Ce qui représente pour l’entreprise un coût de 25 % supérieur à celui des verres non recyclables généralement utilisés. Elle a également versé une subvention de 60 000 $ à des scientifiques pour le recensement des ours polaires du sud de la baie d’Hudson. Cette étude a pour but d’évaluer l’effet des changements climatiques sur les populations d’ours polaires.
Fondée en 1987, la microbrasserie Les Brasseurs du Nord, est de propriété québécoise exclusive. Située à Blainville, dans un édifice de 55 000 pieds carrés, l’entreprise emploie près d’une centaine de personnes.
Elle fabrique, sous l’étiquette Boréale, six bières de type ale, soit la Boréale Rousse, la Boréale Blonde, la Boréale Cuivrée, la Boréale Noire, la Boréale Dorée et, plus récemment, la Boréale Blanche. Les brasseurs de la Boréale ont d’ailleurs été les premiers à offrir la bière rousse aux Québécois.
Soulignons en terminant que les bières de la famille Boréale sont brassées à partir d’ingrédients entièrement naturels et sont distribuées en exclusivité au Québec. La microbrasserie de Blainville produit annuellement 70 000 hectolitres de bière, soit l’équivalent de 850 000 caisses de vingt-quatre bouteilles.
Article publié dans le journal Accès, édition du 23 février 2007, page 14
Au départ, j’avais l’intention d’intituler cet article : la femme qui aimait les arbres. Lors de la visite de la brasserie en compagnie de la présidente, Mme Urtnowski, j’ai été fortement impressionné par l’amour que cette femme porte aux arbres et à l’environnement.
Bonne lecture.
Fabriquée avec du houblon et de la bonne volonté
Trop souvent, les entreprises accordent très peu de budget et d’énergie aux considérations environnementales dans leurs plans de développement. Généralement, c’est l’argument économique qui l’emporte. Les brasseurs du Nord, cette microbrasserie de Blainville, s’inscrit en faux contre cette logique purement économique. Laura Urtnowski, présidente de l’entreprise explique : « Nous brassons des bières de qualité supérieure, faites d’ingrédients entièrement naturels. Il va donc de soi que la poursuite de notre croissance se fasse sous le signe du respect de la nature et de l’environnement. » La microbrasserie a investit 5 M$ dans l’ajout de 25 000 pieds carrés d’espace d’entreposage et de production et dans la mise à niveau éconergétique des ses installations. Le plan directeur du projet prévoyait des mesures spéciales visant à minimiser l’impact environnemental des travaux d’agrandissement. Ainsi, la présidente a ait appel aux services d’un ingénieur forestier afin de baliser le va-et-vient de la machinerie lourde et ainsi réduire l’impact des travaux sur le boisé avoisinant le nouveau bâtiment. Près d’une quarantaine d’arbres ont été transplantés pour permettre la coulée des fondations. Une pruche centenaire ne pouvant être déplacée, on a modifié les plans initiaux afin de la contourner.
Une autre série de mesures ont été mises de l’avant, cette fois concernant l’efficacité énergétique du bâtiment. Plusieurs technologies d’avant-garde ont été utilisées par les concepteurs, dont un mur solaire, la géothermie et la récupération de chaleur provenant du système de refroidissement des cuves.
Trinquer c’est voter
Acheter un produit Boréale, c’est voter. Voter pour de bonnes pratiques commerciales, pour des procédés de fabrication qui respectent le plus possible l’environnement. Les Brasseurs du Nord s’inscrivent dans ce courant émergeant d’entreprises qui intègrent les valeurs du commerce équitable et responsable dans leurs activités commerciales. La microbrasserie fournit chaque année quelque 1,2 million de verres fait de plastique recyclable. Ce qui représente pour l’entreprise un coût de 25 % supérieur à celui des verres non recyclables généralement utilisés. Elle a également versé une subvention de 60 000 $ à des scientifiques pour le recensement des ours polaires du sud de la baie d’Hudson. Cette étude a pour but d’évaluer l’effet des changements climatiques sur les populations d’ours polaires.
