«Le journalisme civique vise à fournir aux gens des possibilités d'intervention afin de les amener à agir, et encourager l'interactivité entre les journalistes et les citoyens. Il cherche à créer un dialogue avec les lecteurs, au lieu de se borner à transmettre les informations en sens unique et à inonder le public de données, comme cela se passe si souvent dans le journalisme traditionnel.»


— Jan Schaffer, directeur du Pew Center For Civic Journalism

19 juin 2008

Affaire Rawdon : mise à jour

Bref rappel des événements
Il y a quelques mois, la Sureté du Québec et les procureurs de la Ville de Rawdon perquisitionnaient au domicile de Steve Solo, l’auteur et modérateur du forum «Dans mon village», où les citoyens de la municipalité discutaient d’affaires municipales. La perquisition visait également les domiciles de Beverly Prud'homme, son fils, ainsi que l’hébergeur du site, situé à Toronto.

Dans la mise en demeure rédigée par la firme d’avocats Dunton Rainville, on reprochait aux membres du forum de tenir «des propos haineux et méprisants envers les élus et particulièrement la mairesse Louise Major et le directeur général Jean Lacroix.»

Des poursuites
Grâce à l’obtention d’une ordonnance Anton Piller, mesure décrite comme «l’arme nucléaire du droit», la Ville de Rawdon est parvenue à identifier certains anonymes. Le 13 juin dernier, un des participants au forum qui écrivait sous le pseudonyme de «fantôme» s’est vu remettre par huissier une mise en demeure produite par la même firme d’avocats et où l’on exige du citoyen une somme de 45 000 $ en dommages et intérêts.

Lire le contenu de la mise en demeure ICI

Requêtes, motions, etc.

14 juin 2008

Billet week-end: Le clitoris serait apparu vers 1957

Le clitoris serait apparu vers 1957 - C’est du moins la conclusion que l’on peut tirer de la consultation de deux anciens ouvrages de référence portant sur… la langue. Le premier: le Dictionnaire Larousse complet des Frères des Écoles Chrétiennes, édition 1928. L’ouvrage passe du mot clisser à clivage, sans que l’on rencontre de clitoris au passage. Il s’agit tout de même d’un Larousse, si aucune mention n’est faite du clitoris, c’est forcément qu’à cette époque, il n’existait pas. De plus, s’il avait existé, les frères nous en auraient certainement informés.

Le deuxième ouvrage consulté dans ma quête visant à mettre le doigt sur la date précise marquant l’apparition du clitoris est le Dictionnaire Bélisle de la langue française au Canada, édition 1957 (?). Le clitoris est là, décrit laconiquement comme un « Petit organe érectile, placé à l’avant de la vulve.» Tiens, la vulve, c’est vrai, je l’avais oubliée! Existait-elle en 1928? Les Frères des Écoles Chrétiennes vont m’informer, eux qui étaient chargés de l’enseignement n’auraient pas passé sous silence la vulve dans un manuel scolaire signé Larousse. Eh bien non! Pas de vulve en 1928! Conclusion: selon toute vraisemblance, le clitoris et la vulve sont apparus spontanément la même année, soit en 1957.

Étonnant tout ce que l’on peut apprendre, simplement en consultant de vieux livres!

Bon week-end!

Références:

12 juin 2008

Blogue Îlot Grignon: appui de Claude Cousineau, député de Bertrand

Après Charles Garnier, préfet de la MRC des Pays-d’en-Haut, c’est au tour de Claude Cousineau, député de Bertrand, de souligner l’initiative de la mise en ligne du carnet Îlot Grignon qui, depuis le 19 mai dernier, offre aux Adélois une tribune virtuelle consacrée au projet de revitalisation du centre-ville. Une invitation officielle à soutenir cette initiative démocratique a été lancée au maire Descoteaux, à la chambre de commerce de Sainte-Adèle, au député Cousineau et au préfet Charles Garnier, dès la mise en ligne du site. Je remercie le préfet Garnier et le député Cousineau pour leur soutien ainsi que leur commentaire à propos de ce projet inédit visant à stimuler la démocratie participative au sein de la communauté adéloise.

Lentement, mais sûrement, les acteurs de l’actualité régionale apprennent à apprivoiser les possibilités du web participatif, comme en témoignent les appuis recueillis jusqu’à maintenant. Si l’on compare l’achalandage sur ce site et sur celui portant sur l’Îlot Grignon à, par exemple, celui observé aux séances du conseil ou sur le site de la Ville de Sainte-Adèle, nous constatons que ces deux tribunes attirent un plus grand nombre de citoyens, même en ne calculant que les visites uniques. Ce qui augure très bien pour l’avenir.

