«Le journalisme civique vise à fournir aux gens des possibilités d'intervention afin de les amener à agir, et encourager l'interactivité entre les journalistes et les citoyens. Il cherche à créer un dialogue avec les lecteurs, au lieu de se borner à transmettre les informations en sens unique et à inonder le public de données, comme cela se passe si souvent dans le journalisme traditionnel.»


— Jan Schaffer, directeur du Pew Center For Civic Journalism

12 avril 2007

Paradoxe d’Abilène: Tout le monde est d’accord, personne n’est satisfait

C’est lors de discussions entre blogueurs adélois que M. Veilleux, entrepreneur du parc d’affaires La Rolland, et moi avons pour la première fois évoqué le paradoxe d’Abilène afin d’expliquer comment bon nombre de décideurs adélois qui, en coulisse, nous exprimaient leur opposition à certaines positions de la Ville ou de la Chambre de commerce, pouvaient ensuite se contredire publiquement en défendant ces mêmes positions.

Le paradoxe d’Abilène tire son nom d’une petite ville du Texas, Abilène, qui a servi de théâtre au sociologue Jerry Harvey pour l’élaboration d’une parabole illustrant comment un groupe d’individus arrive à prendre une décision qui semble satisfaire le groupe, mais qui finalement se révèle décevante pour chacun des membres (voir la parabole).

La parabole

Par une journée de chaleur accablante, quatre personnes de la petite ville de Coleman au Texas, situé à environ 85 kilomètres d’Abilène, se prélassent sur une véranda. Sous la faible brise d’un ventilateur paresseux, ils jouent aux dominos et sirotent de la limonade. Une des personnes propose alors qu’ils se rendent tous à Abilène prendre un repas dans une caféteria de la ville. Chacun trouvant que c’est une mauvaise idée accepte pourtant la proposition croyant que l’idée plaît aux autres membres du groupe. Le trajet s’avère épouvantable. La vieille Buick qui les transporte n’est pas climatisée. La poussière s’engouffre par les fenêtres ouvertes et colle à leur visage en sueur. Une fois à destination, ils prennent un repas exécrable et s’embarquent ensuite pour le chemin du retour et avalent pour la seconde fois de la journée poussière et kilomètres dans une voiture transformée en étuve. Ce n’est qu’une fois de retour à Coleman que tous ont finalement avoué qu’ils n’avaient pas envie d’aller à Abilène. Ils y sont allés simplement parce que chacun croyait que les autres membres du groupe souhaitaient vraiment prendre ce repas à Abilène. Évidemment, ils s’accusaient mutuellement pour ce manque de communication.


Le paradoxe d’Abilène est le dénominateur commun aux dynamiques que nous observons chez les décideurs adélois. Il nous permet de relier les points entre eux et de mieux comprendre certaines situations qui nous apparaissent trop souvent contradictoires.

Au plan individuel, la bonne volonté est manifeste chez la plupart des décideurs adélois. C’est au niveau des groupes qu’il y a, selon nous, achoppement. Observer un phénomène est une chose. Le comprendre et l’expliquer en est une autre. Ne dit-on pas qu’il est plus facile de combattre ce qui est nommé? Le paradoxe d’Abilène nous permet de passer du mode pourquoi au mode comment. Il nous permet surtout de poser un regard plus éclairé sur les contradictions que nous observons chez les intervenants sociaux économiques adélois.

Bien qu’il y soit très présent, le paradoxe d’Abilène n’est pas le propre de la Ville de Sainte-Adèle. On le rencontre également à des échelles plus réduites, celle de la famille, d’un groupe de travail ou d’amis. Nous avons tous, sans être en mesure de le nommer, été aux prises avec le paradoxe d’Abilène. Dès que l’on est contraint d’agir en groupe à l’encontre de nos valeurs ou de nos convictions personnelles, nous avons en main notre billet pour Abilène. Dilemme, inconfort et frustration seront du voyage.