Fondée en 1987, la microbrasserie Les Brasseurs du Nord, est de propriété québécoise exclusive. Située à Blainville, dans un édifice de 55 000 pieds carrés, l’entreprise emploie près d’une centaine de personnes.Elle fabrique, sous l’étiquette Boréale, six bières de type ale, soit la Boréale Rousse, la Boréale Blonde, la Boréale Cuivrée, la Boréale Noire, la Boréale Dorée et, plus récemment, la Boréale Blanche. Les brasseurs de la Boréale ont d’ailleurs été les premiers à offrir la bière rousse aux Québécois.
Soulignons en terminant que les bières de la famille Boréale sont brassées à partir d’ingrédients entièrement naturels et sont distribuées en exclusivité au Québec. La microbrasserie de Blainville produit annuellement 70 000 hectolitres de bière, soit l’équivalent de 850 000 caisses de vingt-quatre bouteilles.
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29 décembre 2006
Je zappe, donc je fuis
Article publié dans le journal Accès, éditions du 22 et 29 décembre 2006
L’impact des nouvelles technologies des communications et de l’information sur nos conversations.
Un café coin pie-IX et Ontario. J’y ai rendez-vous avec Jici Lauzon pour une entrevue portant sur le sujet de son mémoire de maîtrise. Pour tromper l’attente, j’essaie de saisir les dialogues des tables voisines derrière l’écran sonore produit par le sifflement de la machine à café et la musique d’ambiance trop forte. Je capte quelques bribes de conversations, des éclats de rire. On dirait une radio détraquée qui saute d’une chaîne à l’autre à une vitesse folle. Ma curiosité butine avidement de table en table dans l’espoir d’attraper un bout de phrase croustillant. Je réalise que je zappe. Le zapping, Jici en a long à dire sur le sujet et il vient justement d’arriver.
Le zapping et les effets des nouvelles technologies des communications et de l’information sur nos conversations. Un sujet singulier qui a été inspiré par une phrase entendue au hasard et qui disait : les jeunes ne terminent plus leurs phrases à cause du zapping. C’est ce qui a tout déclenché : « les gadgets électroniques changent notre façon de nous parler. Pour moi, c’est évident. À travers tous ces gadgets, notre conversation est désincarnée. Jamais le mot, le verbe, la phrase n’ont été aussi éloignés de la personne qui émet qu’à notre époque. De plus en plus, les gens s’expriment via les courriels, le clavardage, le téléphone cellulaire. »
Je zappe, donc je fuis
La zappette a imposé un rythme et une durée aux messages que nous recevons. Elle a influencé la manière dont nous conversons. Il faut faire vite, surtout, il faut dire vite, de peur de se faire zapper : « ce raccourcissement des messages est parallèle à d’autres rétrécissements de temps que l’on observe dans le quotidien. Les phrases que l’on entend le plus souvent sont : le temps nous presse, on n’a pas le temps, rapidement s’il vous plaît, en quelques secondes. » La zapette, ennemie numéro des publicitaires, a contraint ces derniers à s’adapter à l’impatience de ce pouce fébrile : « les publicités d’une minute sont passées à trente secondes puis à quinze secondes et même des deux fois cinq secondes. En Europe, il y a même des publicités d’une seconde. Ce ne sont que des clins d’œil, des rappels de marques.»
L’humour n’échappe pas à cette impatience : « cette accélération de la trame du temps se traduit par la grande popularité des one liner. » Pas étonnant que l’humoriste qui a la plus grosse cote en ce moment soit celui qui parle le plus vite. Le One Liner, c’est une histoire complète en quelques mots. Jici les connaît bien, il les a disséqués : « On craint que les gens s’impatientent, qu’ils se désintéressent. On exige maintenant de nos interlocuteurs qu’ils mettent eux aussi des punchs dans leurs conversations. J’ai parfois l’impression que lorsque les gens parlent, certains cherchent la manette pour appuyer sur l’avance rapide, sur stop ou même sur éjecter! les nouveaux outils de communication imposent un rythme, un souffle que tout le monde n’a pas. Ceux qui ne parlent pas assez vite se taisent de peur de se faire zapper.»