10 juin 2008

«Je veux être préfet à la place du préfet !»


Non, il ne s’agit pas de la dernière lubie d’Iznogoud qui aurait abandonné sa fixation d’être « calife à la place du calife ». Il s’agit d’une rumeur, émanant de diverses sources très fiables, qui soutiennent que Jean-Paul Cardinal, l’ex-maire démissionnaire de Sainte-Adèle, lorgnerait du côté de la préfecture de la MRC des Pays-d’en-Haut. Selon toute vraisemblance, Jean-Paul Cardinal n’a pas jeté l’éponge et s’apprêterait à franchir à nouveau les câbles de l’arène politique. Puisqu’il s’agit d’une rumeur, aussi solide soit-elle, je réserverai mes commentaires pour l’annonce officielle.

04 juin 2008

Les médias selon Valdombre

Dans la foulée des deux précédents billets traitant du journalisme, je reproduis un extrait des Pamphlets de Valdombre, un texte qui date de 1938. Qui est Valdombre? C’est le pseudonyme de Claude-Henri Grignon, l’auteur d’Un homme et son péché. La culture populaire retient surtout cet ouvrage — du reste très signifiant dans la culture québécoise — de cet Adélois qui fut aussi l’un des plus grands pamphlétaires de la première moitié du 20e siècle. Valdombre, le penseur libre, le lion, celui dont la plume trempée dans le vitriol en a empoisonné plus d’un. Les Pamphlets, rédigés et publiés à Sainte-Adèle, se vendaient 25 sous l’exemplaire. Alors que plusieurs prédisaient une courte vie à ses pamphlets, l’auteur écrivait dans un texte étonnamment actuel intitulé Deux ans ont passé:

«Où donc les Pamphlets puisent-ils leur force? Certainement pas auprès des trusts, des sociétés anonymes et des gouvernements. La plupart des journaux et des revues font le jeu des puissants et se trainent dans la fange. Ils vivent par les annonces et une publicité scandaleuses. Enlevez-leur cette source de revenus et ils ne résisteront pas deux mois parce qu’ils ne possèdent aucun attrait, presque pas d’idées et de prose personnelles. La presse est devenue la chose de tout le monde et de personne. On ne saurait la prendre au sérieux puisqu’elle exploite le mensonge, la nouvelle tapageuse, les instincts les plus bas et les passions populaires. La plupart du temps, on ne signe pas les articles. On n’ose pas prendre ses propres responsabilités et le lecteur reste à la merci des farceurs, de certains forbans qu’il ne serait pas mauvais de fouetter sur la place publique. Aussi, les grosses gazettes n’agissent plus du tout sur les esprits. Elles ne provoquent aucun courant d’opinions et elles galvaudent ce qu’il y a de plus sacré au monde: la vérité. Puis ces journaux servent à envelopper des ressemelages* de chaussures. On ne leur connait pas d’autres utilités. Impossible de parler ici de feuilles infectes qui vivent de jaunisme et qui offrent à leurs millions de clients une pâture ramassée dans les ruisseaux et au fond des lupanars. Quelle horreur!»

— Claude-Henri Grignon, Pamphlets de Valdombre numéro 12, novembre 1938.

Le saviez-vous?
Le mot vitriol est une dénomination de l’acide sulfurique. Il est également constitué des premières lettres d’une formule de base de l’antiquité. V.I.T.R.I.O.L. Visita Interiora Terrae (visite l’intérieur de la terre) Rectificando Occultum Lapidem (et en te rectifiant, tu trouveras la pierre cachée).

Source: Encyclopédie du savoir relatif et absolu de Bernard Werber

*Action de ressemeler, soit garnir de semelles neuves.

03 juin 2008

À quoi sert un journaliste?

C’est à cette question que répond Alain Girard, Premier Secrétaire général
du Syndicat national des journalistes sur le site Assises internationales du journalisme.

