

Je tiens à souligner au crayon gras la maladresse et les errances de M. Jean-Paul Cardinal et de son équipe dans cette affaire. J’ai, à de nombreuses reprises, invité le magistrat de la célèbre ville de Poursuites Académie à s’exprimer dans ce carnet et à nous guider vers une meilleure compréhension des dossiers abordés lorsqu’il le jugeait nécessaire. Jamais il ne l’a fait. Pas un coup de fil, pas une lettre, rien! Il a systématiquement ignoré toutes mes invitations et s’est cantonné dans le mutisme le plus complet, jugeant sans doute que cette tribune n’était pas valable.
La deuxième livraison de la mise en demeure est plus précise et affirme que ce ne sont pas mes propos qui sont ciblés, mais bien ceux de mes lecteurs, surtout des Adellois. M. Cardinal, si vous m’aviez simplement appelé, j’aurais prêté l’oreille à vos demandes. Vous n’en seriez pas à distribuer des lettres dans la blogosphère afin de limiter les dégâts. Vous dites ne pas vouloir me bâillonner. Soit. Alors, pourquoi avoir produit cette première mise en demeure brouillonne si ce n’est que vous souhaitiez ainsi créer un « impact » sur mon carnet où s’expriment vos citoyens? Je ne confonds nullement l’objectif de votre demande. Elle était simplement mal formulée, bâclée et avait inutilement pris la forme d’un document légal coûteux.
Laissez-moi vous donner un exemple simple : si, selon moi, j’ai quelque chose à reprocher à mon voisin, la logique me dicte d’aller, d’une manière civilisée — et gratuite —, frapper à sa porte et d’en discuter avec lui. Si après quelques essais rien ne change, il est alors justifié que j’utilise des moyens légaux pour régler le litige. Vous avez fait exactement l’inverse de ce que la logique la plus élémentaire prescrit dans ce genre de situation.
Aujourd’hui, votre photo circule dans la blogosphère, partout au Québec et même en France. Vous êtes le seul artisan de ce qui vous arrive en ce moment. Vous faites circuler une lettre chez tous les blogueurs qui ont été outrés par votre démarche et qui en ont parlé dans leurs propres blogues. Ce qui me désole et ce que je considère comme inacceptable, c’est que la facture de cette improvisation sera refilée aux contribuables. Vous auriez dû vous expliquer ici, simplement, par communiqué ou dans les commentaires. Ainsi, nous ne serions pas plongés dans cette situation qui flirte avec le burlesque.
Allez-vous embaucher un censeur à temps plein afin qu’il écume les carnets de la blogosphère à la recherche de commentaires « hautement diffamatoires et d’attaque en règle » contre votre administration?
Concernant la nouvelle mise en demeure, je m’accorde un temps de réflexion raisonnable pour y réfléchir et consulter à mon tour des juristes. Si je décide de retirer les commentaires visés, sachez, chers lecteurs, que ce ne sera pas ma décision. Je n’ai pas les moyens financiers du maire, c'est-à-dire notre argent à tous, pour me battre à arme égale avec lui. Ceux qui crieront à la censure n’auront qu’à écrire à leur maire pour s’en plaindre.