Un smog d’informations
La multiplication des moyens de communication a décuplé la quantité d’informations disponibles : « L’esprit moyen n’est pas équipé pour gérer cette masse d’information qui peu, dans certains cas, se traduire par un emprisonnement dans une vision du monde qui est fausse », nous dit l’humoriste qui souligne que : « au 17e siècle, une personne pouvait encore prétendre avoir tout lu. Aujourd’hui, dans une édition dominicale du New York Time, il y a plus d’information qu’une personne du 17e siècle pouvait en obtenir durant toute sa vie. » Cette abondance de données ébranle notre capacité à prendre des décisions : « La surabondance d’informations complique les choix de consommation, les choix de vie. On est jamais tout à fait sûr de faire le bon choix. On a toujours l’impression qu’on aurait pu faire mieux, qu’on a manqué quelque chose. » Cette surcharge d’information fragmente la pensée et réduit notre capacité à lier, de façon cohérente, les messages qui nous assaillent quotidiennement. Malheureusement, cette malbouffe nous laisse le ventre creux et nous pousse à engloutir davantage d’informations, croyant ainsi combler un vide qui ne cesse de s’agrandir.
Allô, t’es où ?
Cette question, entendue mille fois, illustre bien le fait que nous communiquons de plus en plus par le seul truchement des nouveaux gadgets. Notre interlocuteur n’est plus là physiquement : « Nous sommes en train de perdre la conversation en face à face. Il y a des dangers à ça. »
Dans son livre Why We Don't Talk To Each Other Anymore, John l. locke nous parle de tout ce que l’on perd à ne plus nous parler en direct, face-à-face. L’auteur soutient que si nous sommes si friands de ces nouveaux gadgets de communication, c’est parce que nous avons toujours eu peur du face-à-face. C’est une peur naturelle et inhérente à notre nature. Nous fuyons la confrontation avec l’interlocuteur. Le clavardage en est un bon exemple. Nous avons un contrôle sur la conversation. Nous pouvons y mettre fin à tout moment d’un simple clic de souris.
« C’est ça le but de mon mémoire » nous précise Jici: « attirer l’attention des gens sur ce phénomène, leur dire : attention, soyons vigilants. Nous nous enfermons de plus en plus dans les différents médias et nous perdons ainsi notre capacité à parler en direct. Le décodage de la gestuelle de l’interlocuteur, son langage non verbal, son souffle, le ton, le timbre de sa voix sont autant d’éléments qui enrichissent une conversation. Nous sommes naturellement habileté à décoder ce langage parallèle. Son absence prive la conversation d’une dimension humaine essentielle. Regarder les autres parler, c’est mieux les comprendre. À force de ne pas utiliser notre compétence à décoder le langage non verbal, nous devenons de moins en moins aptes à communiquer. »
Les nouveaux gadgets de communication donnent le don d’ubiquité. Don qui souvent se transforme en lacune : « vous êtes au resto avec un ami, un appel sur le téléphone cellulaire vous précipite dans une autre conversation, elle-même interrompue par un appel en attente. Lorsque vous revenez, vous avez perdu le fil. Vous pouvez être virtuellement à trois endroits différents. » Ironiquement, durant l’entrevue, Jici a reçu un appel sur son téléphone cellulaire. Appel qu’il a pris en me disant : « tu vois, même moi je suis accro. »
Pas prétentieux, ce Jici. Il se défend bien d’être moraliste ou de s’exclure de son propos. Simplement, il s’inquiète, et à juste titre, des dérives des nouvelles technologies et des impacts sur notre besoin fondamental d’établir des contacts réels avec nos semblables : « le seul contact virtuel ne suffit pas. Les gens ont besoin de parler, d’entendre le timbre d’une voix, même si la conversation erre sans but. Pour l’être humain, le son de la voix est réconfortant, rassurant. Malheureusement, les gens communiquent de plus en plus par le truchement des nouveaux médias électroniques et de moins en moins en face à face. Nous mangeons vite, les repas en famille sont moins fréquents, les occasions permettant de lier conversation avec nos proches sont malheureusement devenues une denrée rare. »
Sujet captivant, qui nous laisse d’autres choix que celui de déposer la zappette et d’écouter, pour une fois, jusqu’au bout. Une fois l’entrevue terminée, sur le chemin du retour, je me suis dit : « voilà un être attachant, éminemment sympathique, passionné et passionnant. » Véritable touche-à-tout, il a cette fois mis la main sur un sujet dont nous ne faisons qu’entrevoir toute la portée.
