«Le journalisme civique vise à fournir aux gens des possibilités d'intervention afin de les amener à agir, et encourager l'interactivité entre les journalistes et les citoyens. Il cherche à créer un dialogue avec les lecteurs, au lieu de se borner à transmettre les informations en sens unique et à inonder le public de données, comme cela se passe si souvent dans le journalisme traditionnel.»


— Jan Schaffer, directeur du Pew Center For Civic Journalism

31 août 2006

Urbanisation VS tourisme

Récemment, les différents médias écrits de la région des Laurentides reprenaient certains passages du communiqué émis par Tourisme Laurentides et ses partenaires. Le document présentait les grandes lignes du Plan directeur de développement touristique régional Laurentides 2006-2011.

Ce plan, dont la réalisation a été confiée à la firme Zins Beauchesne et associés, nous parle, entre autres choses, de la perception qu’ont les tourismes de notre région. Un passage a particulièrement capté mon attention.

« La région des Laurentides est donc appréciée pour ses deux visages : l'aspect vivant, convivial, actif, achalandé d’une part, et l'aspect grande nature, calme, repos, juste un peu en retrait des grands axes, d’autre part. Les clientèles sont par ailleurs inquiètes quant au développement trop commercial de la région, de la dégradation des paysages, de l'urbanisation accélérée.»

On reproche également à notre région le manque d’activités culturelles et la congestion des routes.

À la lumière de ces précieux indicateurs, nous sommes en droit de nous demander si la ville de Sainte-Adèle n’est pas en train de dévier les touristes vers les villes qui ont synchronisé leur développement avec celui du secteur touristique. Des projets comme les condos Delacroix et la « revitalisation » du centre-ville de Sainte-Adèle ne seraient-ils pas les prémisses d’une longue série de projets qui cristaliseront les points négatifs soulevés par les sondages menés dans le cadre du plan directeur? Soyons lucides, avec ses 500 places de stationnement et l’ajout de commerces, le terme commercialisation convient davantage que «revitalisation» utilisée par l’administration municipale pour décrire l’avenir de notre centre-ville.

L’urbanisation et la commercialisation de Sainte-Adèle n’ont pour objectif que d’accueillir la masse de baby-boomers qui se déversera sur la région dans les prochaines années. C’est une vision à court terme qui ne fait que repousser les problèmes reliés au véritable développement des régions dans la cour des générations futures. N’oublions pas que la génération des baby-boomers, comme toutes celles avant elle, s’éteindra un jour. Miser sur un mouvement éphémère de population ne représente pas une solution rentable à long terme. Cette vision purement comptable de l’avenir de notre ville risque d’allonger la colonne des pertes dans un avenir plus ou moins rapproché.

Les villes de la région dotées d’une véritable vision du développement durable et soucieuses du respect des patrimoines bâtis et naturels, constitueront des milieux de vie de qualité et offriront aux touristes un lieu agréable où séjourner. Notre ville ne vise-t-elle pas à côté de la cible tout en gaspillant ses précieuses munitions?

Et vous, qu’en pensez-vous?

1 commentaire:

Accent Grave a dit...

Dans son "Petit Cours d'Auto-Défense Intellectuelle", Normand Baillargeon devrait ajouter:

revitalisation = commercialisation

Accent Grave