«Le journalisme civique vise à fournir aux gens des possibilités d'intervention afin de les amener à agir, et encourager l'interactivité entre les journalistes et les citoyens. Il cherche à créer un dialogue avec les lecteurs, au lieu de se borner à transmettre les informations en sens unique et à inonder le public de données, comme cela se passe si souvent dans le journalisme traditionnel.»


— Jan Schaffer, directeur du Pew Center For Civic Journalism

27 avril 2007

En réponse à Pierrot

M. St-Germain (le fameux Pierrot) me demandait de réagir à son commentaire sur le billet intitulé «merde!» concernant les débordements des égouts sanitaires de Sainte-Adèle dans la Rivière du Nord. Je tiens à souligner que je suis conscient que le problème n’est pas unique à Sainte-Adèle. Beaucoup d’autres villes, en aval et en amont, déversent également leurs «surplus». Combien y a-t-il de ces tuyaux qui crachent directement dans la rivière coliformes, serviettes hygiéniques, papier hygiénique et condoms souillés sur le territoire de Sainte-Adèle, je n’en sais rien. Je vais tenter d’éclaircir ce point dans les prochaines semaines. M. Gravel d'Abrinord, l’agence de bassin versant de la Rivière du Nord, semble estimer que Sainte-Adèle rejette beaucoup: «l’usine de Sainte-Adèle rejette beaucoup, ça devient un cas de santé publique», pouvait-on lire dans un article traitant du sujet dans l’édition du 17 août 2006 du Journal de Prévost. Je vous invite à lire attentivement cet article très instructif, où l’on nous parle aussi des coûts associés à la sédimentation des rivières.

Il y a aussi l’impact sur la faune et la flore du cours d’eau. Les matières fécales drainent une grande quantité d’oxygène lors de leur dégradation, privant ainsi la faune et la flore d’une quantité importante de cet élément essentiel à l’écologie des cours d’eau. Les déchets, comme les condoms et les serviettes hygiéniques, sont confondus avec de la nourriture par de nombreux oiseaux aquatiques qui périssent lentement, victimes d’occlusions intestinales.

Il existe des moyens permettant d’éviter le déversement des déchets solides. Ce serait déjà un pas de fait dans la bonne direction. Abrinord vient de s’associer avec la municipalité de Sainte-Adèle afin de mieux protéger l’environnement de la Rivière du Nord. Souhaitons que cette association n’émousse pas les dents de l’agence.

10 commentaires:

Maurice a dit...

Qu'un équipe d'administration municipale peut mettre de l'énérgie dans l'urbanisme avant de régler les problèmes de base démontre est symptomatique d'une manque de vision et de planification.

Nos taxes augmentent à tous les années (15% en 2006) pour payer les salaires des urbanistes, exproprier des entreprises familiales, et paver les parcs. Mais des condoms usagés dirigés dans la rivière du nord (et le ruisseau St-louis)? Inacceptable.

Va faire ton dévéloppement urbain ailleurs, M. Cardinal. On mettra notre confiance dans un autre équipe la prohcaine fois, tu peux t'assurer!

Pierrot a dit...

A mon avis ça confirme que plusieurs installations de traitement des effluents n'ont plus (ou n'ont jamais eu) la capacité nécessaire pour éviter les débordements.
Il existe des solutions, la réduction de la consommation d'eau en est une, des bassins de retention pour retenir les surplus, l'efficacité des installations, l'augmentation de la capacité, etc en sont d'autres.
Ce qui manque, je crois c'est la volonté politique à tous les nivaux de régler le problème. Il n'est pas électoralement rentable de taxer les citoyens pour traiter la merde qu'ils génèrent allègrement et sans aucune restriction.

En passant André je prends le qualificatif de "fameux Pierrot" comme un compliment mais je n'en suis pas absolument sûr!

Jean-Pierre St-Germain

Anonyme a dit...

Ce qui est impardonnable c'est le discours de la gang d'amateur à la ville qui tente et malheureusement réusissent à faire croire aux cave citoyen de Sainte-Adèle que la protection des cours d'eau est prioritaire.

André Bérard a dit...

@ Pierrot

C'était un compliment.
Vous avez une certaine notoriété dans les blogues, non? ;-)

Eric Veilleux a dit...

Chose étrange avec ce tuyau, c'est qu'il est si près de l'usine de traitement (200 pieds environ).

Je me demande pourquoi ne se rend t-il pas ?

http://www.riviere-du-nord.ca/common/albumPhotos.html

Pierrot a dit...

A Eric,
Le but de ce tuyau est justement qu'il ne se rende pas à l'usine car il sert à déverser directement dans la rivière ce que l'usine de traitemment ne peut prendre (en cas de pluies abondantes, de difficultés d'operation, de blocage des autres tuyaux, etc,)Si cette dérivation n'existait pas, les égoûts refouleraient dans les rues ou dans les maisons.
La question est de savoir si le tuyau sert uniquement en cas d'urgence comme c'est supposé ou s'il sert régulièrement.

Jean-Pierre St-Germain

André Bérard a dit...

@ Pierrot

Le tuyau semble avoir été brisé afin de permettre l'écoulement directement dans la rivière. En effet, juste en face de lui, nous voyons l'autre partie qui semble se diriger vers l'usine, et nous devinons au fond de la «soupe» les morceaux brisés d'un raccordement. Dans tous les cas, le minimum serait d'indiquer par des panneaux que nous sommes à proximité de cette «bouche.»

Pierrot a dit...

J'ai aussi remarqué qu'il avait été brisé et qu'avec une machine on avait creusé une tranchée pour que la soupe qu'il amène rejoigne facilement la rivière.
Je soupçonne qu'originalement il se déversait plus loin dans la rivière près du débacardère pour les canots mais que ce n'était pas très invitant. On l'aurait alors selon moi déterré et coupé plus haut.
J'ai tenté sans succès de trouver l'autre bout du tuyau en suivant la rivière.
Peut-être quand l'eau sera basse en été pourra-t-on voir où le tuyau débouchait avant.

Jean-Pierre St-Germain

Baron Empain a dit...

Merci Pierrot!

Dollard a dit...

Quelqu'un à Ste-Adèle devrait faire une plainte:

http://www.mddep.gouv.qc.ca/ministere/inter.htm