Jici Lauzon est à compléter son mémoire de maîtrise. Il donne également des conférences sur le sujet. Pour en savoir plus : Martine Meilleur communication : 514 322-6321
Vous pourrez également l’écouter sur les ondes du 98,5 à l’émission Coupe-feu, en remplacement de Stéphane Gendron, les 27, 28 et 29 décembre prochains et les 3, 4 et 5 janvier 2007.
Jici est aussi collaborateur à l’émission Bazzo tv, dans la chronique Essais, diffusée sur les ondes de Téléquébec.
Photos : André Bérard
L’impact des nouvelles technologies des communications et de l’information sur nos conversations.
Un café coin pie-IX et Ontario. J’y ai rendez-vous avec Jici Lauzon pour une entrevue portant sur le sujet de son mémoire de maîtrise. Pour tromper l’attente, j’essaie de saisir les dialogues des tables voisines derrière l’écran sonore produit par le sifflement de la machine à café et la musique d’ambiance trop forte. Je capte quelques bribes de conversations, des éclats de rire. On dirait une radio détraquée qui saute d’une chaîne à l’autre à une vitesse folle. Ma curiosité butine avidement de table en table dans l’espoir d’attraper un bout de phrase croustillant. Je réalise que je zappe. Le zapping, Jici en a long à dire sur le sujet et il vient justement d’arriver. Le zapping et les effets des nouvelles technologies des communications et de l’information sur nos conversations. Un sujet singulier qui a été inspiré par une phrase entendue au hasard et qui disait : les jeunes ne terminent plus leurs phrases à cause du zapping. C’est ce qui a tout déclenché : « les gadgets électroniques changent notre façon de nous parler. Pour moi, c’est évident. À travers tous ces gadgets, notre conversation est désincarnée. Jamais le mot, le verbe, la phrase n’ont été aussi éloignés de la personne qui émet qu’à notre époque. De plus en plus, les gens s’expriment via les courriels, le clavardage, le téléphone cellulaire. »
Je zappe, donc je fuis
La zappette a imposé un rythme et une durée aux messages que nous recevons. Elle a influencé la manière dont nous conversons. Il faut faire vite, surtout, il faut dire vite, de peur de se faire zapper : « ce raccourcissement des messages est parallèle à d’autres rétrécissements de temps que l’on observe dans le quotidien. Les phrases que l’on entend le plus souvent sont : le temps nous presse, on n’a pas le temps, rapidement s’il vous plaît, en quelques secondes. » La zapette, ennemie numéro des publicitaires, a contraint ces derniers à s’adapter à l’impatience de ce pouce fébrile : « les publicités d’une minute sont passées à trente secondes puis à quinze secondes et même des deux fois cinq secondes. En Europe, il y a même des publicités d’une seconde. Ce ne sont que des clins d’œil, des rappels de marques.»
L’humour n’échappe pas à cette impatience : « cette accélération de la trame du temps se traduit par la grande popularité des one liner. » Pas étonnant que l’humoriste qui a la plus grosse cote en ce moment soit celui qui parle le plus vite. Le One Liner, c’est une histoire complète en quelques mots. Jici les connaît bien, il les a disséqués : « On craint que les gens s’impatientent, qu’ils se désintéressent. On exige maintenant de nos interlocuteurs qu’ils mettent eux aussi des punchs dans leurs conversations. J’ai parfois l’impression que lorsque les gens parlent, certains cherchent la manette pour appuyer sur l’avance rapide, sur stop ou même sur éjecter! les nouveaux outils de communication imposent un rythme, un souffle que tout le monde n’a pas. Ceux qui ne parlent pas assez vite se taisent de peur de se faire zapper.»
