«Le journalisme civique vise à fournir aux gens des possibilités d'intervention afin de les amener à agir, et encourager l'interactivité entre les journalistes et les citoyens. Il cherche à créer un dialogue avec les lecteurs, au lieu de se borner à transmettre les informations en sens unique et à inonder le public de données, comme cela se passe si souvent dans le journalisme traditionnel.»


— Jan Schaffer, directeur du Pew Center For Civic Journalism

05 décembre 2006

Mise au point de la Ville

À la suite des remous provoqués par la réception de mises en demeure par ce carnet et celui de M. Millette, la Ville de Sainte-Adèle, par l’intermédiaire de la firme privée de communication Octane-Stratégie a publié ce communiqué.

Mise au point de la Ville de Sainte-Adèle

Sainte-Adèle, le 5 décembre 2006 – À la suite de l’envoi d’une mise en demeure et de précisions identifiant clairement des propos jugés diffamatoires inscrits sur des blogues tenus par des citoyens de la municipalité, la Ville constate que lesdits propos ont été retirés.

« Je crois et croirai toujours que la liberté d’expression sur les blogues n’inclut pas le droit de diffamation. Les récents correctifs me satisfont. Nous resterons vigilants, mais nous considérons l’incident clos», a déclaré M. Jean-Paul Cardinal, maire de la municipalité.


Ce communiqué a été publié sur le site du journal Accès. Je déplore le fait que Blogue-Notes n’a pas aussi obtenu un exemplaire du communiqué, car cette affaire, rappelons-le, a d’abord été publiée dans ce carnet.

Concernant les correctifs, j’attire votre attention sur le fait que je n’ai pas retiré les commentaires en entier, comme l’exigeait la mise en demeure. J’ai seulement retiré les quelques mots jugés litigieux, et ce, dans le but de respecter aussi les auteurs des commentaires. Ce qui semble satisfaire le maire Jean-Paul Cardinal.

J’ai reçu ce matin un appel de M. Cardinal qui m’a expliqué sa position dans cette affaire. Conversation civilisée où nous avons chacun exprimé notre lecture des événements. Je persiste à croire que cet appel aurait dû se faire avant l’envoi de mises demeure. Ce qui aurait évité les inutiles coûts légaux qui ont été investis par les contribuables dans ce dossier. Sans compter la production du communiqué. Je suis intimement convaincu qu’il s’agissait bel et bien d’une tentative d’intimidation qui a tourné au vinaigre et qui s’est retournée contre les expéditeurs. Je laisse les lecteurs juger par eux-mêmes.

Le journalisme civique qui se pratique dans les blogues comme celui-ci est un phénomène émergeant. Les élus de tous les paliers de gouvernements doivent s’y adapter et apprivoiser ce nouveau média libre. D’autres accrochages sont à prévoir, mais je crois que nous, carnetiers, venons d’avancer d’une case dans la bonne direction grâce à ces événements. Cependant, le fait de ne pas avoir figuré dans la liste d’envoi du communiqué de la Ville, démontre qu’il reste encore beaucoup de chemin à parcourir avant que les administrations municipales intègrent les carnets dans le paysage médiatique. Les blogues sont branchés directement sur les citoyens. C’est du direct où il est pratiquement impossible de se défiler.

M. Millette du Carnet de Sainte-Adèle, le second carnet visé par une mise en demeure, affirme quant à lui : « Nous avons fait un pas pour l'harmonie de notre ville. La balle est maintenant entre les mains de l'équipe adverse et ce serait maintenant à leur tour de se montrer bons joueurs en faisant un pas positif dans notre direction. » Propos que j’endosse entièrement.

Les carnetiers se sont mobilisés dans une opération de solidarité unique en ce genre au Québec. Les questions posées par l’affaire des mises en demeure devraient faire l’objet de débats. Le vide juridique concernant la responsabilité des auteurs de carnets vis-à-vis des commentaires laissés par leurs lecteurs devra être comblé. L’immunité dont disposent les anonymes devrait, elle aussi, être remise en question. Nous venons d’écrire un chapitre dans l’histoire des blogues au Québec. Nous devons maintenant nous attaquer à l’écriture du livre.

2 commentaires:

Carl a dit...

Par définition, la liberté d’expression est sans limites! Quand on essai de définir des limites, on ouvre la porte à tout genre d'interpretations par tout mannière de gens avec des agendas personelles. Je ne compterai jamais sur des admins ou élus pour pour me proteger contre la libre parole! Je suis capable de juger pour moi-même.

La plupart des lecteurs ont assez de sagesse pour ignorer des commentaires anonymes et sans fondation factuelle.
Je suggère à notre maire de mettre son energie (et notre argent) à nettoyer les graffittis dans notre parc, au lieu d'essayer de nettoyer le internet!

Omo-Erectus a dit...

Voilà. L'incident de la mise en demeure tire à sa fin. Les finances publiques des adelois ne s'en porteront que mieux.

Pour ma part, je veux vous saluer, Bérard, pour la distinction et l'élégance avec laquelle vous avez géré cette malheureuse affaire. Jamais vous ne vous êtes emporté, pas plus que vous n'avez réduit vos échages en deça de la civilité requise. Tout cela vous honore plus que les acteurs municipaux.

Bravo.