Dans son cahier de recherche Autopsie d’un fiasco organisationnel : les applications du paradoxe d’Abilène à une entreprise familiale, Gérard Ouimet, des HEC de Montréal, nous explique comment le paradoxe prend naissance : « Un membre du groupe lance une proposition que vous cautionnez publiquement en dépit de sérieuses réserves envahissant votre for intérieur. Animé par la peur d’être rejeté par les membres du groupe ou par l’envie de leur faire plaisir, vous vous joignez à eux dans la poursuite d’un projet vous apparaissant, personnellement, saugrenu, voire carrément insensé ». Il ajoute plus loin : « Le paradoxe d’Abilène met en exergue le fait que des personnes raisonnables et sensées puissent, au contact des membres d’un groupe, commettre de leur propre gré, des actions insensées et contraignantes. En somme, les victimes du paradoxe d’Abilène font carrément le contraire de ce qu’ils veulent faire ».

Progressivement, les victimes du paradoxe d’Abilène se détachent des décisions prises par le groupe et s’enferment dans un rôle d’exécutant. Évoluant dans un contexte où leurs points de vue et leurs compétences peuvent difficilement peser dans la balance, ils sont en proie à l’insatisfaction, la frustration, la colère et voient se multiplier les conflits interpersonnels. L’asphyxie des projets collectifs, l’improductivité des décideurs et le désengagement des citoyens sont autant de fardeaux lourds à porter pour une communauté aux prises avec le paradoxe.

Dans son cahier de recherche, Ouimet nous met également en garde contre les impacts négatifs d’une prise de décision altéré par le paradoxe d’Abilène. Les projets qui obtiennent un consensus rapide, sans opposition, sont voués à l’échec à plus ou moins brève échéance: « Lorsque confrontés à l’obtention facile et rapide d’une adhésion générale, les gestionnaires avisés éviteront de l’entériner illico. Le consensus si spontanément obtenu n’est peut-être qu’un écran de fumée dissimulant de profondes réticences et divergences d’idées dont certaines peuvent se révéler bien fondées ».

Certains facteurs, comme l’homogénéité, l’hermétisme et le manque de diversité au sein d’une collectivité accélèrent l’apparition du paradoxe et favorisent l’adoption de positions rigides et réductionnistes. Le dossier du parc d’affaires La Rolland et celui de la commercialisation de l’Îlot Grignon, ne sont que deux exemples où nous observons depuis plus d’un an les effets pervers du paradoxe d’Abilène. Dans ces dossiers, les discours du groupe de décideurs et celui des individus qui le composent se contredisent à un point tel qu’ils nous plongent dans un état de consternation. Nous ne comptons plus les occasions où une personne qui nous livrait des informations importantes concernant ces dossiers concluait en nous demandant de ne jamais la citer ni même de mentionner qu’elle nous avait parlé, de peur d’être ostracisée par le groupe. Pourtant, les points soulevés lors de ces discussions étaient d’une importance capitale pour la communauté. À l’évidence, il s’agit ici d’un cas avéré de paradoxe d’Abilène.

En partageant le fruit de nos réflexions, nous souhaitons amener les décideurs qui vivent en plein paradoxe à prendre conscience du phénomène afin de l’endiguer et de contrer ses effets négatifs. Le paradoxe d’Abilène nous invite à une remise en question sanitaire. Nous devons impérativement nous libérer de l’illusion de l’unanimité. La critique constructive doit occuper plus de place au sein de la communauté adéloise ou la contestation semble être perçue comme un outrage à magistrat. Le choc des idées est de loin préférable à une paix artificielle.

Le consensus à tout prix, à n’importe quel prix, c’est le consensus mou, obstacle à tout progrès économique et social. Dans son ouvrage Les décisions absurdes, Christian Morel va jusqu’à parler de mauvaise gouvernance : « La pensée molle mène à une mauvaise gouvernance. Les adeptes du consensus mou donnent leur accord à tout prix parce qu'il faut un consensus à tout prix. Le problème ne se règle qu'en surface. Les adeptes du consensus mou n'acceptent pas les conflits ouverts. Le consensus mou ne mène nulle part, sauf à une paix sociale temporaire.

Afin de mettre en échec le consensus mou, il faut combattre deux erreurs : la pensée évasive sur les objectifs et le manque d'évaluation intelligente et continue. La mauvaise gouvernance découle de ces deux erreurs ».