Un smog d’informations
La multiplication des moyens de communication a décuplé la quantité d’informations disponibles : « L’esprit moyen n’est pas équipé pour gérer cette masse d’information qui peu, dans certains cas, se traduire par un emprisonnement dans une vision du monde qui est fausse », nous dit l’humoriste qui souligne que : « au 17e siècle, une personne pouvait encore prétendre avoir tout lu. Aujourd’hui, dans une édition dominicale du New York Time, il y a plus d’information qu’une personne du 17e siècle pouvait en obtenir durant toute sa vie. » Cette abondance de données ébranle notre capacité à prendre des décisions : « La surabondance d’informations complique les choix de consommation, les choix de vie. On est jamais tout à fait sûr de faire le bon choix. On a toujours l’impression qu’on aurait pu faire mieux, qu’on a manqué quelque chose. » Cette surcharge d’information fragmente la pensée et réduit notre capacité à lier, de façon cohérente, les messages qui nous assaillent quotidiennement. Malheureusement, cette malbouffe nous laisse le ventre creux et nous pousse à engloutir davantage d’informations, croyant ainsi combler un vide qui ne cesse de s’agrandir.
Allô, t’es où ?
Cette question, entendue mille fois, illustre bien le fait que nous communiquons de plus en plus par le seul truchement des nouveaux gadgets. Notre interlocuteur n’est plus là physiquement : « Nous sommes en train de perdre la conversation en face à face. Il y a des dangers à ça. »
Dans son livre Why We Don't Talk To Each Other Anymore, John l. locke nous parle de tout ce que l’on perd à ne plus nous parler en direct, face-à-face. L’auteur soutient que si nous sommes si friands de ces nouveaux gadgets de communication, c’est parce que nous avons toujours eu peur du face-à-face. C’est une peur naturelle et inhérente à notre nature. Nous fuyons la confrontation avec l’interlocuteur. Le clavardage en est un bon exemple. Nous avons un contrôle sur la conversation. Nous pouvons y mettre fin à tout moment d’un simple clic de souris.
« C’est ça le but de mon mémoire » nous précise Jici: « attirer l’attention des gens sur ce phénomène, leur dire : attention, soyons vigilants. Nous nous enfermons de plus en plus dans les différents médias et nous perdons ainsi notre capacité à parler en direct. Le décodage de la gestuelle de l’interlocuteur, son langage non verbal, son souffle, le ton, le timbre de sa voix sont autant d’éléments qui enrichissent une conversation. Nous sommes naturellement habileté à décoder ce langage parallèle. Son absence prive la conversation d’une dimension humaine essentielle. Regarder les autres parler, c’est mieux les comprendre. À force de ne pas utiliser notre compétence à décoder le langage non verbal, nous devenons de moins en moins aptes à communiquer. »
Les nouveaux gadgets de communication donnent le don d’ubiquité. Don qui souvent se transforme en lacune : « vous êtes au resto avec un ami, un appel sur le téléphone cellulaire vous précipite dans une autre conversation, elle-même interrompue par un appel en attente. Lorsque vous revenez, vous avez perdu le fil. Vous pouvez être virtuellement à trois endroits différents. » Ironiquement, durant l’entrevue, Jici a reçu un appel sur son téléphone cellulaire. Appel qu’il a pris en me disant : « tu vois, même moi je suis accro. » Pas prétentieux, ce Jici. Il se défend bien d’être moraliste ou de s’exclure de son propos. Simplement, il s’inquiète, et à juste titre, des dérives des nouvelles technologies et des impacts sur notre besoin fondamental d’établir des contacts réels avec nos semblables : « le seul contact virtuel ne suffit pas. Les gens ont besoin de parler, d’entendre le timbre d’une voix, même si la conversation erre sans but. Pour l’être humain, le son de la voix est réconfortant, rassurant. Malheureusement, les gens communiquent de plus en plus par le truchement des nouveaux médias électroniques et de moins en moins en face à face. Nous mangeons vite, les repas en famille sont moins fréquents, les occasions permettant de lier conversation avec nos proches sont malheureusement devenues une denrée rare. »
Sujet captivant, qui nous laisse d’autres choix que celui de déposer la zappette et d’écouter, pour une fois, jusqu’au bout. Une fois l’entrevue terminée, sur le chemin du retour, je me suis dit : « voilà un être attachant, éminemment sympathique, passionné et passionnant. » Véritable touche-à-tout, il a cette fois mis la main sur un sujet dont nous ne faisons qu’entrevoir toute la portée.
Jici Lauzon est à compléter son mémoire de maîtrise. Il donne également des conférences sur le sujet. Pour en savoir plus : Martine Meilleur communication : 514 322-6321
Vous pourrez également l’écouter sur les ondes du 98,5 à l’émission Coupe-feu, en remplacement de Stéphane Gendron, les 27, 28 et 29 décembre prochains et les 3, 4 et 5 janvier 2007.
