«Le journalisme civique vise à fournir aux gens des possibilités d'intervention afin de les amener à agir, et encourager l'interactivité entre les journalistes et les citoyens. Il cherche à créer un dialogue avec les lecteurs, au lieu de se borner à transmettre les informations en sens unique et à inonder le public de données, comme cela se passe si souvent dans le journalisme traditionnel.»


— Jan Schaffer, directeur du Pew Center For Civic Journalism

10 avril 2007

Mon attirance pour la bouteille

En 1989, nous habitions à Laval, plus précisément dans le vieux quartier de Saint-Vincent-de-Paul, à quelques pas de l'église. Claude, notre jeune voisin, y travaillait à l’occasion comme aide-bedeau. Armés de son trousseau de clés, nous avons, à l’insu du curé, visité le sous-sol de l’église où gisent dans le lourd silence de vieux caveaux, les corps de plusieurs paroissiens depuis longtemps oubliés. Nous avons aussi exploré l’intérieur des deux clochers. C’est dans une niche aménagée dans un des murs de pierre que j’ai trouvé cette bouteille qui reposait là depuis environ 132 ans, sous un amas de gravats.

En grimpant le long des vieilles marches grinçantes du clocher, je fus soudainement attiré par cette niche et son tas de débris. Sans hésiter, j’y ai plongé la main et saisis cette bouteille, comme si je savais depuis toujours qu’elle se trouvait là. Comme si je retournais sur les lieux où j’avais jadis enfoui un trésor.

Le contenant ressemble à ces vieilles bouteilles utilisées par les apothicaires. Elle date probablement de l’époque de la construction de l’église (entre 1853 et 1857). La probabilité qu’il s’agisse bien d’un remède de l’époque est élevée puisque l’ancienne maison voisine de l’église est justement celle où pratiquait l’apothicaire du village. Un ouvrier l’aura sans doute laissé tomber par mégarde lors des travaux de construction de l'église.

Le temps s’est écoulé. La bouteille et son mystérieux contenu sont parvenus intacts jusqu’à notre époque. Un petit bouchon de liège scelle jalousement l’énigmatique liquide ambré dans lequel flotte ce qui ressemble à un brin d’herbe. À qui appartenait cette bouteille? Quelle est la nature de son contenu? À quel usage était-il destiné? Autant de questions fascinantes qui enveloppent l’objet d’une aura de mystère.

Je n’arrive pas à me résoudre à faire analyser son contenu. J’aurais l’impression de violer un secret, de mettre fin au mystère, de tuer l’âme de la bouteille.

Et vous, que feriez-vous?

7 commentaires:

Maurice a dit...

Prends un coup!

Daniel a dit...

Je la reconnais, c'est de la nitro!... attention!
Bize

Inkognitho a dit...

La retourner pour percevoir la consigne : )

Zoreilles a dit...

Plutôt que de diluer le mystère à tout jamais, ne serait-il pas possible de consulter un antiquaire, un historien, quelqu'un de compétent en la matière qui pourrait vous révéler de façon probable le contenu de la bouteille sans l'ouvrir?

Est-ce que ça se peut qu'il s'agisse d'une substance qu'on donnait aux chevaux à l'époque? Ou juste un petit flasque caché et oublié par un ouvrier qui avait un penchant pour la dive bouteille?

En tout cas, ça fait travailler l'imaginaire!

Omo-Erectus a dit...

Je retournerais dans cette église, rendrais la mystérieuse au Curé pour qu'il la replace à son lieu d'origine, gagnerais le confessionnal et demanderais pardon pour ce vol commis en 1989.

Quelques Je Vous Salue Marie plus tard, vos inquiétudes seraient disparues et là et alors, vous comprendriez le pouvoir mystérieux de cette bouteille.

Parlant de bouteille... Mais aurais-je trop bu, moi?

Ludovic a dit...

La bouteille contient sûrement un liquide d'abbé rare ! :)

Moi je lui conserverais son mystère: si vous l'ouvrez vous risquez d'être déçus! C'est comme le fruit originel ! Le conseil d'Omo-erectus fait plein de sens!

Anonyme a dit...

Selon moi, il s'agit d'un test d'urine ou une bouteille d'eau bénite ;-)