Nous souhaitons que la ville de Sainte-Adèle émerge du nuage de morosité qui l’enveloppe. Nous souhaitons jouer un rôle actif dans son développement socio-économique. Les décideurs adélois doivent s’affranchir du paradoxe d’Abilène et s’exprimer enfin librement et sans crainte pour le plus grand bien de la communauté.

Quittons Abilène et reprenons la route pour Sainte-Adèle. Même si le chemin du retour s’annonce sinueux, la destination en vaut la peine.

10 avril 2007

Mon attirance pour la bouteille

En 1989, nous habitions à Laval, plus précisément dans le vieux quartier de Saint-Vincent-de-Paul, à quelques pas de l'église. Claude, notre jeune voisin, y travaillait à l’occasion comme aide-bedeau. Armés de son trousseau de clés, nous avons, à l’insu du curé, visité le sous-sol de l’église où gisent dans le lourd silence de vieux caveaux, les corps de plusieurs paroissiens depuis longtemps oubliés. Nous avons aussi exploré l’intérieur des deux clochers. C’est dans une niche aménagée dans un des murs de pierre que j’ai trouvé cette bouteille qui reposait là depuis environ 132 ans, sous un amas de gravats.

En grimpant le long des vieilles marches grinçantes du clocher, je fus soudainement attiré par cette niche et son tas de débris. Sans hésiter, j’y ai plongé la main et saisis cette bouteille, comme si je savais depuis toujours qu’elle se trouvait là. Comme si je retournais sur les lieux où j’avais jadis enfoui un trésor.

Le contenant ressemble à ces vieilles bouteilles utilisées par les apothicaires. Elle date probablement de l’époque de la construction de l’église (entre 1853 et 1857). La probabilité qu’il s’agisse bien d’un remède de l’époque est élevée puisque l’ancienne maison voisine de l’église est justement celle où pratiquait l’apothicaire du village. Un ouvrier l’aura sans doute laissé tomber par mégarde lors des travaux de construction de l'église.

Le temps s’est écoulé. La bouteille et son mystérieux contenu sont parvenus intacts jusqu’à notre époque. Un petit bouchon de liège scelle jalousement l’énigmatique liquide ambré dans lequel flotte ce qui ressemble à un brin d’herbe. À qui appartenait cette bouteille? Quelle est la nature de son contenu? À quel usage était-il destiné? Autant de questions fascinantes qui enveloppent l’objet d’une aura de mystère.

Je n’arrive pas à me résoudre à faire analyser son contenu. J’aurais l’impression de violer un secret, de mettre fin au mystère, de tuer l’âme de la bouteille.

Et vous, que feriez-vous?

07 avril 2007

Fraîchement sortie de l'atelier

Je profite de l’annonce faite dans le précédent billet pour vous présenter la dernière œuvre de «The Artist». Elle veut l’intituler « le fraisier ». Moi, je préfère « Grande Ourse, Petite Ourse ». Et vous, quel titre préférez-vous?

Cette toile s’inscrit dans la série dont le thème est la faune et la flore boréale, une des passions de l'artiste. Plusieurs ont qualifié ses dernières œuvres de «petits îlots de candeur rafraîchissants». Commentaire qui rejoint parfaitement l’intention de l’artiste qui souhaite que son travail interpelle la portion innocente en chacun de nous. Ses œuvres ne dénoncent rien et ne se décrivent pas en termes angoissés ou existentiels. Elles proposent une beauté simple, pure, innocente et démaquillée.

«The Artist» croyait que cette nouvelle toile plairait davantage aux femmes. Un ami de longue date, très mâle dans sa peau, s’est contre toute attente, épris du sujet. Comme quoi il ne faut jamais présumer de rien.

Bon Week-end de Pâques à vous tous.

Acrylique sur toile 36'' x 36''

06 avril 2007

Farandole des arts: «The Artist» sélectionnée


Dominique Beauregard, artiste-peintre adéloise, a été sélectionnée pour participer à la Farandole des arts visuels de Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson, qui se tiendra les 17, 18 et 19 août 2007. Au total, 36 artistes exposeront leurs œuvres lors de l’événement. L’édition 2007 de la Farandole rendra hommage au peintre Jean-Paul Lemieux. Clin d’œil amusant, Dominique Beauregard est une parente du célèbre peintre.