«A quoi sert un journaliste ? Les réponses ne manquent pas : décrypter le monde ; informer le citoyen et lui permettre de se faire une opinion ; rechercher et dire les choses tues ; apporter un éclairage sur la conduite des politiques publiques et les conséquences des initiatives privées ; alerter la société sur les dangers qui la menacent et souligner les mouvements qui la font grandir… Ayant choisi d’y faire toute ma carrière, je m’arrêterai toutefois sur le rôle particulier de la presse « de proximité », et donc du journaliste « localier » : contribuer à faire vivre ces piliers de la démocratie que sont la liberté d’expression et l’égalité entre les citoyens, jusque dans les plus petits recoins du territoire. Le journalisme ne doit pas, en effet, se limiter aux faits majeurs et aux discours dominants. La profession, dans sa diversité, se doit d’être à l’écoute des mouvements d’opinion les plus divers, de mettre en perspective tous les événements, grands et petits, de se faire l’écho des interrogations et des initiatives citoyennes, jusqu’aux plus modestes.»

Plusieurs acteurs de la scène politique et économique régionale devraient méditer sur les paroles d’Alain Girard.

02 juin 2008

Journaleux, une espèce en voie d’apparition

Ce titre est un clin d’œil à celui de la chronique de Lise Payette, publiée dans l’édition du 30 mai du Devoir: Journaliste, une espèce en voie de disparition. Je retiens cet extrait du texte lumineux de Lise Payette que je vous invite à lire en entier:

« Faire taire les journalistes — C'est le rêve de tout pouvoir. Pour le comprendre, il suffit de regarder la performance des premiers ministres Stephen Harper et Jean Charest dans ce domaine. Priver les journalistes des renseignements qu'ils demandent, cultiver le mystère et souvent le mensonge, apprendre à ne pas répondre aux questions, ignorer les journalistes. Les traiter en minables pour les remettre à leur place plutôt que de les traiter comme des représentants du public à la recherche de la vérité. Sans les journalistes, notre monde nous paraîtrait plus tranquille au jour le jour, mais nous aurions une drôle de surprise quand nous découvririons tout ce qui nous a été caché et que nous aurions dû savoir pour prendre les bonnes décisions.»

En région, la pratique du vrai journalisme est périlleuse. Sans doute les effets pervers du journalisme de proximité. Les journalistes qui s’y aventurent sont la cible d’intimidation de groupes attachés à leurs privilèges et qui tirent avantage du maintien de l’ordre établi. Les hebdos locaux — pas tous — deviennent les promoteurs d’une réalité factice où tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. Écouter l’autre partie — audi alteram partem — est un principe qui désormais sommeille tout au fond des tiroirs des bureaux de rédaction. Il ne faut pas choquer, ne pas brusquer. On se complait dans un positivisme ronronnant, dans un bonheur insoutenable. Si bien, que les journalistes deviennent des journaleux qui font office de relationnistes à la solde des éditeurs, des annonceurs, et autres petits groupes. Les dossiers de fonds sont aiguillés vers la voie de service et sombrent dans l’oubli.

Il fut une époque où l’on comptait sur les journalistes pour nous informer. Aujourd’hui, la profession vit ce que plusieurs décrivent comme une véritable crise. La crédibilité des journalistes est mise en doute — souvent avec raison — depuis que l’actualité est un produit de divertissement et que les articles servent de décoration aux publicités. Le lectorat doit exiger du contenu de qualité et faire pression sur les éditeurs. Les journalistes doivent être plus solidaires et défendre, toute bannière confondue, la liberté de presse, un élément essentiel à la bonne santé de la démocratie.

La prochaine révolution de l’information en région aura lieu sur le web: aucun coût d’impression et de distribution, donc, plus de budgets à consacrer au contenu et aux journalistes, qui sont généralement sous-payés, surexploités et souvent traités comme de la marchandise jetable.

30 mai 2008

Thank God it's Friday!

Pas facile cette semaine. Mon ordinateur était à l’hosto: greffe du bloc d’alimentation. Opération réussit! Tout fonctionne normalement. Ma prise de conscience de la semaine: je dépends entièrement de mon ordinateur et je trouve ça un peu troublant.

En vrac - Lapsus amusant du rédacteur en chef du journal Accès qui dans son texte annonçant la mise en ligne du blogue Îlot Grignon a titré : Îlot Grognon de Sainte-Adèle: Une initiative journalistique inédite à l’ère du Web participatif. Les doigts ont fourché, le I étant juste à gauche du O… J’adore ces lapsus qui ont un sens (et non qui font du sens, un calque de l’anglais to make sense). C’est vrai qu’il est grognon cet Îlot.

J’essaie en vain depuis deux semaines de joindre le maire Descoteaux afin de l’inviter de vive voix à collaborer au carnet portant sur l’Îlot Grignon. Je l’appelle, il n’est pas là. Il m’appelle, je ne suis pas là. M. Descoteaux, il faut qu’on se parle. Plusieurs font la file derrière vous pour avaliser cette initiative journalistique.

