«Le journalisme civique vise à fournir aux gens des possibilités d'intervention afin de les amener à agir, et encourager l'interactivité entre les journalistes et les citoyens. Il cherche à créer un dialogue avec les lecteurs, au lieu de se borner à transmettre les informations en sens unique et à inonder le public de données, comme cela se passe si souvent dans le journalisme traditionnel.»


— Jan Schaffer, directeur du Pew Center For Civic Journalism

16 mai 2007

Une entente historique ou nécessaire ?

Vous pouvez lire ici l’article de Christian Asselin annonçant un investissement de 4,7 millions $ pour la réfection du réseau d’égouts de la Ville de Sainte-Adèle. Je félicite le journaliste pour la neutralité de son texte. J’estime toutefois que le titre de la manchette «entente historique» est pour le moins généreux.

Dans le cas qui nous intéresse, l’aspect historique de l’entente se confirmera seulement si elle est menée à terme. Pour l'instant, ce n’est qu’un investissement nécessaire qui doit être placé dans la perspective d’une autre réalité : le boom démographique dans la région des Pays-d’en-Haut. l’Institut de la statistique du Québec prévoit en effet une augmentation de population d’ici 2026 de l’ordre de 43% dans les Pays-d’en-haut contre seulement 14,8% pour Montréal et 9,3% pour l’ensemble de la province de Québec. Nous savons déjà que les infrastructures actuelles de la ville ne suffisent pas à la tache. Imaginez lorsque le boom démographique frappera de plein fouet Sainte-Adèle. Imaginez lorsque tous ces nouveaux résidents se soulageront comme un seul homme. Je gage un brun que la rivière va en prendre une bonne dose. Je crois que la Ville n’avait simplement pas le choix de procéder à cette mise à niveau de son système d’égout si elle veut encourager comme elle le fait le développement immobilier sur son territoire. L’aspect environnemental est à mon avis la deuxième priorité dans ce dossier.

Lorsque l’on rejette quantité de matière fécale dans une rivière, il est normal que l’on finisse par s’en occuper. On nous dit que le projet permettra de réduire de 90% la concentration de coliformes fécaux à la sortie de l’usine d’épuration et de 50% les surplus rejetés dans la Rivière du Nord. Je me pose la question suivante : si le développement immobilier continue d’augmenter (le «si» est ici superflu), la pression sur le système d’égouts s’intensifiera. Dans ce contexte, les pourcentages annoncés n’ont pas le même impact. La diminution du déversement des surplus sera compensée par une augmentation de l’utilisation des infrastructures. Nous risquons de nous retrouver rapidement à la case départ, vous me suivez?

À mon avis, la Ville se fait du capital politique sur une entente dite historique qui n’est dans les faits qu’un investissement qui s’imposait afin de répondre aux «besoins» actuels et futurs des Adélois.

Je publierai bientôt un dossier plus complet sur le sujet.

D’ici là, nous nous appliquerons à gratter le vernis de la nouvelle afin de nous assurer que chose promise soit chose due.


À suivre

8 commentaires:

André Bérard a dit...

J'ai également goûté le commentaire suivant du journaliste Asselin : «À quand la baignade dans la rivière ou même la dégustation d’un premier verre d’eau? C’est l’avenir qui nous le dira...»

Très juste! Lorsque les trompettes se seront tues, restera à nous assurer que les promesses seront tenues. C'est là que ça devient intéressant...

Eric Veilleux a dit...

Si les administrateurs de la RollandGate cessent de me faire chier avec une leur poursuite ça va faire ça de moins dans la rivière !

ps: c'est de l'ironie !

Omo-Erectus a dit...

Le qualificatif "historique" est bizarrement utilisé au Québec. Tout devient historique. C'est à croire que la notion d'histoire, ici en Amérique du nord, a besoin de ses lettres de noblesses, comparé à nos compatriotes européens.

Un tronçon de route en asphalte est historique. Une réfection de devanture d'un immeuble est historique.

Et un système d'épuration...

Merde! y'a rien d'historique dans cela! La normalité ne se qualifie jamais d'historique!

Maurice a dit...

...et il faut investir dans notre infrastructure... pour continuer de dévélopper... pour que ça bouge... pour qu'on devient un autre banlieu... et il faut accepter qu'on va payer plus de taxes... et avoir plus de monde autour de nous... et avoir moins de tranquilité... et ça vaut la peine de ruinir le paysage et les rivières pour atteindre ce rêve...

Ce qui est historique ces dernières années dans notre région, c'est la perte acceléré de notre qualité de vie pour l'enrichissement de quelques dévéloppeurs, et le rôle que nos admins ont joué dans cela.

Éspérons qu'on se reveille lors des prochaines éléctions. Sauvons notre village!

Christian Beauregard a dit...

Il n'y a pas juste le problème de matières fécales (quoique énorme) à une infrastructure d'égouts non- adaptés à la population grandissante.

Les pluies abondantes et la fonte de la neige pourraient engendrer des inondations dans les sous-sol de maisons.

C'est déjà arrivé

Eric Veilleux a dit...

Selon moi, il n'y a rien d'historique dans cette nouvelle.

D'ailleurs c'est cette même administration qui il y a un an annoncait la venue d'un plan directeur pour la RollandGate, il y a 6 mois faisait, via conférence de presse, l'annonce que la Rolland était finalement sauvée grace a un emprunt pour réduire sa dette (pratique comptable que je n'ai pas encore saisie !) et la venue d'un nouveau locataire utilisant plus de 10000 pi2 de plancher.

Ce que serait historique selon moi, serait de voir, à la une des journaux locaux, le fameux tuyau qui rejette une quantité de polluants dans l'un des plus beau cours d'eau des Laurentides...

Eric Veilleux a dit...

Intéressant de faire (ou refaire) la lecture de ce document:

http://www.facteurg.com/Blogue-Notes/eausteadele.pdf

1- Contrôle médiatique de la nouvelle (M. Mongeau dicte comment être un vrai journaliste !)
2- Le même organisme Abrinord, il y a moins d'un an, disait: «L’usine de Sainte-Adèle rejette beaucoup, ça devient un cas de santé publique»
3- Je me questionne sur le 4,7 millions d'investissement promis pour régler "à moitié" le problème de pollution, il ne faut pas oublier que la même administration à investit plus de 15 millions dans la RollandGate avec le résultat que nous connaissons...

André Bérard a dit...

@ M. Veilleux

C'est simple, pour l'administration Cardinal (et bien d'autres aussi), un bon journaliste est celui qui ne fouille pas trop, qui ne remue pas la vase, qui se contente de retranscrire fidèlement les communiqués. Le journalisme d'enquête est bel et bien mort dans notre région.