J’invite tous les amateurs d’art, lecteurs de ce blogue et carnetiers à venir nous visiter durant l’événement.

Je ferai un rappel en août prochain.

Photo : André Bérard

05 avril 2007

Une richesse de Sainte-Adèle

Récemment, je publiais le commentaire de M. Deslauriers dans le billet point de vue de l’acheteur. M. Deslaurier nous écrit à nouveau :

Bonjour à tous,

Nous étions effectivement 14 à randonner le Mont Baldy, les Palissades, le lac Gascon, jusqu'à la rivière du Nord. Notre groupe de plein-air rayonne à partir de Montréal vers des destinations très variées. Nous avons vu de nombreux beaux endroits. Définitivement, pour ces attraits, celui-là a le calibre d'un parc national. Il est à souhaiter que les propriétaires des lieux aient la générosité de les garder intacts pour les générations à venir.

Antoine Deslauriers

TripLevé, social et grand-air

Je m’inquiète de l’avenir de ce territoire, qui comme le souligne M. Deslauriers, est l’un des plus beaux de la région. Nous savons qu’un contentieux opposant le propriétaire, M. Depatie, et la ville de Sainte-Adèle, s’est mal terminé, puisqu’une affiche annonce désormais que le sentier est fermé (plus précisément qu'il n'est plus entretenue par la Ville). Je sais que la mésentente gravite autour d’un droit de passage. J’essaierai d’en savoir plus. M. Depatie est un homme difficile à joindre et peu loquace. La conseillère Josée Barbeau, présidente de la commission Plein air et environnement et membre du Comité Aviseur en Environnement pourrait sans doute nous éclairer sur le sujet.

À suivre

La chênaie vue de l'entrée







La chênaie vue de l'entrée du sentier de la Rivière-du-Nord








Photos: André Bérard et Dominique Beauregard

03 avril 2007

Cotisation obligatoire

Récemment, la Chambre de commerce de Sainte-Adèle présentait son nouveau plan d’action 2007-2009. Le document nous présente les actions projetées et les moyens examinés pour leur réalisation. J’ai échangé quelques mots avec la directrice générale, Mme Marcelle Bergeron, qui m’est apparue comme une personne profondément amoureuse de sa ville et surtout déterminée à faire quelque chose de constructif pour le développement de Sainte-Adèle.

Le plan proposé est un document volumineux et ambitieux. De l’aveu même de la directrice, toutes les idées avancées dans le plan ne seront pas réalisées, du moins pas à court terme.

La section 11 du plan, qui traite des stratégies de financement, soulève chez moi beaucoup de questions.

En voici la teneur :

Stratégies de financement

Section 11.1 Cotisation obligatoire de base.

• Compte tenu de la nature de la mission de la CCSA pour le développement économique et le bien être engendré pour tous les citoyens.

• Compte tenu des activités de représentation et d’animation réalisées pour le bénéfice de toutes les entreprises ayant pignon sur rue à Sainte-Adèle.

• Compte tenu de la difficulté, voir l’impossibilitéd’imputer certaines dépenses engendrées par la réalisation des activités des divers programmes d’intervention lesquelles bénéficient directement ou indirectement à toutes les entreprises.

• Compte tenu que seulement le tiers des entreprises adéloises financent volontairement les opérations de la CCSA

La CCSA doit revoir sa structure de cotisation comme suit:

•Établissement d’un montant global de cotisation de base équivalent annuellement aux dépenses totales incluant les salaires des employés, les charges sociales, les honoraires, les frais d’administration usuels et d’amortissement.

•Répartition de ce montant global de cotisation de base entre toutes les entreprises ayant pignon sur rue* mais excluant les travailleurs autonomes.

• Application d’une cotisation obligatoire pour toutes les entreprises calculée sur la base du 100$ d’évaluation pour immeuble non résidentiel, le tout étant prélevépar les services administratifs de la ville de Sainte-Adèle sous la rubrique «cotisation CCSA».