Je déguste le livre de Claude-Henri Grignon, publié sous la direction de Pierre Grignon: Olivar Asselin, pamphlétaire maudit. J’ai aussi le privilège de posséder quelques exemplaires originaux des Pamphlets de Valdombre de Claude-Henri Grignon. Un pur délice! J’y reviendrai bientôt.

Le journalisme se porte mal, c’est du moins ce qui ressort de la lecture de certains éditoriaux publiés cette semaine. À qui la faute? En grande partie aux journalistes eux-mêmes, peu solidaires et qui marinent dans un journalisme de médiocrité. Où sont les journalistes de combat?

Le journal Accès est revenu dans les présentoirs adélois. Mieux, les exemplaires parviennent à y vivre jusqu’à la distribution suivante.

Thank God it's Friday!

23 mai 2008

Revitalisation du centre-ville adélois à l’ère du Web participatif

Je suis fier d’annoncer aux lecteurs adélois la mise en ligne d’un blogue entièrement consacré au projet de revitalisation du centre-ville adélois. L’idée de ce carnet s’est imposée naturellement à la suite de commentaires recueillis auprès de différents groupes environnementaux, de citoyens et d’anciens élus de la municipalité adéloise qui déplorent tous le manque d’informations disponibles concernant cet important projet qui, jusqu’à maintenant, soulève davantage de questions qu’il n’apporte de réponses.

Tous, sans exception, sont invités à y participer : municipalité, élus, acteurs de la scène politique et économique adéloise, chambre de commerce, citoyens et toutes personnes pouvant enrichir la réflexion concernant cet important projet. Il ne s’agit pas d’un site contre le projet de revitalisation du centre-ville, mais bien d’une tribune ouverte dont l’objectif est de rassembler toute l’information pertinente, les propositions, bonnes ou mauvaises, concernant un projet d’importance pour Sainte-Adèle. Le projet est lancé en collaboration avec le journal Accès où je publierai des articles relatant les échanges qui se dérouleront dans le nouveau blogue.

Mon rôle se limitera à celui d’administrateur du site. Je publierai à l’occasion des résumés en fonction de l’évolution du dossier. Ce n’est pas un blogue présentant les opinions de l’auteur. Je précise également que les commentaires anonymes ne seront pas autorisés.

J’ai invité la Ville de Sainte-Adèle ainsi que la chambre de commerce de Sainte-Adèle à participer à cette tribune par le biais de communiqués qui seront publiés intégralement. J’ai également offert aux personnes suivantes la chance d’appuyer officiellement cette initiative démocratique : Claude Descoteaux, maire de Sainte-Adèle, Claude Cousineau, député de Bertrand, Marcelle Bergeron, directrice de la Chambre de commerce de Sainte-Adèle et Charles Garnier, préfet de la MRC des Pays-d’en-Haut. Tous ont été invités à me communiquer leur appui qui sera publié dans le site. Il s’agit d’une occasion unique pour les acteurs de la scène adéloise d’apprivoiser les possibilités démocratiques du Web participatif qui offre à tous la liberté d’exprimer des commentaires, points de vue et idées et ainsi participer à un débat public par le biais d’un site administré par un journaliste. Appuyer le projet ne signifie pas cautionner automatiquement tous les propos tenus dans le site, mais plutôt affirmer une volonté de rapprochement entre les citoyens et les élus et faire preuve d’ouverture vis-à-vis des débats publics diffusés par le truchement d’un outil démocratique bien administré.

J’accepterai également les lettres d’appui dument signées de citoyens et d’autres blogueurs.

Bon débat à tous!

13 mai 2008

Développement du centre-ville adélois: la machine est en marche

Dans un discret avis public publié en page 53 de l’édition du 9 mai dernier du Journal Lavallée, la Ville de Sainte-Adèle annonçait le lancement d’un appel de qualification «dans le but de retenir une entreprise apte à fournir des services en construction d’immeubles et en gestion de projets immobiliers.» Plus bas dans le texte on peut lire:«Les demandes de qualifications ne seront pas ouvertes publiquement.»