Jici est aussi collaborateur à l’émission Bazzo tv, dans la chronique Essais, diffusée sur les ondes de Téléquébec.
Photos : André Bérard
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Publié dans Accès
19 septembre 2006
L'autre visage de La Rolland

Comme promis, voici l'article publié dans le journal Accès concernant le parc d'affaires La Rolland. L'exercice a pour but de permettre aux Adélois de s'exprimer et de réagir à ce dossier d'intérêt pour la région. Sachant que les élus lisent ce carnet, je les invite également à y participer s'ils le souhaitent.
Un projet rempli de promesses
L’année 1999 marquait le lancement d’un projet prometteur pour l’économie de Sainte-Adèle. Le parc d’affaires La Rolland, aussi connu sous le nom de Vallée du multimédia, se proposait d’attirer dans les locaux de la célèbre usine de papiers, des entreprises oeuvrant dans le domaine du multimédia et des nouvelles technologies de l’information.
L’effervescence qui caractérise ce secteur d’activité prédisait le succès du projet géré par la Corporation du Parc d’affaires La Rolland, un organisme privé sans but lucratif. Le projet s’inscrivait alors dans le cadre des Carrefours des nouvelles économies (CNE), programme qui offrait des crédits d’impôt permettant à de jeunes entreprises de se lancer en affaires en allégeant leur fardeau fiscal. Le rare matériel promotionnel du parc annonce que «le Parc d’affaires La Rolland est destiné aux créateurs de demain qui y trouveront la stimulation et l’inspiration nécessaires à la réalisation de leurs projets». Les plans originaux et la vidéo promotionnelle du projet présentaient un parc moderne «en mesure d’offrir ses nouvelles infrastructures à des prix concurrentiels, et ce, dans un parc d’affaires de grande envergure. De plus, les nouvelles entreprises pourront bénéficier de l’expertise, du soutien et de la confiance des acteurs socio-économiques des Pays-d’en-Haut, dont la volonté est de contribuer au succès de nos entrepreneurs». Qu’en est-il plusieurs années plus tard? Le seul projet caressé par la majorité des entreprises visitées serait-il celui de quitter le parc dès que leurs baux arriveront à échéance? Enquête non-virtuelle sur un projet d’envergure, ses errements, les pistes de solution.
La grogne des locataires
Une visite à l’ancienne usine permet de constater l’état de délabrement des lieux: royaume des mauvaises herbes, fenêtres brisées ou placardées. Des images qui s’éloignent de l’idée que l’on se fait d’un parc d’affaires d’envergure, incubateur d’entreprises d’un domaine hautement technologique. Les locataires en ont lourd sur le coeur et accusent la Corporation de ne pas avoir livré le projet qu’ils ont acheté. La majorité des entreprises qui ont accepté de nous parler ont clairement exprimé leur profonde déception devant la tournure des événements. Leurs récriminations sont nombreuses et concernent invariablement le flou qui entoure les coulisses administratives du projet.
Éric Veilleux, président de l’entreprise Mærix, deuxième locataire à s’être installé dans l’ancienne usine, a accepté de parler ouvertement. Il ne mâche pas ses mots, accusant l’administration du parc «d’incompétence et de manque de vision». Sentiment partagé par la majorité des entreprises rencontrées, mais qui préfèrent s’exprimer sous le couvert de l’anonymat. Les locataires accusent également la corporation «d’amateurisme et de manque évident de connaissances des besoins des entreprises de ce secteur d’activités». Réseau électrique inadéquat, coupures de courant trop fréquentes, pas de génératrice pour pallier les nombreuses pannes qui représentent un véritable fléau pour des entreprises qui dépendent virtuellement des ordinateurs et de l’Internet pour fonctionner. Certains des bâtiments ne sont pas aux normes. L’isolation d’un des locaux visités est, selon le locataire, largement sous les normes du Code du bâtiment du Québec. «Certains matins d’hiver, les employés doivent effectuer les entrées de données avec des gants, car la température à l’intérieur est d’environ 13 degrés!» Un autre locataire raconte: «J’ai dû passer moi-même le câble du téléphone à partir de l’entrée de la Ville jusque dans mes bureaux». Il ajoute: «Ç’a été vraiment improvisé. Ils ont mis les mauvaises personnes aux mauvaises places».
