«Le journalisme civique vise à fournir aux gens des possibilités d'intervention afin de les amener à agir, et encourager l'interactivité entre les journalistes et les citoyens. Il cherche à créer un dialogue avec les lecteurs, au lieu de se borner à transmettre les informations en sens unique et à inonder le public de données, comme cela se passe si souvent dans le journalisme traditionnel.»


— Jan Schaffer, directeur du Pew Center For Civic Journalism

04 octobre 2008

Pentes 40-80 : Le maire dit non à un projet de relance

L’annonce le 3 juillet dernier de la fermeture des pentes 40-80 avait secoué la communauté adéloise fortement attachée à ce centre de ski — l’un des premiers au canada — qui, pour plusieurs, est intimement lié au patrimoine adélois. Le 12 septembre dernier, Accès publiait un article annonçant un projet de relance de cette station déposé par Éric Levert un entrepreneur qui œuvre dans le milieu du ski depuis plusieurs années. Ce mercredi, le maire Descoteaux annonçait à l’entrepreneur le rejet de son offre.

Le projet d’Éric Levert avait pour objectif d’assurer «la gestion du centre de ski ainsi que celle des équipements et du programme nautique au Lac Rond, dans le cadre d’une nouvelle vocation que souhaite développer la Ville de Sainte-Adèle». Le promoteur reproche au maire Descoteaux d’avoir refusé en bloc son projet, qui selon le promoteur avait l’appui des citoyens, sans prendre le temps d’appliquer le principe de l’offre et de la contre-offre, comme il est d’usage lors de telle négociation. Sur cette question, le maire Descoteaux répond: «Nous avons évalué son projet sur ce qu’il nous a présenté. On ne peut pas recommencer le travail parce qu’après le dépôt de son projet, M. Levert décide que ce n’était pas ce qu’il voulait proposer. Ce n’est pas sérieux».

«Je déplore qu’on ne puisse pas dialoguer, analyser le pour et le contre, alors qu’à cette étape tout était encore négociable», lance l’entrepreneur qui ne cache pas être sortie amer de cette expérience avec la municipalité de Sainte-Adèle. Il ajoute: «Mes relations avec les intervenants me laissaient croire que ça marcherait. J’ai donc engagé des gens pour travailler sur le projet. Je croyais qu’il y avait une volonté d’explorer différentes avenues pour revitaliser les pentes 40-80. Manifestement, ce n’était pas le cas».

Le maire Descoteaux estime quant à lui que la proposition du promoteur est un dédoublement de services: «Les conditions qui nous ont été présentées ne nous convenaient pas. Il proposait de faire une patinoire et une piste de ski de fond, alors que nous sommes déjà bien équipés en cette matière. De plus, il demandait des garanties financières que nous n’étions pas prêts à accorder. Il fallait remettre à niveaux les remontées mécaniques, ça demandait des investissements de la part de la Ville. Si le promoteur avait voulu les prendre à ses frais, il n’y aurait pas eu de problèmes, mais son offre représentait pour la Ville un risque aussi important que celui que l’on avait avant».

Éric Levert s’explique mal cette logiquement purement pécuniaire lorsque l’on parle d’un projet d’activités récréatives visant la santé des jeunes Adélois. De plus, l’entrepreneur remet en question l’analyse qu’a fait le conseil de son projet: «le chalet de ski est en excellent état et il n’a jamais été question de le détruire pour en reconstruire un nouveau». Il va plus loin: «Il en couterait plus cher de le démolir que de le rénover, selon les personnes que j’ai consultées». L’entrepreneur s’engageait également après deux ans d’activités à «améliorer l’équipement de remonte-pente et à procéder à l’installation d’un système de fabrication de neige artificielle».

Manisfestement choqué par la tournure des événements, Éric Levert conclut: «Les pentes sont mortes et ma relation avec le maire Descoteaux l’est du même coup». Tous les entrepreneurs de la région m’avaient mis en garde de ne pas perdre mon temps avec cette administration. J’ai la nette impression que peu importe la proposition, aucun projet n’aurait passé. Je suis arrivé à minuit moins le quart, mais la messe était déjà dite».

