«Le journalisme civique vise à fournir aux gens des possibilités d'intervention afin de les amener à agir, et encourager l'interactivité entre les journalistes et les citoyens. Il cherche à créer un dialogue avec les lecteurs, au lieu de se borner à transmettre les informations en sens unique et à inonder le public de données, comme cela se passe si souvent dans le journalisme traditionnel.»


— Jan Schaffer, directeur du Pew Center For Civic Journalism

17 janvier 2008

Perception et réalité

La case A et B sont de la même couleur. La deuxième illustration le prouve. Ceux qui sont familiers avec le logiciel Photoshop n’ont qu’à vérifier avec la pipette.

Voir c’est croire? Vraiment? Dans mes activités de journaliste, je dois quotidiennement mettre en balance cette variable qu’est la perception. Ne s’en tenir qu’aux faits n’est pas une mince affaire. Car les faits sont la plupart du temps relayé par des humains à d’autres humains. Le fameux «facteur humain.» En journalisme, si l’on veut bien travailler, nous devons systématiquement douter. Certains appellent ça de l’acharnement — particulièrement ceux qui tirent avantage de l’illusion — d’autres du professionnalisme. Quand je reçois un communiqué, je dois lire entre les lignes, mais aussi derrière et sur les côtés. Quand un politicien me dit que les cases A et B sont de la même couleur, je pourrais m’en contenter, comme plusieurs le font, car en apparence rien n’indique le contraire.

Mon slogan est le suivant :«Je préfère trouver des questions à mes réponses que des réponses à mes questions». Douter, questionner, exercer son esprit critique ne doit pas être le propre des journalistes. C’est une attitude que tout citoyen devrait cultiver afin de s’approcher le plus prêt possible de cette fameuse «vérité» à géométrie variable.
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4 commentaires:

Pascal Veilleux a dit...

Bonjour André,
Excellent petit jeu. Je me suis permis sur mon blogue de faire le lien avec mon champ d'activités.
Merci.

André Bérard a dit...

@ Pascal Veilleux

Bonne idée! Le principe s'applique à tous les champs d'activités.

Zoreilles a dit...

Ah comme vous avez raison, il n'y a rien de plus difficile que l'observation pure et simple des faits, sans être biaisé par nos propres perceptions.

J'en veux pour preuve un « exercice d'observation des faits » réalisé dans un cours de communication consciente, cours que j'ai suivi l'année dernière. La prof m'avait demandé de sortir du local et d'y entrer à son signal, (pendant ce temps, elle s'adressait au groupe, insistant qu'on s'en tienne uniquement aux faits) et moi, je devais improviser quelque chose, des petites actions toutes simples, pendant que le groupe devait observer pour ensuite rendre compte des faits...

J'étais entrée dans la classe en souriant, j'avais marché d'un pas normal jusqu'au tableau où j'ai dessiné sommairement un paysage de forêt, un petit camp, un soleil. Puis, j'étais allée à la grande fenêtre, j'avais tourné le dos au groupe et j'avais regardé dehors. Je m'étais retournée vers eux et j'avais déclaré : « Fin de l'exercice! »

Vous auriez dû entendre l'observation des faits selon les étudiants. On a tout dit, on a déformé mes intentions, mes pensées, mes actions, mes objectifs! Par exemple, on a dit que j'avais l'air heureuse, que je marchais d'un pas sautillant, que j'avais tellement plus le goût d'être en forêt qu'à ce cours, qu'en regardant dehors, j'étais à la recherche de ma liberté, etc.

Incroyable!

Votre test est concluant, en effet, nos perceptions sont toujours faussées par mille choses dans l'environnement...

exemple a dit...

Le journalisme et la politique sont effectivement des activités où nous devrions nous méfier des apparences. Mais souvent,nous sommes notre pire ennemi.

Le code criminel utilise des termes très appropriés pour les observateurs que nous sommes, soit «l'aveuglement volontaire»

Bien oui...en amour aussi.