* Estimé à ± 325 entreprises


J’ai tenté en vain de parler à Mme Françoise Bertrand, directrice générale de la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ), afin d’obtenir ses commentaires sur cette mesure qualifiée par certains d’originale et d’innovatrice. Le silence total. Elle n’a jamais rappelé. Même mutisme de la part de sa directrice des communications, Mme Isabelle Poulin.

Personnellement, je suis perplexe. Je n’ai jamais entendu parler d’une telle initiative de financement pour une chambre de commerce.

Comment peut-on forcer des commerçants, à l’aide de l’appareil administratif de la Ville, à financer un organisme dont ils ne sont pas membres et un plan qu’ils n’appuient pas?

Je suis curieux de savoir ce que le «démocrate» en pense.

Cette cotisation obligatoire n’a-t-elle pas un arrière-goût de totalitarisme?

Qu’en pensent les entreprises qui ne sont pas membres de la chambre de commerce?

Et vous, qu’en pensez-vous?

27 mars 2007

Mise au point

Le billet actualité ou propagande? à susciter beaucoup de réactions, et je tiens à apporter certaines précisions.

Les opinions exprimées dans ce carnet sont les miennes et non celles du journal Accès. Je suis journaliste, mais aussi un citoyen qui exprime ses opinions par le biais d’un carnet. Pour moi, il n’y a pas de problèmes. Lorsque j’écris en tant que journaliste, mon opinion reste au vestiaire. Lorsque j’écris dans mon carnet, je repasse par le vestiaire et renfile mes fringues de citoyen blogueur et de journaliste civique.

Dans le billet controversé, je souligne que lorsque je me suis présenté à l’assemblée générale extraordinaire afin de couvrir l’événement en tant que journaliste, Mme Marcelle Bergeron, directrice générale de la Chambre de commerce de Sainte-Adèle, m’a signalé qu’il y avait un embargo sur tout ce qui se dirait durant la soirée. Je n’ai jamais prétendu qu’elle m’avait invité à quitter la salle. Relisez le billet et vous le constaterez. N’étant pas personnellement membre de CCSA, je n’avais plus rien à faire dans un événement sur lequel je ne pouvais rien écrire. J’ai donc quitté la salle de mon propre chef. Ce que j’ai écrit par la suite dans ce carnet était mon opinion concernant cet embargo et sur le fait que seul le Journal des Pays d’en Haut avait jugé pertinent de réserver sa première page aux conclusions de cette soirée alors que tous les hebdos régionaux avaient en main le même communiqué.

Tout ce que j’écris dans ce carnet, je pourrais le répéter en face des personnes qui sont les sujets de mes billets. Je suis en paix avec mes opinions et suis prêt à les revoir si les personnes visées veulent me rencontrer ou s’exprimer ici. Les décideurs adélois tireraient avantage à ne pas bouder les médias citoyens. J’ai toujours fait preuve d’ouverture en leur offrant l’occasion de s’exprimer dans une tribune qui s’adresse directement aux Adélois.

L’offre tient toujours.

Je crois sincèrement que les élus et les acteurs du développement de Sainte-Adèle fuient les vrais débats. Rien jusqu’à maintenant ne me permet d’affirmer le contraire. Je persiste à croire qu’ils parlent la langue de bois et préfèrent « formater » leurs messages à leur convenance. C’est une opinion partagée par la majorité des Adélois qui participent à ce carnet et qui m’écrivent régulièrement.

20 mars 2007

Je t’aime moi non plus

Nous savons maintenant où Gainsbourg a puisé son inspiration pour écrire les paroles de sa célèbre chanson : à la Rollandgate!

Point de vue de l'acheteur

J’ai reçu ce commentaire qui devrait faire réfléchir les développeurs de notre ville. Il s’agit d’un point de vue extérieur, celui de personnes qui choisissent la destination adéloise à des fins récréatives. Celui de l’acheteur sur le produit.