Ai-je manqué un épisode de la série Centre-ville? Sommes-nous déjà au stade de la construction? Que va-t-on construire dans ce parc? Le site officiel de la Ville reste muet quant à la nature de ces constructions. Pour en apprendre davantage, il faut consulter le compte-rendu de la dernière réunion du conseil d’administration de la chambre de commerce de Sainte-Adèle :« Îlot Grignon – M. Lamarche explique que le conseil modifie légèrement les plans, par exemple les espaces de stationnement seront diminués de 500 à environ 400, une partie résidentielle sera ajoutée à l’intérieur de l’îlot, une bibliothèque avec verrière sera peut-être ajoutée, etc. La Ville est actuellement à la recherche de promoteurs. Cette étape complétée, la Ville émettra des points de communications (vers septembre). Monique Meilleur Viau suggère que les personnes qui faisaient partie du comité initial continuent d’y œuvrer. Gil Imbert se joint au comité.»

Il me semble avoir entendu durant la dernière campagne électorale que l’on procéderait enfin à une véritable consultation publique à propos de la revitalisation du centre-ville. Plusieurs soutiennent que ce projet a souffert jusqu’à maintenant d’un manque de transparence qu’il faut de toute urgence corriger. Nous savons que les projets les plus prometteurs sont ceux qui obtiennent l’accord de l’ensemble de la communauté. Exception faite des commerçants, qui exigent toujours plus de cases de stationnements, je ne crois pas que le projet dans sa forme actuelle — qui semble d'ailleurs variable — obtienne l’accord des Adélois. Entre l’obsession des uns concernant les cases de stationnement et celle des autres qui souhaiteraient reproduire la forêt boréale dans le centre-ville, se trouve possiblement le projet qui plairait à l’ensemble des citoyens.

Les informations parcellaires qui nous parviennent laissent croire que l’on est à concevoir un projet de type buffet, de ceux qui proposent un petit peu de tout, et beaucoup de riens. La revitalisation de ce quadrilatère est une étape importante dans le développement d’une ville qui par le passé a raté beaucoup de rendez-vous avec le bon sens. Il est impératif que les citoyens s’assurent que ce projet servira les intérêts de tous et non ceux d’un petit groupe de lobbyistes souterrains bien connus. Certains de ceux qui sont associés à plusieurs fiascos adélois gravitent aujourd’hui autour de ce projet. Quand les mauvaises idées circulent sans cesse à l’intérieur d’un même groupe de visionnaires myopes, il ne faut pas s’étonner que Sainte-Adèle soit aujourd’hui une ville où l’on retrouve une forte concentration de projets inachevés et discutables sur le plan de l’urbanisme. Souhaitons que les artisans de ce projet aient la sagesse d’étudier ce qui se fait ailleurs et surtout, qu’ils n’agissent pas avec empressement pour satisfaire uniquement les commerçants. Pour y arriver, il faudra, avant de construire, planifier et consulter. Plusieurs Adélois ont des propositions intéressantes concernant la revitalisation du centre-ville. A-t-on seulement la volonté de les écouter?

J’offre cette tribune à ceux et celles qui souhaitent exprimer leur vision de la revitalisation du centre-ville adélois. Dans quelques mois, il sera trop tard pour critiquer si personne n’agit alors que c’est le temps de le faire.

Un dossier à suivre

12 mai 2008

Musique de chambre ou berceuse pour enfant terrible?

«Pas de boycottage organisé contre le journal Accès». C’est ce qu’affirme la chambre de commerce de Sainte-Adèle dans un communiqué — publié dans le dernier Accès — qui se veut une réponse à l’article «sur le prétendu boycottage par les commerçants de Sainte-Adèle.»

Le hic, c’est qu’il n’est pas «prétendu» ce boycottage. Il est même documenté par de solides témoignages au-dessus de tout soupçon. Mais la CCSA a fait sa propre enquête: « Après avoir recueilli les commentaires de plusieurs commerçants, il n'y a pas de ''boycott'' d’organisé contre le Journal L’Accès Laurentides.» Voilà, c’est donc réglé. Ça revient à demander aux enfants qui jouent au baseball sous votre fenêtre lequel d’entre eux a frappé la balle qui a fracassé votre vitre. Pourquoi les principaux intéressés n’ont-ils pas élargi la portée de leur «enquête» en appelant simplement au journal pour connaitre certains faits? Vous agissez de la sorte quand la vérité ne vous intéresse pas ou lorsque vous la connaissez, mais que vous préférez l’occulter, ce qui est beaucoup plus inquiétant.

Nous SAVONS et AVONS les preuves que le boycottage existe. Que la CCSA persiste à le nier n’a rien de vraiment étonnant. Les «boycotteux» ont mis la main dans un engrenage. Le reste va bientôt y passer. Ils se sont fait prendre comme des écoliers qui, mis devant les faits, persistent à nier leur méfait. Précisons qu’il ne s’agit que d’un petit groupe de commerçants qui ternit l’image de l’ensemble des membres de la CCSA.