Les plans originaux prévoyaient également des salles de serveurs réfrigérées pour certaines entreprises. Les ingénieurs mandatés n’ont pas livré la marchandise et les entreprises concernées ont dû résoudre elles mêmes le problème. «Nous ne disposons pas des infrastructures de bases nécessaires aux activités normales d’un parc d’affaires technologiques», affirme un autre locataire mécontent.
À ces problèmes d’infrastructure, s’ajoute celui du délabrement des lieux: «Nous sommes carrément mal à l’aise lorsqu’un client doit nous visiter», confie ce locataire qui se réjouit de la rareté des visites de ses clients.

Tous se désolent de ce triste bilan et s’inquiètent de l’avenir du Parc et de la perte d’emplois de qualité qui le menace. Certains parlent de «dilapidation d’un potentiel économique extraordinaire». M.Veilleux ne s’explique pas pourquoi les forces conjuguées de l’équipe de Citec, spécialiste en gestion de parc d’affaires, de la corporation, de la MRC, et du CLD, ne parviennent pas à faire lever le projet. Il se questionne: «Les gens de la corporation sont redevables à qui? À qui doivent-ils rendre des comptes? Ils se rabattent sur l’abolition des CNE pour expliquer les difficultés du parc. Selon cette logique, tous les parcs d’affaires du même genre seraient en faillites techniques à cause des CNE? Ça ne se tient pas! C’est ce que je déplore, cette attitude de nonchalance ».
«Le Parc d’affaires La Rolland est comme une patate chaude que tous les intervenants se passent», conclut cet autre locataire.
Un parc adélois géré depuis Montréal
C’est la firme Citec, basée à Ville Saint-Laurent, qui gère les bâtiments et s’occupe des doléances des locataires. Encore une fois, les entreprises du Parc La Rolland se questionnent: «Pourquoi confier la gestion du parc adélois à une entreprise installée à Ville Saint-Laurent? N’y a-t-il pas des gens assez intelligents dans notre région pour remplir ce mandat? » Certains vont plus loin: «Peut-on vraiment croire que ce gestionnaire, qui s’occupe d’autres parcs d’affaires situés dans la région de Montréal soit motivé à attirer de nouveaux clients à Sainte-Adèle? J’en doute fortement! »
Difficile à joindre, gestionnaire fantôme, les entreprises en place disent devoir trop souvent s’occuper elles-mêmes des problèmes d’intendance et estiment que c’est inacceptable. Enfin, l’arrivée dans le parc d’entreprises n’ayant aucun lien avec sa vocation première inquiète plusieurs locataires. Certaines entreprises voient la chose d’un mauvais oeil: «Ça tue l’idée, l’esprit, le projet».
La position des décideurs
Du côté de la Corporation, le président Jean-Paul Cardinal, maire de Sainte-Adèle, explique au sujet de l’inquiétude manifestée par les locataires quant à l’arrivée d’entreprises sans vocation technologique dans le Parc: «Nous croyons que c’est compatible. Par exemple, concernant la chocolaterie, l’entreprise ouvrira possiblement un casse-croûte, ce qui était prévu dans les plans originaux». André Mongeau, directeur général de la Ville de Sainte-Adèle, soutient que c’est une décision d’affaires: «Les locaux vacants rénovés, doivent être loués. Les locataires ont peut-être des états d’âme, mais il faut que ça soit rentable. S’ils veulent qu’on améliore les services et le Parc, ça prend de l’argent».
Selon M. Cardinal, les locataires occupent 19,000 pieds carrés de locaux rénovés sur une possibilité de 31 000 pieds carrés. Ce que représente un taux d’occupation d’environ 61%. Le président de la corporation reconnaît qu’il a rencontré certains locataires «qui m’ont dit qu’ils se sont fait promettre mer et monde, mais c’était avant mon arrivée». Il refuse de parler d’échec, mais admet qu’il existe effectivement certains problèmes et «qu’il y a des choses à corriger».