Bonjour à tous,



Ce samedi nous emmènerons un groupe de montréalais faire de la raquette hors-piste au mont Baldy et aux Palissades, dans la mesure où l'accès sera possible. Après nous être émerveillés sur les charmes de la nature adéloise, nous irons faire ripaille dans un charmant resto de la place. Et si l'îlot de bonheur à 1 heure de Montréal n'est plus, si Ste-Adèle se transforme en une banlieue, nous ne reviendrons plus. Des banlieues on en a EN MASSE à deux pas de Montréal!



Antoine Deslauriers

TripLevé, social et grand-air



Le tourisme est en perte de vitesse dans notre ville. Nous devons de toute urgence retrouver ce Nord que nous sommes en train de perdre au profit d’un développement immobilier et commercial sans balises. La destination adéloise sera un jour rayée des itinéraires touristiques si nous ne secouons pas immédiatement la morosité qui a envahi notre ville. Nous devons cesser de tourner en rond autour de projets qui empestent la naphtaline. Nous avons impérativement besoin d’idées nouvelles, de sang neuf. Il faut cesser de faire des promoteurs immobiliers les ambassadeurs de notre ville. Il faut voir plus loin que le boum démographique passager que Statistique Canada nous promet.

Nous vivons pratiquement dans une autocratie où la somme des parties est plus petite que le tout. Dans ce contexte, l’émergence des nouvelles idées est perçue comme un irritant. Le regard critique est accueilli comme une menace, comme une insulte lancée à la face du cénacle adélois. En revanche, toute suggestion émanant dudit cénacle ne souffre aucune remise en question, aucune opposition. S’opposer, c’est nuire à la ville. Remettre en question les administrateurs équivaut à profaner une relique sacrée.

Et si un vent de changement s’apprêtait à souffler sur Sainte-Adèle ?

16 mars 2007

Quincaillerie Théoret

Cet article a été rédigé pour le journal Accès. Il est publié dans l'édition du vendredi 16 mars 2007. Ce fut un grand plaisir pour moi d'écrire ce texte sur M. Théoret, un quincaillier comme il ne s'en fait plus, à mon avis.

Une bonne nouvelle en attire une autre

Menacé d’être vendue pour des raisons de santé, la quincaillerie Théoret, véritable institution à Sainte-Adèle, annonce aujourd’hui un agrandissement dès le printemps 2007.

Ouverte en 1955, la quincaillerie Théoret est de l’avis de la plupart des Adélois, un incontournable à Sainte-Adèle. Plus qu’une simple quincaillerie, elle évoque la belle époque du magasin général où se rencontraient les villageois pour discuter des affaires du village.

En 2006, M. Théoret apprenait qu’il était atteint d’une grave maladie. Période sombre pour lui, sa famille et les employés de l’entreprise. La menace de la possibilité de la vente de la quincaillerie planait au-dessus du 1365 boulevard Sainte-Adèle. Menace qui heureusement s’est dissipée, car l’homme est arrivé à museler la bête qui le rongeait. Comme les malheurs, les bonnes nouvelles n’arrivent jamais seules. M. Théoret annonce aujourd’hui qu’il ajoutera 1 152 pieds carrés à la surface de sa quincaillerie. De plus, l’entreprise restera la propriété de la famille puisque sa fille et son petit-fils prendront progressivement la relève ce qui, manifestement, remplit l’homme de fierté. Travailleur acharné, M. Théoret a consacré sa vie à son commerce et la perspective de devoir passer le témoin à des inconnus lui répugnait.

Le Quincaillier érudit

Non content d’être un authentique quincaillier de l’ancienne école, M. Théoret est également un érudit, et surtout, un inconditionnel du terme juste. Patentes, trucs et machins ne font pas partie de son lexique. Si vous ne savez pas ce que vous cherchez, lui il le sait. Il connaît même le terme exact de votre bidule « en français, en anglais et même en espagnol », ajoute-t-il.

L’érudition du quincaillier étonne et déborde largement la sphère des vis, perceuses et forets. Ainsi, lors d’une visite, un client apprenait qu’un monadnock est un relief résiduel d’une pénéplaine, lui qui cherchait simplement une patente à machin pour sa chasse d’eau.