Je sais que je n’ai pas la cote auprès des têtes dirigeantes de l’organisme. Vous savez quoi? Ça me réjouit presque. Parce que, honnêtement, c’est pas fort ce qui se passe présentement dans les coulisses de notre chambre de commerce, récemment montrée du doigt par son homologue Saint-Sauveroise. J’ai invité récemment Marcelle Bergeron, directrice de l'organisme, à participer à une entrevue. Pas de controverse, pas de débat, juste des questions pertinentes sur sa vision de l’avenir économique de Sainte-Adèle. Une page ou deux avec la CCSA en vedette dans l’Accès. J’ai levé le drapeau blanc, proposé une trêve, histoire de parlementer et de brasser des idées, bonnes ou mauvaises, en toute bonne foi. Quel directeur raterait une telle occasion de mettre son organisme de l’avant dans un média?

Pas de réponse de la directrice.

Lors d’un échange de courriels, j’ai également invité Christian Jasmin, l’ancien président de l’organisme, à s’asseoir avec moi afin qu’il constate par lui-même que je ne suis pas «l’acharné» décrit par certains, encore moins un «Gilles Proulx adélois». À ce stade, ce n’est plus une perche qui est tendue, c’est un pont qui est lancé.

Toujours ce silence radio.

Lorsque l’on a peur des questions, c’est qu’on n’a pas confiance en ses réponses ou plus simplement, que l’on dédaigne les éprouver sur la place publique.

La conclusion du communiqué de la CCSA scelle la preuve que l’organisme n’a aucune idée de ce qu’est un véritable journal et encore moins du rôle qu’il doit jouer:« Votre journal est aussi un commerce et nous croyons que dans cette optique nous avons intérêt, l'un comme l'autre, à conjuguer nos efforts pour faire la promotion de notre belle région et ainsi favoriser son développement économique.»

Le rôle d’un journal n’est pas de faire la promotion d’une région ni de favoriser son développement économique. Le rôle d’un journal — prenez des notes, messieurs-dames de la CCSA — est d’informer. Un concept qui de toute évidence déplait à certains membres de l’organisme ainsi qu’à plusieurs acteurs de la scène adéloise.

Notons que depuis la publication de cette affaire de boycottage dans les pages d’Accès et dans ce blogue, les exemplaires du journal se trouvent beaucoup plus facilement à Sainte-Adèle.

En conclusion, toute cette histoire de «boycotteux» se résume par ce commentaire laissé un jour par une lectrice du Blogue-Notes dans le cadre d’un autre dossier:«ils me font penser à mon chat qui se croit bien caché sous une table en verre avec la queue qui dépasse».

[En passant, il est préférable d’écrire boycottage et non boycott. Boycottage est un éponyme, c’est à dire un mot formé à partir d’un nom propre. Boycottage vient de Charles Boycott, un intendant irlandais auquel des tenanciers auraient refusé de payer leur loyer à cause de sa sévérité. L’utilisation de boycott est donc à éviter, car il s’agit d’un anglicisme qui est toutefois toléré ailleurs dans la francophonie.]

08 mai 2008

OuacH2O (prise 2)

Le printemps dernier, j’attirais l’attention des lecteurs de ce carnet et des élus de l’époque — car il s’agit bien d’une autre époque — sur ce tuyau qui déverse impunément matière fécale, condoms souillés, tampons usagés, sachet de drogue et autres gracieusetés des égouts de Sainte-Adèle directement dans la Rivière-du-Nord. La «prise de conscience» des élus avait mené à la fermeture du site de mise à l’eau de l’entreprise Les excursions de la Rivière-du-Nord, situé à seulement quelques mètres en aval du déversement. La publication de mon billet m’avait alors valu un appel personnel du maire Jean-Paul Cardinal, heureux de m’annoncer que l’on procèderait sous peu à l’installation d’une grille de rétention des matières solides, une mesure temporaire, en attendant celles qui mettraient fin à ce déversement honteux. Un an plus tard : pas de grille de rétention, aucune mesure finale, sinon celle que l’on peut prendre du laxisme dont ont fait preuve les responsables dans ce dossier.

Rappelons que le tuyau fut volontairement brisé par la Ville afin que son contenu se déverse directement dans la rivière. Fait troublant : l’inspection des lieux nous montre que le site de déversement se trouve à proximité de l’usine de filtration des eaux usées et que selon toute vraisemblance, le tuyau — avant qu’il soit brisé — filait droit vers cette usine. Pourquoi l’a-t-on brisé? Qui a ordonné les travaux? Toujours pas de réponses.