10 commentaires:

Esperanza a dit...

Je ne connais pas le dossier, mais à mon avis, tel que présenté, ça pourrait avoir l'air d'une victoire du maire et d'une certaine volonté à ne pas se laisser apprivoiser par la promesse du veau d'or...

Je ne connais pas le dossier, mais ça me donne ça, comme "feeling".

«Les pentes sont mortes et ma relation avec le maire Descoteaux l’est du même coup»... Pas beaucoup d'enthousiasme cet homme. Easy $$$

Anonyme a dit...

Levert devrait remercier Descoteaux d'avoir refusé son projet, car il aurait perdu son argent dans cette relance. Cette ville n'est pas propice au développement.

Pierrot a dit...

Pourquoi aurait-on, nous les payeurs de taxes, offert des garanties financières à un promoteur qui est peut-être bien plus intéressé à se remplir les poches qu'a "sauver" les pentes 40/80. Si son projet est si intéressant, pourquoi ne fait-il pas une offre raisonable à la ville pour acheter les terrains et prendre les risques lui-même?
Poser la question c'est probablement y répondre.
Je ne suis pas souvent d'accord avec le maire mais cette fois je pense qu'il a bougrement raison.
On a déjà assez de "garanties" et de "cautions" à supporter!

Jean-Pierre St-Germain

Esperanza a dit...

Pour moi, ça sent la reklance à court terme et, à plus long terme, la construction de condos...

Juste un feeling d'une personne qui voit aller ça de loin...

Anonyme a dit...

Le maire semble d'etre assez à l'aise a investir dans des projets qaui ont l'appui de la chambre de commerce, mais pas pour ceux qui ont l'appui des citoyens (et de l'histoire).

Probablement le mieux qu'on peux faire sagit de bloquer tout changements de zonage (il sagit d'une espace verte protégé, depuis l'administration Théoret) en attendant un adminstration plus visonnaire.

Carl.

Anonyme a dit...

Il me semble que 40/80 pourrait être relancé grâce à une initiative communautaire.

Un mélange d'appui financier des entreprises locales et d'implication citoyenne.


mcd

Anonyme a dit...

"I have a dream..."

Darius a dit...

Je ne voit pas de "promesse de veau d'or" à la lecture de ce texte! M. Levert parle d'un projet "vert-santé" :) En tout cas, l'idée de maintenir intègre l'aspect environnemental et récréatif me parait fort louable. Quant à la façon de présenter son projet ou ses relations avec nos élus, il est difficile de commenter. Chacun sa version des faits. Faudrait surtout pas perdre un espace de plein air pour encore du béton et de l'asphalte! On conseille aux jeunes d'aller jouer dehors...mais on réduit les espaces récréatifs!! On stimule la croissance démographique ... on diminue les pôles attractifs! Que diable...quel monde à l'envers!

Esperanza a dit...

Darius:

Peut-être me suis-je trompé avec la comparaison avec le veau d'or, n'étant pas de Ste-Adèle. Cependant je préfère me tromper plutôt que d'être trop prudent et de ne pas émettre d'idées.

La prudence, je n'aime pas. Me tromper, peut-être. Cependant, je persiste à dire que si monsieur Levert accepte un défi hasardeux financièrement, il y a probablement un "plan deux" qui pourrait se transformer en autre chose une fois le terrain acquis...

Oui l'idée de maintenir l'aspect environnemental et récréatif est louable. Mais rappelons-nous simplement "qu'avant" tout était vert... Maintenant? Y a qu'à regarder.

Anonyme a dit...

Un aspect positif de la recession qui s'en vient - on s'en débarassera de la plupart des promotteurs responsable pour la prostitution de notre paysage. Ésperons qu'il n'arrive pas trop tard pour sauver les pentes 40/80!
- Lou Garou