Inénarrable pince-sans-rire, son humour est un outil dangereusement efficace qu’il utilise toujours à point nommé. Un jour, un client lui demande quel était son meilleur prix : « mon meilleur prix, c’est le prix le plus élevé ». Chaque visite à la quincaillerie permet de savourer le sens de l’humour et la répartie de cet inimitable quincaillier.

La fidélité de la clientèle est sans faille. Un client m’a affirmé que selon lui : « la quincaillerie Théoret, c’est le benchmark du service à la clientèle ». Il ajoute : « Quand je pense à Sainte-Adèle, je pense au lac Rond, au pain fesse de la boulangerie et à la quincaillerie Théoret. Ma fin de semaine n’est pas complète si je ne vais pas faire un tour chez M. Théoret. Chaque visite à son commerce renforce le sens de la communauté ».

À une époque où le visage de Sainte-Adèle change à la vitesse grand V, la quincaillerie Théoret témoigne de l’attachement des Adélois à ses symboles, à ses valeurs ainsi qu’à son patrimoine commercial. L’agrandissement de la quincaillerie Théoret est une bonne nouvelle, car elle confirme qu’il est possible de développer en respectant l’essence et l’âme d’une communauté.

Photo: André Bérard

12 mars 2007

Actualité ou propagande?

Comme tous les samedis matin, le publi-sac atterrit sur mon paillasson. Ploc! À l’intérieur : le journal La Vallé et l’Accès. Le Journal des Pays d’en haut, quant à lui, arrive le jeudi. Le samedi, j’ai donc en main les trois principaux journaux de la région et leur version de l’actualité. En fait, je devrais plutôt dire les deux journaux et les deux versions de l’actualité, puisque le Journal des Pays d’en Haut est davantage un outil de propagande qu’un journal digne de ce nom. Trop souvent, je constate qu’il fait bande à part dans son analyse de l’actualité allant parfois même jusqu’à soutenir un discours contraire à celui des autres hebdos. Cette semaine, par exemple, c’est le seul hebdo qui fait l’apologie du plan d’action 2007-2009 de la Chambre de commerce de Sainte-Adèle en lui consacrant sa première page.

Dans les autres hebdos : rien! Pas un mot sur le communiqué spécial relatant le déroulement de l’assemblée générale extraordinaire tenue par la Chambre de commerce le 27 février dernier (les épithètes ne sont pas de moi). Quand je consulte le plan marketing 2005-2006 de la Chambre de commerce, je m’explique un peu mieux la première page du JDPH. En effet, il est écrit noir sur blanc que l’on souhaite créer des « liens privilégiés avec le journal des Pays d’en Haut». Au chapitre des offres et potentiels à développer, il est proposé la chose suivante: Communications et divulgations rapides à nos membres (bulletins, communiqués, Journal des Pays d’en Haut). Pas les hebdos locaux, mais bien le Journal des Pays d’en Haut!

Mission accomplie. Le lien est créé, et manifestement, il est privilégié. Même chose pour l’Administration Cardinal qui profite largement de la sympathie de la rédaction du journal.

Plusieurs lecteurs de ce carnet m’écrivent sur le sujet. J’ai moi-même relevé à plusieurs reprises des indices de la ligne éditoriale que semble s’être imposée le JDPH concernant la Ville et la Chambre de commerce. Rappelons l’affaire des mises en demeure qui a secoué ce carnet. L’événement a été couvert par le journal La Vallée, l’Accès, la Presse, le Devoir sans oublier l’imposante couverture de la nouvelle dans la blogosphère québécoise. Dans le JDPH : nada! Autre indice: le point de presse sur la Rolland. En lisant le compte rendu publié dans le JDPH, je me demandais si j’avais assisté au même événement. Et finalement, cette première page sur le plan d’action de la chambre de commerce, alors que rien n’a été publié sur le sujet dans les autres hebdos. Nous sommes en droit d’être perplexes et de nous poser de saines questions.