Bien des drames ont secoué Sainte-Adèle depuis le printemps dernier. Résultat: une nouvelle administration qui en a plein les bras et qui possiblement ne connait même pas l’existence de ce déversement — du moins les nouveaux élus.

Je m’engage à accompagner personnellement le maire Descoteaux lors d’une visite des lieux, s’il le souhaite. Je m’engage également à accorder la même couverture médiatique aux mesures qui seront prises pour mettre fin à ce grave problème environnemental que je l’ai fait pour le laxisme dont ont fait preuve ses prédécesseurs.

L’invitation est lancée publiquement afin de jouer franc-jeu.

Article publié dans l'Accès du 7 septembre 2007 ICI

Prochainement: une vidéo du tuyau en action.

Légende photo: photo prise le 7 mai 2008. Une eau grisâtre qui exhale des relents d'égouts s'échappe du tuyau. Dans les branches: condoms, serviettes hygiéniques, sachets vides de drogue, le tout déversé directement dans la magnifique Rivière-du-Nord.

PHOTO: André Bérard

04 mai 2008

Guy Paré «The Sequels»

MISE À JOUR ET PRÉCISIONS
[ Lisez le communiqué original publié sur le site Corporate Canada Travel (CCT).
Précisons également que Guy Paré n'est plus associé officiellement à Attitude Nord et que son rôle dans le projet sera celui de chargé de projet et non de promoteur, comme le laisse entendre l'article paru dans le journal des Pays-d'en-Haut. ]


En lisant la dernière livraison du journal des Pays-d’en-Haut, j’apprenais comme beaucoup d’Adélois que le géant américain de l’hôtellerie Howard Johnson « s'apprêterait à construire un nouveau centre de villégiature à Sainte-Adèle. L'hôtel de 120 chambres sera construit sur le terrain de l'ancien Quidi Vidi et c'est Guy Paré, d'Attitude Nord, qui en sera le promoteur.»

J’ai un nombre incalculable de fois soutenu que les clés de la ville avaient été cédées aux promoteurs. Cette nouvelle qui vient de tomber ravive cette conviction. En fait, elle la confirme. Voilà donc que le controversé Guy Paré — et je ne fais pas uniquement référence à l’affaire Mongeau — persiste dans son entreprise d’«urbanalisation» de Sainte-Adèle. D’abord avec les condos Delacroix, un projet dont les frasques ont fait la manchette. Ensuite, le Manoir de l’Aigle, un autre projet avorté qui fera place à celui du géant américain Howard Johnson, sous les bons offices de Guy Paré.

Si le projet se réalise, c’est la fin du Chanteclerc et des autres petites entreprises locales qui œuvrent dans le domaine de l’hébergement. Le faible taux d’occupation (environ 40 %) ne permet pas la venue d’un nouveau joueur de ce gabarit à Sainte-Adèle. Que feront les élus? Se contenteront-ils une fois de plus de plaider l’impuissance en invoquant l’argument anémique que le promoteur respecte les règlements municipaux? Tendront-ils docilement à Guy Paré, flanqué de son géant américain, l’Acte de décès d’un secteur d’activité vital pour la ville? L’enjeu déborde largement de la sphère légale. C’est un dossier politique qui appelle des mesures exemplaires afin de protéger les entreprises locales et de défendre les intérêts de tous contre le profit d’un seul. Le maire Descoteaux et son équipe trouvent dans cette annonce de la venue d’un géant américain à Sainte-Adèle une occasion unique de prendre position dans un dossier qui n’est pas le fait de l’ancienne administration.

Un observateur soulignait que nous assistons peut-être aux prémices d’une stratégie plus vaste visant à affaiblir les entreprises locales afin de les racheter à bon prix pour ensuite tripatouiller dans les zonages — une spécialité adéloise — et cerner une ville qui ne se défend plus.

Sainte-Adèle doit se libérer du complexe de la région qui la pousse à imiter les grands centres urbains. Elle doit miser sur ses forces et ses ressources et mettre au pas les promoteurs qui profitent largement du laxisme qui a caractérisé l’administration Cardinal face à ceux-ci.

03 mai 2008

3 mai: Journée internationale de la liberté de presse

En cette Journée mondiale de la liberté de presse, Freedom House évalue que la liberté de la presse a connu un net recul en 2007 dans le monde pour la sixième année consécutive.

