«Le journalisme civique vise à fournir aux gens des possibilités d'intervention afin de les amener à agir, et encourager l'interactivité entre les journalistes et les citoyens. Il cherche à créer un dialogue avec les lecteurs, au lieu de se borner à transmettre les informations en sens unique et à inonder le public de données, comme cela se passe si souvent dans le journalisme traditionnel.»


— Jan Schaffer, directeur du Pew Center For Civic Journalism

24 avril 2008

Les murales des lamentations

Cette semaine, la chambre de commerce de Sainte-Adèle distribuait un courriel à ses membres. À la lumière des réactions qui me parviennent, je constate que le message soulève beaucoup de questions chez bon nombre de destinataires. Il s’agit en réalité d’un appel à tous les membres de la CCSA leur demandant de soutenir et encourager le projet des murales des Pays-d’en-Haut. Voici la missive :

«Avis à tous les commerçants de Sainte-Adèle. Vous aimez les Murales ? Vous trouvez qu’elles participent à la richesse, l’économie et le patrimoine de Sainte-Adèle ?

Les Murales des Pays-d’en-Haut ont besoin de votre appui !


Écrivez dès maintenant une lettre ou un courriel les encourageant à continuer ce projet inspirant. La Chambre de commerce acheminera votre mot d’appui aux personnes appropriées.


Merci de votre intérêt pour votre communauté !»


Le projet des murales, comme beaucoup d’autres à Sainte-Adèle, n’a jamais fait l’objet d’un véritable débat public. Les commentaires qui me parviennent concernant ce projet sont rarement élogieux. Lors d’une entrevue menée avec l’un des artistes qui a réalisé une murale, je fus étonné de constater à quel point l’expérience lui avait semblé désagréable. Plusieurs commerçants adélois m’ont également exprimé leur opposition à ce projet. La lecture du message de la CCSA soulève plusieurs questions. D’emblée, nous percevons une urgence dans un texte ou la position qu’il faut adopter vis-à-vis de ce projet est fortement suggérée, voire imposée aux membres de la CCSA : participer à la richesse, l’économie et le patrimoine de Sainte-Adèle. Si les murales des Pays-d’en-Haut ont besoin à ce point d’un appui, faut-il en conclure que le projet ne se porte pas aussi bien qu’on veut nous le faire croire? Récemment, Pierre Grignon dans sa chronique publiée dans le journal des Pays-d’en-Haut, jugeait sévèrement le président de l’organisme, Frank Bosco ainsi que l’ensemble du projet. Son commentaire faisait écho à ceux qui me parviennent de citoyens et de commerçants adélois. Le temps serait-il venu de faire le bilan du projet et de procéder à une remise en question publique plutôt que de le promouvoir à tout prix? Plusieurs le croient, d’autres semblent déterminés à l’exiger.

Plusieurs remettent en question la pertinence de ce projet et nourrissent des doutes quant à sa capacité d’attirer des touristes à Sainte-Adèle. De plus, certains observateurs ont des réserves concernant l’impact visuel qu’auront ces murales dans l’environnement urbain adélois. À ce chapitre, les opposants critiquent l’apparition de murales sur pilotis et affirment «qu’il ne s’agit plus de murales lorsque l’on installe un mur sur des pilotis.»

Si certains interlocuteurs dans ce dossier croient que les murales contribueront à la valorisation des artistes de la région, d’autres semblent au contraire estimer que le projet est une forme d’exploitation des artistes. Combien coûte EN RÉALITÉ une murale? Comment le budget d’une murale est-il ventilé et quelle est la part de l’artiste? La question la plus récurrente est celle-ci : À qui profite le projet? Selon mes sources, un mouvement d’opposition s’organiserait présentement à Sainte-Adèle. Voilà qui expliquerait cet appel à tous lancé par la CCSA.


Les observateurs de la scène économique adéloise notent qu’il n’y a aucun projet porteur à Sainte-Adèle. Encore moins de projets rassembleurs. Dans le passé, les clés de la ville ont été confiées à des promoteurs. Une erreur en attirant une autre, certains acteurs économiques tournent en rond depuis des lustres dans leur carré de sable privé où les nouveaux amis ne sont pas admis et où l’on exerce une démocratie à sens unique. Malgré l’argent investi dans la chambre de commerce, nous sommes forcés de constater que les résultats ne sont pas là. Plusieurs groupes ont fait la preuve de leur inaptitude à dynamiser la ville et à générer des idées novatrices.

Les chasses gardées freinent l’apport de sang neuf et la mise sur pied de projets porteurs. Les clubs privés devront être dissous et le citoyen devra reprendre la place qui lui revient dans les grands débats sociaux, économiques, environnementaux, etc. Nous sommes encore loin de cet objectif à Sainte-Adèle. Les lobbys des commerçants et des promoteurs n’ont pas de contrepoids citoyen. Ces derniers doivent s’imposer davantage et participer de façon active à la reconstruction de leur ville. Les gestionnaires doivent cesser de se prendre pour des visionnaires. Les visionnaires doivent renoncer à vouloir jouer les gestionnaires. Les uns devraient plutôt travailler avec les forces des autres.

Les commerçants adélois doivent de toute urgence cesser de faire de la politique, d’organiser des boycottages infantiles, de revendiquer un statut messianique et simplement s’occuper de leurs affaires.

Puisqu’aucun débat public n’existe concernant le projet des murales, j’invite les Adélois et les lecteurs de l’extérieur du territoire à exprimer librement leurs commentaires. Ils seront lus par les «personnes appropriées.»

Légende photo: L'esthétisme de cette murale sur pilotis, installé à l'entrée de parc de la famille, est fortement critiqué à Sainte-Adèle.

Photo: André Bérard

4 commentaires:

André Bérard a dit...

Je sais que plusieurs groupes à Sainte-Adèle — notamment des jeunes — ne s'impliquent pas, car ils estiment que ça ne servira à rien, puisque, disent-ils, c'est toujours la «même vieille gang qui contrôle». J'ai personnellement rencontré certains d'entre eux qui ont des idées novatrices et une vision stimulante de ce que pourrait devenir Sainte-Adèle. Je trouve déplorable de constater que l'apport de nouvelles idées est freiné dans le seul but de protéger les acquis et le statut d'un petit groupe d'intervenants monolithiques.

Anonyme a dit...

Ostie que c'est laite! je peux pas croire que le monde aime ça.

JP a dit...

J'avoue que je trouve ca laid et très mal intégré. Celle la est surement pas flatteuse avec son installation broche a foin.

De l'extérieur, c'est pas vendeur.

Anonyme a dit...

Encore un désastre signé Frank Bosco