M. Mongeau précise: «Le maire a hérité du dossier. Le conseil d’administration de la corporation est composé de bénévoles. Ces gens-là font leur possible pour rescaper tout ça. Il n’y a personne dans le conseil qui a déjà eu des immeubles et qui a une expérience en CNE. On essaie d’en faire quelque chose». Il poursuit: «Le marché est difficile ici dans le Nord. Il ne faut pas se leurrer, nous avons fait des contacts avec tous les spécialistes, le marché ne monte pas en haut de Saint-Jérôme. Il n’y a pas de marché pour ça».
«Nous sommes à l’étape de l’élaboration d’un plan directeur pour l’après CNE, de concert avec le ministère du Développement économique. Nous rencontrerons les locataires actuels pour connaître leurs besoins», affirme M. Cardinal. Il se dit aussi convaincu qu’au terme de cette démarche, une majorité d’entreprises choisira de rester. Concernant le gestionnaire Citec, M. Mongeau explique qu’à une certaine époque, «on s’est retrouvé devant une situation où il n’y avait plus de gestionnaires. Ce n’est pas au maire à faire visiter des locaux, à louer et à faire des baux. Nous avons rencontré cette entreprise de gestion qui avait du succès à Ville Saint-Laurent. Nous nous sommes dit que si nous parvenions à signer une entente avec cette entreprise, elle remplirait le parc d’affaires. C’était ça l’objectif».
Devant les allégations d’incompétence, de manque de vision, d’improvisation et du peu de volonté de faire rayonner le projet, exprimée par une majorité de locataires, M. Cardinal ne semblait pas vouloir commenter. À son avis, le taux d’occupation est suffisamment éloquent: «Je n’irai pas m’immiscer dans les locaux déjà loués. J’ai vu, dans les premières années, des membres du conseil d’administration qui jouaient aux gérants d’estrade. Notre rôle c’est de rénover et de louer des locaux».
Du côté de la MRC des Pays-d’en-Haut, le préfet Charles Garnier souligne que «La Rolland est un outil essentiel, en ce sens que c’est peut-être le seul endroit où le zonage permet un parc industriel». Il dit être conscient qu’il existe des problèmes, mais estime «qu’il n’a pas à interférer dans l’administration». Il se dit toutefois inquiet pour l’avenir de La Rolland. «Le milieu s’est beaucoup investi dans ce projet et je pense que ça vaut la peine d’en faire quelque chose».
Stéphane Lalande, directeur général au Centre local de développement des Pays-d’en- Haut (CLD) abonde dans le même sens: «Pour nous le parc d’affaires La Rolland est un des outils de développement économique extrêmement important pour l’ensemble du territoire de la MRC des Pays-d’en-Haut. Peu de municipalités de la région possèdent des parcs industriels».
L’avenir de La Rolland
Concernant l’avenir, un flou persiste. À l’évidence, il existe un malaise chez les locataires du parc. Presque tous ont affirmé vouloir quitter les lieux dès la fin de leurs baux et du programme des crédits d’impôt. La Corporation, quant à elle, semble vouloir se cantonner dans un argumentaire comptable, éludant les questions reliées aux enjeux économiques, préférant mesurer le succès en terme de pieds carrés loués. Elle soutient également que les spécialistes confirment les difficultés de ce marché dans la région alors que plusieurs entreprises de ce secteur d’activité situé à Piedmont, Val-Morin et même dans le parc d’affaires La Rolland, sont florissantes. Si l’exode annoncé par les entreprises se produit réellement, des pertes d’emploi de qualité sont à prévoir. Souhaitons que le plan directeur annoncé par le président de la Corporation La Rolland parvienne à colmater la fuite et à rétablir la situation.
Dossier à suivre …
Photos : André Bérard
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Publié dans Accès
23 août 2006
Pont de la Rivière aux Mulets : Un bilan positif
Je reproduis ici le texte de ma première collaboration au journal Accès. Les travaux du pont de la 15, à Sainte-Adèle, pouvant aussi affecter les lecteurs des autres régions qui nous visitent régulièrement, je trouvais pertinent de reprendre cet article dans ce carnet. De plus, si les Adélois ont des questions concernant les travaux, il me fera grand plaisir (s'il m'est possible de le faire), de ré