Un lecteur vient de m’écrire ceci: «En cette Journée internationale de la liberté de la presse, j’ai pensé à toi qui représentes bien l’importance de se souvenir de cette notion pour notre société. Il semble qu’il existe une liste de «prédateurs» à l’échelle mondiale. Peut-être que certains commerçants de Sainte-Adèle pourraient s’y retrouver?»

Nous croyons, souvent à tort, que la liberté de presse est un droit acquis. Les nouveaux médias comme celui-ci imposent une transparence qui pousse dans leur dernier retranchement ceux qui dédaignent la liberté d’expression ou qui pratiquent une démocratie à sens unique, comme ici à Sainte-Adèle.

Je salue Pierre Urquhart, directeur général de la chambre de commerce de Saint-Sauveur, qui dans un article paru dans l’Accès, déplore l’attitude de certains membres de la chambre de commerce de Sainte-Adèle qui ont organisé un boycottage de l’hebdomadaire: «Il s’agit clairement d’un manque de vision de ces commerçants de Sainte-Adèle. Se mettre un média à dos, c’est l’une des pires choses à faire pour sa municipalité… »

Des propos d’envergure qui contrastent avec ceux de Pierre Durocher, président de la CCSA, qui s’est contenté d’annoncer qu’il allait consulter son conseil d’administration avant de décider si la chambre de commerce adéloise réagirait. La bonne réponse aurait dû être :« Le conseil d’administration et moi étudierons cette affaire avec attention. Je tiens cependant à préciser que l’organisme que je représente dénonce toutes actions visant à brimer la liberté de presse et ne cautionne aucune campagne de boycottage d’un média. »

Le rendez-vous manqué avec la transparence d’un organisme abonné aux messes basses.

25 avril 2008

Fahrenheit 451

Lisez aussi la chronique de Josée Pilote, coéditrice du journal Accès.

Le journal Accès a la confirmation qu’un petit groupe de commerçants membres de la chambre de commerce de Sainte-Adèle a organisé «une période de temps plus dure pour le journal Accès.» Parallèlement, nous constatons depuis plusieurs semaines qu’il est difficile de se procurer des exemplaires de l’Accès dans les principaux points de distributions adélois. Je reçois personnellement des messages à ce sujet de citoyens qui se questionnent sur cette situation.

En mars dernier, j’ai mené ma petite enquête. J’ai en effet noté que les présentoirs d’Accès du Métro, de la caisse populaire Desjardins et du IGA étaient vides. Je me suis rendu à Saint-Sauveur pour constater que L’Accès était bel et bien distribué. Même chose du côté de Val-David et de Sainte-Agathe où les présentoirs étaient bien garnis. La distribution du journal se fait depuis le sud vers le nord. Il est donc étrange de constater que seule la ville de Sainte-Adèle est en «pénurie» d’Accès. Je ne conclus pas que le boycottage organisé par certains commerçants adélois est relié à ce vidage des points de distribution. Seulement, le synchronisme des événements est troublant et soulève des questions.

Je connais le nom de l’initiateur du boycottage. C’est un membre de la chambre de commerce de Sainte-Adèle. Je n’ai pas à dévoiler son nom ici, car c’est une affaire concernant le journal et l’individu. Le geste du commerçant est condamnable, car il jette le discrédit sur l’ensemble des membres de la chambre de commerce. Je souhaite que la directrice et le président de la CCSA ainsi que le maire Descoteaux (la Ville finance en partie la CCSA) prennent position publiquement et condamne une telle pratique rétrograde. Que ce commerçant et ses acolytes sachent que contrairement à ce qu’ils soutiennent, le journal Accès et ce blogue ne s’acharnent aucunement sur la Ville de Sainte-Adèle. Ce sont les Adélois eux-mêmes qui nous communiquent les informations, cherchant à faire connaître des situations qu’ils jugent inacceptables. En s’attaquant à un média, ce groupuscule foule aux pieds non seulement la liberté d’expression, mais tout un mouvement citoyen, et ce, par crainte de voir leurs recettes diminuées. Dans ce contexte, qui nuit le plus à Sainte-Adèle? Comment s’étonner ensuite que la CCSA n’ait pas bonne presse auprès des citoyens adélois?

J’invite également les membres de la CCSA qui désapprouvent de telles pratiques à prendre position publiquement.

Toute cette histoire rappelle Fahrenheit 451

Photos prises un samedi du mois de mars

Sainte-Adèle:



Val-David et Sainte-Agathe:




Photos: André Bérard