Lors de l’assemblée générale extraordinaire, je me suis présenté en tant que journaliste avec l’intention de couvrir l’événement de bonne foi. Après un moment d’hésitation, la directrice de la Chambre de commerce m’a poliment avisé « qu’il y avait un embargo sur tout ce qui se dira ici ce soir ». Financée en partie par la Ville de Sainte-Adèle, donc par les fonds publics, la Chambre de commerce devrait faire preuve d’un peu plus de transparence quand les médias souhaitent simplement faire leur travail. Je présume qu’elle préférait «formater» sa version de l’assemblée extraordinaire dans son communiqué spécial publié dans son organe de communication privilégié, s’assurant ainsi que le titre accrocheur du communiqué «Ça bouge à Sainte-Adèle» se retrouve intact en première page du JDPH. Belle manœuvre de relation publique. Créer une perception positive chez la population adéloise, c’est essentiel pour une Chambre de commerce qui admet que «l’attitude et l’opposition chronique des résidents de Sainte-Adèle engendrent un frein important au développement du commerce et aux projets récréotouristiques ».

Si les Adélois s’opposent systématiquement aux projets de développement, il doit y avoir une bonne raison. Peut-être attendent-ils l’émergence de vraies idées, en accord avec les principes du développement durable avant d’applaudir. Plutôt que de matraquer la population avec de fausses bonnes nouvelles, les acteurs du développement devraient se livrer à un auto-examen et à une remise en question en profondeur.

Développer ne signifie pas nécessairement en faire toujours plus. Ça veut aussi dire faire mieux, avec ce que l’on possède déjà. Imiter Saint-Sauveur ou Mont-tremblant, ce n’est pas innover. C’est plutôt uniformiser, niveler, c’est rentrer dans le rang. C’est surtout affirmer publiquement son manque de vision, d’idées et d’imagination.


À suivre dans Blogue-Notes: une analyse du plan d’action 2007-2009 de la Chambre de commerce de Sainte-Adèle et plus particulièrement l’imposition de la cotisation obligatoire pour tous les commerçants ayant pignon sur rue pour la réalisation du plan d’action, qu'ils soient membres ou non de la Chambre de commerce.

10 mars 2007

Atari sauve La Rolland!



Un excellent billet week-end sur Rollandgate, avec juste le bon dosage d'ironie, comme je les aime.
Pour les nostalgiques d'Atari

09 mars 2007

Le prix des condos chute dans les Laurentides

C’est ce qu’indiquent les récentes statistiques publiées en février 2007 par la Chambre immobilière du Grand Montréal.

Article complet ICI

La ville de Sainte-Adèle a fait des condos le fleuron de son développement. La vision de nos développeurs est durement affectée par une myopie qui, chaque année, raccourcit sa portée. À mon avis, ceux qui devaient baliser, encadrer et orienter le développement de notre ville se sont laissés séduire par le chant des sirènes. Ils croient naïvement que faire de Sainte-Adèle un parc à condos parsemé de centres commerciaux c’est entrer dans la modernité. Même Homer Simpson réussirait à nous pondre des projets plus prometteurs pour notre ville. Bientôt, nous n’aurons plus rien d’autre à offrir aux touristes qu’une ville qu’on a vidée de son essence, de son patrimoine bâti et naturel, afin de la travestir en banlieue.

Notre ville passe un mauvais moment. Bienvenue à Développement Académie!

Merci à Paul pour le tuyau

05 mars 2007

Rumeurs en vrac


Dossier La Rolland


M. Veilleux sur son blogue Rollandgate se pose des questions. De très bonnes questions, à mon avis!

03 mars 2007

Billet week-end

Après cette première vraie tempête de neige, vous savez à quoi je pense : au kayak! Oui, oui, au kayak. C’est ce qui arrive quand vous êtes un kayakoïnomane notoire : vous rangez votre embarcation pour l’hiver, et le lendemain, vous commencez déjà à ressentir un manque. Vous tombez en mode attente, et c’est long! Les deux photos ont été prises sur le lac Rossi, dans le parc du Mont-Tremblant. Une l’après-midi lors d’une pose et l’autre le soir à notre point de départ. Ça fait du bien pour les yeux ces couleurs estivales, cette eau à l’état liquide. Ça m’aide à patienter un peu, surtout lorsque je regarde à l’extérieur et que je vois les centimètres de neige qui me séparent de la première mise à l’eau de la saison.

Bon pelletage et bon week-end